{"id":11908,"date":"2019-12-27T14:22:40","date_gmt":"2019-12-27T14:22:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=11908"},"modified":"2019-12-27T15:30:25","modified_gmt":"2019-12-27T15:30:25","slug":"gratuite-des-soins-au-burkina-de-nombreux-produits-sont-detournes-par-diverses-formes-ren-lac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=11908","title":{"rendered":"Gratuit\u00e9 des soins au Burkina: \u00abde nombreux produits sont d\u00e9tourn\u00e9s par diverses formes\u00bb (REN LAC)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Gratuit\u00e9 des soins au Burkina: \u00abde nombreux produits sont d\u00e9tourn\u00e9s par diverses formes\u00bb (REN LAC)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 27 D\u00e9cembre 2019 (AIB)-<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 27 D\u00e9cembre 2019 (AIB)-Dans une interview accord\u00e9e \u00e0 l\u2019AIB, le secr\u00e9taire ex\u00e9cutif du r\u00e9seau national de lutte anti-corruption (REN LAC) Sagado Nacanabo a indiqu\u00e9 que de nombreux m\u00e9dicaments servis dans le cadre de la gratuit\u00e9 des soins en faveur des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, sont d\u00e9tourn\u00e9s par diverses formes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelle est votre appr\u00e9ciation de mise en \u0153uvre de la gratuit\u00e9 des soins des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pour nous, la gratuit\u00e9 est une bonne mesure. A d\u00e9faut d\u2019avoir une s\u00e9curit\u00e9 sociale qui couvre tout le monde, si une partie de la population peut b\u00e9n\u00e9ficier de la gratuit\u00e9 qui est une forme de s\u00e9curit\u00e9 sociale, cela est une bonne chose. Cependant, on a vu que dans la mise en \u0153uvre de la mesure, il y avait une sorte de foss\u00e9 entre l\u2019intention annonc\u00e9e et la r\u00e9alit\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est que les services gratuits offerts sont tr\u00e8s infirmes et les m\u00e9dicaments disponibles ne couvrent pas les besoins des centres de sant\u00e9. Nous pensons que le traitement des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, ne peut pas se limiter \u00e0 des m\u00e9dicaments essentiels g\u00e9n\u00e9riques.<\/p>\n<p><strong>Vous avez r\u00e9alis\u00e9 une \u00e9tude rendue publique en fin 2018 sur \u00ables pr\u00e9somptions de corruption et pratiques assimil\u00e9es dans le syst\u00e8me et les services de sant\u00e9 au Burkina Faso\u00bb. Parlez-nous-en.<\/strong><\/p>\n<p>Dans notre \u00e9tude, les gens ont t\u00e9moign\u00e9 que de nombreux produits de la gratuit\u00e9 sont d\u00e9tourn\u00e9s par des personnels soignants par diverses formes dont la plus subtile est la fausse prescription. On te prescrit un m\u00e9dicament dont tu n\u2019as pas besoin pour ton mal qu\u2019on va soustraire pour mettre dans d\u2019autres structures. Cela fait que d\u00e8s que les m\u00e9dicaments de la gratuit\u00e9 arrivent, ils sont finis. Il y a risque que l\u2019essentiel des objectifs de la mesure de gratuit\u00e9 ne soient pas atteints. Cependant, nous esp\u00e9rons que des bilans objectifs seront faits. Notre rapport fait \u00e9galement cas d\u2019agents de sant\u00e9 qui op\u00e8rent des clients dans des services de sant\u00e9 publique sans trace.<\/p>\n<p>Ils n\u00e9gocient avec le patient, ils le font rentrer, ils l\u2019op\u00e8rent et cela n\u2019est enregistr\u00e9 dans aucun registre. Ils traitent les malades comme des marchandises que vous partez acheter au Grand march\u00e9 sans prendre un re\u00e7u. Et tout ce qui peut arriver par la suite, c\u2019est \u00e0 vos risques et p\u00e9rils. Le seul service de sant\u00e9 qui n\u2019a pas accept\u00e9 notre enqu\u00eate est le Centre m\u00e9dical avec antenne chirurgicale (CMA) Paul VI qui malgr\u00e9 toutes nos relances, est rest\u00e9 ferm\u00e9. Ils ont emp\u00each\u00e9s nos enqu\u00eateurs d\u2019avoir acc\u00e8s aux services pour les besoins de l\u2019enqu\u00eate. Ils ont refus\u00e9 de nous communiquer les malades qui sont pass\u00e9s chez eux et qu\u2019on pouvait aller voir.