{"id":106749,"date":"2025-02-11T07:53:07","date_gmt":"2025-02-11T07:53:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/?p=106749"},"modified":"2025-02-11T07:53:07","modified_gmt":"2025-02-11T07:53:07","slug":"credit-bancaire-et-croissance-economique-dans-les-pays-de-lunion-economique-et-monetaire-ouest-africaine-une-evaluation-des-effets-de-seuil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/?p=106749","title":{"rendered":"Cr\u00e9dit bancaire et croissance \u00e9conomique dans les pays de l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine : une \u00e9valuation des effets de seuil"},"content":{"rendered":"<p><b>Cr\u00e9dit bancaire et croissance \u00e9conomique dans les pays de l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine : une \u00e9valuation des effets de seuil<\/b><\/p>\n<p><b>Bank credit and economic growth in the countries of the West African Economic and Monetary Union: an assessment of threshold effects<\/b><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/b>: La finance constitue un rouage essentiel des \u00e9conomies modernes, mais un exc\u00e8s de finance peut freiner la croissance \u00e9conomique.\u00a0Cet article a analys\u00e9 la lin\u00e9arit\u00e9 ou non de la relation entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique dans les six pays de l&rsquo;Union \u00c9conomique et Mon\u00e9taire Ouest Africaine (UEMOA), confirmant les conclusions de Cecchetti et Kharroubi (2012) selon lesquelles un exc\u00e8s de cr\u00e9dit par rapport au PIB nuit \u00e0 la croissance. Un seuil de d\u00e9veloppement financier, estim\u00e9 \u00e0 38,78%, est identifi\u00e9 au-del\u00e0 duquel l&rsquo;effet positif de la finance sur la croissance dispara\u00eet. Les r\u00e9sultats de l&rsquo;analyse empirique, fond\u00e9e sur la m\u00e9thode des moments g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (GMM), soulignent l&rsquo;importance d&rsquo;un d\u00e9veloppement financier \u00e9quilibr\u00e9. Pour maximiser les b\u00e9n\u00e9fices du d\u00e9veloppement financier, il est essentiel d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;acc\u00e8s aux services financiers et de promouvoir la concurrence dans le secteur bancaire. Les d\u00e9cideurs doivent \u00e9galement \u00eatre attentifs aux risques d&rsquo;instabilit\u00e9 financi\u00e8re, qui peuvent surgir d&rsquo;une expansion excessive de la monnaie et du cr\u00e9dit, ainsi que du non-respect de la r\u00e9glementation bancaire. Il est recommand\u00e9 de renforcer les m\u00e9canismes de surveillance micro et macroprudentielle.<\/p>\n<p><b>Mots cl\u00e9s : <\/b>d\u00e9veloppement financier, croissance \u00e9conomique, GMM, UEMOA<\/p>\n<p><b>Abstract:<\/b><\/p>\n<p>Finance is a vital part of modern economies, but too much finance can hamper economic growth. This paper examined the nonlinear relationship between financial development and economic growth in the six countries of the West African Economic and Monetary Union (WAEMU), confirming the results of Cecchetti and Kharroubi (2012) who suggest that excess credit relative<b>\u00a0<\/b>to GDP is detrimental to growth. A threshold of financial development, estimated at 38.78%, is identified beyond which the positive effect of finance on growth disappears. The results of the empirical analysis, based on the generalized method of moments (GMM), highlight the importance of balanced financial development. To maximize the benefits of financial development, it is essential to improve access to financial services and promote competition in the banking sector. Policymakers should also be attentive to the risks of financial instability, which can arise from excessive expansion of money and credit, as well as non-compliance with banking regulations. It is recommended to strengthen micro and macroprudential surveillance mechanisms.<\/p>\n<p><b>Key words:<\/b> financial development, economic growth, GMM, UEMOA<\/p>\n<p><b>Introduction <\/b><\/p>\n<p>La relation entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique a longtemps \u00e9t\u00e9 au centre des discussions acad\u00e9miques et politiques. Des \u00e9tudes pionni\u00e8res ont d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;expansion des services financiers joue un r\u00f4le crucial dans l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la croissance \u00e9conomique, facilitant l&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit pour les entreprises et les m\u00e9nages (McKinon, 1973 ; Shaw, 1973). Cependant, cette dynamique semble rev\u00eatir une complexit\u00e9 croissante avec le temps. \u00c0 la fin du XXe si\u00e8cle, des chercheurs tels que Lucas (1988) et Rati (1999) ont mis en relief le caract\u00e8re ambigu de la relation entre la finance et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique en avan\u00e7ant l\u2019id\u00e9e et l\u2019\u00e9vidence d\u2019un point \u00e0 partir duquel la relation \u00e9voqu\u00e9e atteint un maximum, puis se retourne.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue empirique, les donn\u00e9es r\u00e9centes issues des pays de l\u2019UEMOA et portant sur les taux du volume du cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9 et du PIB supportent l\u2019existence d\u2019un effet de levier (ou d\u2019un effet pro-croissance) du cr\u00e9dit bancaire sur la croissance \u00e9conomique. En effet, en 2022, le taux de croissance du PIB \u00e9tait de 5,5%, au moment o\u00f9 le cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9 s\u2019est accru au taux de 14,4%. En 2023, ann\u00e9e o\u00f9 le taux de croissance du cr\u00e9dit \u00e9tait de 9,4%, le taux de croissance du PIB \u00e0 son tour, a l\u00e9g\u00e8rement recul\u00e9. Ces donn\u00e9es et corr\u00e9lations apparentes tendent \u00e0 accr\u00e9diter la th\u00e8se d\u2019un effet pro-croissance de l\u2019accroissement du financement du secteur priv\u00e9 par les banques. Elles conduisent \u00e9galement \u00e0 se poser la question de savoir si le lien positif apparent entre cr\u00e9dit et croissance \u00e9conomique dans l\u2019UEMOA est lin\u00e9aire ou s\u2019il marque par endroit une rupture, c\u2019est-\u00e0-dire, s\u2019il comporte un seuil ou une extr\u00e9mit\u00e9 \u00e0 partir de laquelle, le sens de la relation s\u2019inverse.<\/p>\n<p>A la lumi\u00e8re de ce questionnement, l\u2019objectif de cet article est de d\u00e9terminer la nature de la relation qui existe entre la finance et la croissance \u00e9conomique au sein des pays de l\u2019UEMOA. En testant la pr\u00e9sence des effets de seuil, cette analyse montre qu\u2019il existe un optimum \u00e0 partir duquel l\u2019effet du d\u00e9veloppement financier sur la croissance devient n\u00e9gatif. L\u2019analyse soutient que le d\u00e9veloppement financier influence positivement la croissance. Par ailleurs l\u2019analyse suppose la pr\u00e9sence d\u2019effet de seuil dans la relation entre la finance et la croissance.<\/p>\n<p>En utilisant la m\u00e9thode des moments g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s sur un \u00e9chantillon de six (06) pays de l\u2019espace UEMOA couvrant la p\u00e9riode 1995-2020, l\u2019\u00e9tude montre une relation non lin\u00e9aire (U renvers\u00e9) entre le d\u00e9veloppement financier (le cr\u00e9dit bancaire au secteur priv\u00e9 sur le PIB) et la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Le reste de l\u2019article se subdivise comme suit\u00a0: la premi\u00e8re section propose un tour d\u2019horizon th\u00e9orique et empirique de la relation entre la finance et la croissance \u00e9conomique. La deuxi\u00e8me section pr\u00e9sente l\u2019analyse empirique de ladite relation.