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la diffusion du rapport, nous avons re\u00e7u beaucoup d\u2019autres informations sur des pratiques corruptibles qui se font dans les services de sant\u00e9 notamment dans les services de chirurgie. Sur la base du rapport, nous avons mis en sc\u00e8ne des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre audio et vid\u00e9o sur la corruption dans les services de sant\u00e9. Ces pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre ont \u00e9t\u00e9 projet\u00e9es dans les quartiers de Ouagadougou et nous avons eu un retour tr\u00e8s path\u00e9tique parce que les gens disent que non seulement ce que nous disons est vrai mais qu\u2019il y en a plus que cela.<\/p>\n<p><strong>Que doit-on faire aujourd\u2019hui pour rendre plus efficace la mesure\u00a0de gratuit\u00e9, trois ans apr\u00e8s sa mise en \u0153uvre ?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019efficacit\u00e9 de la mesure d\u00e9pend de l\u2019efficacit\u00e9 de notre syst\u00e8me de sant\u00e9. Notre \u00e9tude a montr\u00e9 que notre syst\u00e8me de sant\u00e9 est mal \u00e9labor\u00e9 et cette mauvaise organisation permet des d\u00e9viances. Une des d\u00e9viances, c\u2019est la corruption qui est notre champ d\u2019action. En plus, le personnel de sant\u00e9 est diminu\u00e9 et les actions en cours <em>(mot d\u2019ordre de boycott de certaines activit\u00e9s du 02 septembre au 27 Novembre 2019) <\/em>du Syndicat national des travailleurs de la sant\u00e9 humaine et animale (<em>SYNTSHA<\/em>) le disent<em>. <\/em>Dans cette situation, m\u00eame les agents les plus comp\u00e9tents et consciencieux n\u2019arrivent pas \u00e0 faire leur travail du fait du manque de mat\u00e9riel et de l\u2019inad\u00e9quation entre le mat\u00e9riel dont ils ont besoin et les traitements que les malades attendent.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir la gratuit\u00e9, il y a des mesures de grandes importances \u00e0 prendre pour assainir tout le syst\u00e8me de sant\u00e9. L\u2019Etat doit combattre l\u2019impunit\u00e9 dans les services de sant\u00e9. Il faut que les agents ind\u00e9licats tr\u00e8s souvent connus et d\u00e9nonc\u00e9s par leurs pairs, ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de l\u2019impunit\u00e9 mais soient sanctionn\u00e9s. Tr\u00e8s souvent, malheureusement, le pouvoir essaie de les r\u00e9cup\u00e9rer pour les retourner contre les organisations qui combattent la corruption. Le <em>SYNTSHA<\/em>\u00a0 (Syndicat national des travailleurs de la sant\u00e9 humaine et animale) nous a donn\u00e9 des documents qui prouvent cela.\u00a0 Une telle perversion de la part d\u2019une administration qui est une prime \u00e0 l\u2019impunit\u00e9, ne peut qu\u2019encourager les mauvaises pratiques, ce qui est incompatible avec la r\u00e9ussite de la gratuit\u00e9. Il y a vraiment beaucoup de choses \u00e0 corriger.<\/p>\n<p>L\u2019Etat doit mettre les moyens dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 et ne pas faire la politique politicienne pour contenter l\u2019\u00e9lectorat en disant qu\u2019on a fait la gratuit\u00e9 alors qu\u2019on n\u2019a pas mis les moyens qu\u2019il faut. Depuis la mise en place de la gratuit\u00e9, m\u00eame les agents de sant\u00e9 qui sont honn\u00eates sont suspect\u00e9s par les populations de d\u00e9tourner et de vendre des m\u00e9dicaments alors que c\u2019est la dotation qui n\u2019est pas suffisante. C\u2019est cela la r\u00e9alit\u00e9. Il faut de la franchise dans la communication du minist\u00e8re sur ce qui est vraiment gratuit.