<\/p>\n<p><b>Tours d\u2019horizon th\u00e9orique et empirique <\/b><\/p>\n<p>La relation entre la finance et la croissance \u00e9conomique\u00a0est ambigu\u00eb (Rati, 1999\u00a0; Lucas, 1988). Lucas (1988) affirme que les \u00e9conomistes exag\u00e8rent sur le r\u00f4le des facteurs financiers dans la croissance \u00e9conomique. L\u2019auteur d\u00e9nonce le r\u00f4le exag\u00e9r\u00e9 reconnu au syst\u00e8me financier dans la croissance. Il pr\u00e9tend que celui-ci ne fait que suivre la croissance \u00e9conomique\u00a0sans l\u2019influencer.\u00a0Pour Rati (1999), les preuves empiriques ne soutiennent pas l&rsquo;opinion selon laquelle le d\u00e9veloppement financier favorise la croissance \u00e9conomique. Sur un \u00e9chantillon de 95 pays, l\u2019auteur montre que la covariance est n\u00e9gative entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance du PIB r\u00e9el par habitant. Le lien entre la finance et la croissance \u00e9conomique est difficile \u00e0 quantifier ou \u00e0 qualifier selon Boucher et al, (2012). Pour ces auteurs, le lien s\u2019appr\u00e9cie le plus souvent avec les indicateurs particuliers utilis\u00e9s. Or ces indicateurs ne refl\u00e8tent pas la r\u00e9alit\u00e9. Ils concluent donc que le lien entre les deux variables est inexistant car les indicateurs ne traduisent pas le comportement des \u00e9conomies. Pour concilier ces groupes de pens\u00e9es, Patrick (1966) propose un sens de causalit\u00e9 bidirectionnelle entre la sph\u00e8re financi\u00e8re et la sph\u00e8re r\u00e9elle. Il sugg\u00e8re deux phases dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique d\u2019un pays.<\/p>\n<p>Pour Patrick, il convient de distinguer le d\u00e9veloppement financier exog\u00e8ne (induit par l\u2019offre), du d\u00e9veloppement financier endog\u00e8ne (induit par la demande). D\u2019une part, selon l\u2019hypoth\u00e8se du d\u00e9veloppement financier exog\u00e8ne, la cr\u00e9ation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d&rsquo;institutions financi\u00e8res et de march\u00e9s augmente l&rsquo;offre de services financiers et conduit ainsi \u00e0 une croissance \u00e9conomique r\u00e9elle. D&rsquo;autre part, l&rsquo;hypoth\u00e8se du d\u00e9veloppement financier endog\u00e8ne pose un lien de causalit\u00e9 entre la croissance \u00e9conomique et le d\u00e9veloppement financier. Ici, une demande croissante de services financiers entraine une expansion de ce secteur. Du point de vue de Gurley et Shaw (1995), Goldsmith (1969), la croissance \u00e9conomique\u00a0entraine une augmentation de la demande des services financiers, provoquant ainsi le d\u00e9veloppement du secteur. Au-del\u00e0 de la vision de Patrick, il semble que la relation entre la finance et la croissance \u00e9conomique soit li\u00e9e \u00e0 des effets de seuil.<\/p>\n<p>Allegret et Azzabi (2012)\u00a0montrent que le lien est significativement positif pour les pays dont le niveau de d\u00e9veloppement financier est interm\u00e9diaire (Niveau moyen de cr\u00e9dit priv\u00e9 rapport\u00e9 au PIB compris entre 14,5% et 24,9%)\u00a0et non significatif pour des pays ayant un degr\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9veloppement financier (Niveau moyen de cr\u00e9dit priv\u00e9 rapport\u00e9 au PIB compris entre 24,9% et 90,2%). Demetriades et Law (2004) montrent au contraire que le d\u00e9veloppement financier a une influence plus forte sur la croissance \u00e9conomique dans les pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire (RNB par habitant compris entre 936$ et 3705$), et plus faible dans les pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9 (RNB par habitant compris entre 3706$ et 11455$). Cependant, ces r\u00e9sultats sont \u00e0 relativiser selon Keho (2010). Ce dernier en \u00e9tudiant le r\u00f4le des facteurs institutionnels dans le d\u00e9veloppement financier et \u00e9conomique des pays de l&rsquo;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) montre que le lien d\u00e9pend de la qualit\u00e9 des institutions. L\u2019auteur montre que la qualit\u00e9 de certaines institutions conditionne le niveau du d\u00e9veloppement financier et sa capacit\u00e9 \u00e0 contribuer \u00e0 la croissance \u00e9conomique. Malgr\u00e9 ces r\u00e9sultats, l\u2019auteur n\u2019a pas test\u00e9 une pr\u00e9sence \u00e9ventuelle des effets de seuil.<\/p>\n<p>De nombreux travaux empiriques ont \u00e9valu\u00e9 le lien entre la finance et la croissance dans les pays en d\u00e9veloppement. La plupart de ces travaux remettent en question la lin\u00e9arit\u00e9 de la relation. Berthelemy et Varoudakis (1996) ont \u00e9tudi\u00e9 cette question \u00e0 partir d\u2019un mod\u00e8le de croissance endog\u00e8ne avec le secteur financier. Ils montrent l\u2019existence d\u2019une double causalit\u00e9 entre la croissance \u00e9conomique et le d\u00e9veloppement financier. Les auteurs identifient surtout des \u00e9quilibres multiples \u00e0 l\u2019\u00e9tat stationnaire qui rendent compte de la convergence ou de la divergence des pays. Avec un \u00e9chantillon de 57 pays d\u00e9velopp\u00e9s et en d\u00e9veloppement sur la p\u00e9riode 1967-2001, Fung (2009) confirme les r\u00e9sultats de Berthelemy et Varoudakis (1996). L\u2019auteur utilise une technique d\u2019estimation plus r\u00e9cente : la m\u00e9thode des Moments G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s sur un panel dynamique avec effets fixes. Son \u00e9tude conduit \u00e0 deux r\u00e9sultats int\u00e9ressants. Premi\u00e8rement, le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique ont une interaction d\u2019autant plus forte pour les pays ayant un taux de croissance faible. La relation tend \u00e0 s\u2019affaiblir avec le taux de croissance\u00a0\u00e9conomique. Deuxi\u00e8mement, l\u2019auteur montre qu\u2019il existe des trappes \u00e0 pauvret\u00e9 li\u00e9es \u00e0 un niveau initial trop bas de d\u00e9veloppement financier, niveau interdisant toute perspective de convergence en termes de croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Sur un \u00e9chantillon de 75 pays de 1966-1970 \u00e0 1990-1995, Aka (2005), montre que les indicateurs du d\u00e9veloppement financier ont un coefficient positif. N\u00e9anmoins cette analyse r\u00e9v\u00e8le la pr\u00e9sence d\u2019un effet de seuil. Pour l\u2019auteur, d\u2019autres interpr\u00e9tations alternatives \u00e0 ces r\u00e9sultats pourraient \u00eatre avanc\u00e9es. Premi\u00e8rement, ces r\u00e9sultats pourraient refl\u00e9ter la convergence conditionnelle. Deuxi\u00e8mement, ces r\u00e9sultats pourraient refl\u00e9ter le changement structurel qui peut appara\u00eetre au cours du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et financier. Ces r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s par d\u2019autres auteurs tels que\u00a0: Allegret et Azzabi (2012)\u00a0; Berthelemy et Varoudakis (1996). Allegret et Azzabi (2012) montrent que l\u2019impact du d\u00e9veloppement financier sur la croissance est positif pour les pays dont le niveau de d\u00e9veloppement financier est interm\u00e9diaire (Niveau moyen de cr\u00e9dit priv\u00e9 rapport\u00e9 au PIB compris entre 14,496% et 24,951%), contrairement \u00e0 ceux avec un degr\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9veloppement financier (Niveau moyen de cr\u00e9dit priv\u00e9 rapport\u00e9 au PIB compris entre 24,951% et 90,209%). Le point de retournement entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance est aussi mis en \u00e9vidence par Berth\u00e9lemy et Varoudakis (1998). Ces auteurs montrent que l&rsquo;impact de l&rsquo;approfondissement financier sur la croissance \u00e9conomique\u00a0ne se manifeste qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;un certain seuil du ratio M2\/PIB \u00e9gal \u00e0 36,5%. Les auteurs montrent que pour les pays ayant un faible ratio de liquidit\u00e9, l&rsquo;impact du d\u00e9veloppement financier sur la croissance n\u2019est pas significatif.