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous pr\u00e9sent\u00e9 le rapport aux autorit\u00e9s du minist\u00e8re de la sant\u00e9\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Depuis novembre 2018, que nous avons produit le rapport, nous avons demand\u00e9 \u00e0 rencontrer le ministre de la sant\u00e9 pour lui remettre le rapport en main propre et lui expliquer son contenu mais jusqu\u2019\u00e0 ce jour, nous n\u2019avons pas encore \u00e9t\u00e9 re\u00e7u. En novembre 2018, nous avons organis\u00e9 les Journ\u00e9es nationales de refus de la corruption aux cours desquelles, nous avons programm\u00e9 durant toute l\u2019ann\u00e9e 2019, de faire un travail de sensibilisation pour lutter contre la corruption dans les secteurs de la sant\u00e9 et de l\u2019\u00e9ducation. Pour cela, nous avons mis en place des comit\u00e9s de suivi citoyen dans six r\u00e9gions donn\u00e9es du pays avec l\u2019accompagnement de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Pour la mise en place des comit\u00e9s de suivi citoyen du secteur de l\u2019\u00e9ducation, nous avons \u00e9t\u00e9 re\u00e7us par le ministre de l\u2019Education national et avons sign\u00e9 une convention avec ce minist\u00e8re. Concernant le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, nous attendons toujours la rencontre avec la ministre. Par contre, nous avons \u00e9t\u00e9 re\u00e7us par l\u2019inspection des services techniques de la sant\u00e9. Nous souhaitons rencontrer la ministre parce que nous ne voulons pas que les actions que nous menions soient mal per\u00e7ues par l\u2019administration et le minist\u00e8re comme une fa\u00e7on de mettre du sable dans son couscous alors que nous croyons de bonne foi, les aider \u00e0 assainir le syst\u00e8me de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons un projet de mise en place d\u2019une plateforme qui a plusieurs objectifs dont l\u2019un, est de permettre aux citoyens d\u2019avoir des informations sur la lutte contre la corruption dans les deux secteurs sant\u00e9 et \u00e9ducation. Sur la plateforme, nous comptons mettre des informations comme les lois, les budgets, les sanctions pr\u00e9vues contre les agents ind\u00e9licats, les techniques \u00e0 utiliser pour d\u00e9noncer la corruption et les mauvaises pratiques \u00e0 notre niveau. Nous avons pr\u00e9vu de recueillir aussi les bonnes pratiques, de r\u00e9compenser les d\u00e9nonciateurs qui auront fait preuve d\u2019efficacit\u00e9 dans la d\u00e9nonciation ainsi que les services qui auront \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme des services mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Dans cette plateforme, nous avons un projet de vulgarisation de la loi anticorruption et les sanctions qu\u2019elle pr\u00e9voit. Pour son financement, nous avons soumis en collaboration avec notre partenaire, le Centre d&rsquo;Information, de Formation et d&rsquo;Etudes sur le Budget (CIFOEB), un projet conjoint \u00e0 l\u2019Union Europ\u00e9enne. Ces actions ne visent pas sp\u00e9cifiquement la mesure de gratuit\u00e9 mais l\u2019ensemble du syst\u00e8me de la sant\u00e9. Nous disons que d\u00e9noncer ceux qui font la corruption, ce n\u2019est pas faire de la d\u00e9lation mais faire une \u0153uvre de salubrit\u00e9 publique. La d\u00e9lation c\u2019est d\u00e9noncer quelqu\u2019un \u00e0 tort.<\/p>\n<p><strong>Sentez-vous une v\u00e9ritable volont\u00e9 des autorit\u00e9s de lutter contre la corruption particuli\u00e8rement dans le cas de la gratuit\u00e9\u00a0des soins? <\/strong><\/p>\n<p>Non, nous pensons que les autorit\u00e9s ne font m\u00eame pas preuve de bonne foi parce que beaucoup de structures comme l&rsquo;Autorit\u00e9 sup\u00e9rieure de contr\u00f4le d&rsquo;\u00c9tat et de Lutte contre la corruption (<em>ASCE<\/em>\/<em>LC<\/em>) et l\u2019inspection technique des services de la sant\u00e9, font des propositions mais on a l\u2019impression que le gouvernement n\u2019est pas pr\u00eat \u00e0 assainir le syst\u00e8me de la sant\u00e9. Au district sanitaire de Kossodo, les agents de sant\u00e9 ont constat\u00e9 que les prestations qu\u2019ils donnaient n\u2019\u00e9taient pour la plupart pas factur\u00e9es par des quittances du tr\u00e9sor public mais plut\u00f4t par des quittances parall\u00e8les. Et pourtant, ces agents b\u00e9n\u00e9ficiaient de ristournes \u00e0 partir des quittances du tr\u00e9sor public.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait tellement frappant qu\u2019ils ont d\u00fb d\u00e9noncer et l\u2019enqu\u00eate de l\u2019<em>ASCE<\/em>\/<em>LC<\/em> l\u2019a effectivement confirm\u00e9. A la suite de son enqu\u00eate, l\u2019<em>ASCE<\/em>\/<em>LC<\/em> a fait un rapport avec des propositions de sanction et d\u2019am\u00e9lioration du syst\u00e8me de sant\u00e9. Apr\u00e8s le District sanitaire de Kossodo, l\u2019ASCE\/ LC a jug\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019enqu\u00eater dans les autres districts sanitaires parce que ce qu\u2019elle avait vu \u00e0 Kossodo, \u00e9tait inadmissible. Apr\u00e8s ces enqu\u00eates,\u00a0elle a constat\u00e9 que les cr\u00e9dits d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s que l\u2019Etat alloue pour am\u00e9liorer les prestations des services, \u00e9taient devenus la propri\u00e9t\u00e9 de certaines personnes qui utilisaient des quittances parall\u00e8les \u00e0 la place des quittances du tr\u00e9sor public. Vous vous rendez compte du manque \u00e0 gagner qui en d\u00e9coule.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, tous les services connexes au syst\u00e8me de sant\u00e9 demandent \u00e0 \u00eatre assainis. Nous avons fait des recommandations dans notre rapport afin d\u2019apporter notre contribution \u00e0 l\u2019assainissement mais nous n\u2019avons pas l\u2019impression que cela fait partie des pr\u00e9occupations gouvernementales. Nous pensons que si l\u2019Etat voulait faire preuve de bonne foi, notre lettre de demande de rencontre avec la ministre de la Sant\u00e9 ne devait pas rencontrer autant de silence et m\u00eame de m\u00e9pris. Ils ne r\u00e9pondent pas et lorsqu\u2019ils r\u00e9pondent et nous fixent un rendez-vous, \u00e0 la derni\u00e8re minute, ils l\u2019annulent avec des arguments que nous trouvons \u00e0 la limite irrecevables.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelle est votre appr\u00e9ciation des sanctions administratives \u00e0 l\u2019encontre des agents ind\u00e9licats\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Nous ne pensons pas que les sanctions administratives aient un effet dissuasif. Tant que les gens ne sont pas convaincus qu\u2019ils peuvent subir des sanctions judiciaires comme le jugement de Dori, ils ne vont pas reculer. Nous avons salu\u00e9 ce qui s\u2019est pass\u00e9 au Centre hospitalier r\u00e9gional (CHR) de Dori o\u00f9 des agents \u00e9pingl\u00e9s par l\u2019une de nos organisations membres, le Mouvement burkinab\u00e8 des droits de l\u2019homme et des peuples<strong> (<\/strong>MBDHP) qui ont reconnu qu\u2019ils font le racket ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9s et contraint a rembours\u00e9 les sommes encaiss\u00e9es. Ils ont ensuite fait l\u2019objet de poursuite judiciaire.<\/p>\n<p>(<strong>A l\u2019issue du proc\u00e8s, le premier agent a \u00e9cop\u00e9 de 6 mois de prison avec sursis, de 500 000 FCFA d\u2019amende et 150 000 FCFA \u00e0 rembourser\u00a0; le second condamn\u00e9 \u00e0 rembourser 50 000 FCFA\u00a0; le troisi\u00e8me a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une relaxe). <\/strong>Pour nous, l\u2019exemple du proc\u00e8s des agents de sant\u00e9 de Dori, peut dissuader les brebis galeuses notamment ceux qui font les rackets, les d\u00e9tournements et les vols de m\u00e9dicaments. Les conseils de disciplines doivent aussi \u00eatre actionn\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il de l\u2019application de la loi anti-corruption qui vous autorise \u00e0 vous constituer partie civile dans un proc\u00e8s portant sur la corruption\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Il y a certains magistrats qui ne veulent pas appliquer la loi anticorruption. La loi pr\u00e9voit tr\u00e8s explicitement que lorsqu\u2019un proc\u00e8s porte sur la corruption, les structures de lutte anticorruption peuvent se constituer parties civiles. Mais nous n\u2019avons jamais r\u00e9ussi jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 faire admettre cela aux magistrats. A chaque fois que nous voulons nous constituer dans un proc\u00e8s dont l\u2019objet porte sur la corruption, nous avons \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9s pour absence de qualification. Nous avons exp\u00e9riment\u00e9 plus d\u2019une dizaine de cas, cela n\u2019a pas encore prosp\u00e9r\u00e9. En ao\u00fbt dernier, notre avocat a fait appel parce qu\u2019il trouvait que le rejet de notre constitution en partie civile n\u2019\u00e9tait pas motiv\u00e9. Nous pensons que rejeter notre constitution en partie civile est une d\u00e9cision autoritaire du juge qui ne veut pas voir le REN LAC \u00eatre impliqu\u00e9 dans le jugement des dossiers de corruption.<\/p>\n<p><strong>Face \u00e0 ce refus, quelle alternative avez-vous\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Nous nous sommes battus pour que dans la r\u00e9vision du code de proc\u00e9dure p\u00e9nal, les dispositions qui nous permettent de nous constituer partie civile soient retenues. Aujourd\u2019hui, c\u2019est le cas et nous allons nous battre pour faire appliquer int\u00e9gralement ces dispositions. Maintenant, les choses sont d\u00e9licates parce que c\u2019est ceux qui sont charg\u00e9s de l\u2019application de la loi qui font obstacle \u00e0 cette application. Cependant, nous restons confiants parce que nous sommes en partenariat avec le minist\u00e8re de la Justice avec qui nous avons sign\u00e9 une convention dans le cadre de l\u2019application de la loi anticorruption. Cette convention nous donne le droit d\u2019entrer dans les juridictions pour avoir certaines informations relatives \u00e0 l\u2019application de la loi. Et chaque ann\u00e9e, nous faisons le point des manquements de la mise en \u0153uvre de la loi anticorruption avec les acteurs du minist\u00e8re de la justice.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cision: Joint au t\u00e9l\u00e9phone le vendredi 27 d\u00e9cembre 2019, Sagado Nacabo a assur\u00e9 que le REN-LAC n&rsquo;a pas pu encore rencontr\u00e9 le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 pour pr\u00e9senter officiellement les r\u00e9sultats du rapport et les recommandations.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Agence d\u2019Information du Burkina <\/strong><\/p>\n<p><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e en septembre 2019 par <\/strong><\/p>\n<p><strong>Wurot\u00e8da Ibrahima SANOU<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gratuit\u00e9 des soins au Burkina: \u00abde nombreux produits sont d\u00e9tourn\u00e9s par diverses formes\u00bb (REN LAC) Ouagadougou, 27 D\u00e9cembre 2019 (AIB)- Ouagadougou, 27 D\u00e9cembre 2019 (AIB)-Dans une interview accord\u00e9e \u00e0 l\u2019AIB, le secr\u00e9taire ex\u00e9cutif du r\u00e9seau national de lutte anti-corruption (REN LAC) Sagado Nacanabo a indiqu\u00e9 que de nombreux m\u00e9dicaments servis dans le cadre de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":11909,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[173,37,93,203,83],"tags":[],"class_list":["post-11908","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-depeches","category-economie","category-flashinfos","category-la-une-aib","category-medias"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.aib.media\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/le-secr\u00e9taire-ex\u00e9cutif-du-REN-LAC-Sagado-Nacanabo.jpg","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavbHe-364","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11908","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11908"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11908\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11909"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11908"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11908"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11908"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}