<\/p>\n<p>Les travaux de C\u00e9sar et Lin (2002) confirment ceux de Patrick (1966) relatif au d\u00e9veloppement financier endog\u00e8ne et exog\u00e8ne. C\u00e9sar et Lin (2002) montrent que le d\u00e9veloppement financier conduit g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la croissance \u00e9conomique dans 109 pays en d\u00e9veloppement et industriels pour la p\u00e9riode de 1960 \u00e0 1994. Pour ces auteurs, l&rsquo;approfondissement financier dans de nombreux pays a donn\u00e9 le r\u00e9sultat souhait\u00e9 : une \u00e9conomie plus prosp\u00e8re. Lorsque les auteurs divisent l&rsquo;\u00e9chantillon en pays en d\u00e9veloppement et industriels, la causalit\u00e9 de Granger du d\u00e9veloppement financier \u00e0 la croissance \u00e9conomique et de la croissance \u00e9conomique au d\u00e9veloppement financier coexiste dans 87 des pays en d\u00e9veloppement. Il existe donc une causalit\u00e9 bidirectionnelle selon cette \u00e9tude. La relation de causalit\u00e9 entre l&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re (x) et la croissance (y) se d\u00e9compose en trois relations causales diff\u00e9rentes (causalit\u00e9 de x \u00e0 y, causalit\u00e9 de y \u00e0 x et causalit\u00e9 instantan\u00e9e entre x et y).<\/p>\n<p>Keho (2010) analyse la relation entre les institutions, la finance et la croissance \u00e9conomique dans les pays de l\u2019UEMOA. L\u2019auteur utilise la m\u00e9thode Pool Mean Group pour estimer un mod\u00e8le non lin\u00e9aire en donn\u00e9es de panel sur la p\u00e9riode 1984-2005. Les r\u00e9sultats montrent que la qualit\u00e9 de certaines institutions conditionne le niveau d\u2019approfondissement du syst\u00e8me financier et sa capacit\u00e9 \u00e0 contribuer significativement \u00e0 la croissance. L\u2019\u00e9tude montre que la bureaucratie, le contr\u00f4le de la corruption, la d\u00e9mocratie, le respect des lois et de l\u2019ordre et la stabilit\u00e9 du gouvernement sont les aspects de l\u2019environnement institutionnel les plus d\u00e9terminants.\u00a0Les \u00e9tudes empiriques ne r\u00e9solvent pas compl\u00e8tement la question de la causalit\u00e9. Le d\u00e9veloppement financier peut pr\u00e9dire la croissance car les syst\u00e8mes financiers se d\u00e9veloppent tout simplement suite \u00e0 une anticipation de la croissance \u00e9conomique future.<\/p>\n<p>Des auteurs tels que Beck et al.(2007a)\u00a0et Ardic et al.(2011)\u00a0ont mesur\u00e9 la port\u00e9e du syst\u00e8me bancaire dans le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s \u00e9conomiques . Pour ce faire, ils ont eu recours au nombre de succursales et guichets automatiques pour 100 000 personnes et par 1000km2, pour \u00e9valuer respectivement la p\u00e9n\u00e9tration d\u00e9mographique et g\u00e9ographique du syst\u00e8me financier. Ils ont pu montrer que le d\u00e9veloppement financier favorise la croissance \u00e9conomique. \u00a0Beck et al. (2007) ont \u00e9galement employ\u00e9 des indicateurs comme le nombre de cr\u00e9dits et de d\u00e9p\u00f4ts par 1000 personnes et la taille moyenne des emprunts et des pr\u00eats par rapport au PIB par habitant (ratio cr\u00e9dit\/revenu et ratio d\u00e9p\u00f4t\/revenu). Ardic et al. (2011b)\u00a0ont estim\u00e9 qu\u2019en 2009, 56 % des adultes dans le monde n\u2019\u00e9taient pas bancaris\u00e9s. Ce taux monte \u00e0 64 % en consid\u00e9rant uniquement les pays en d\u00e9veloppement. Ces auteurs aboutissent \u00e9galement \u00e0 la m\u00eame conclusion que l\u2019acc\u00e8s aux services financiers permet le d\u00e9veloppement de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Armand Gilbert et al. (2016), eux, ont men\u00e9 une \u00e9tude sur les pays de la CEMAC et concluent que le cr\u00e9dit bancaire et le niveau de bancarisation ont une influence positive sur le niveau de croissance des pays. L\u2019\u00e9tude a couvert la p\u00e9riode 1980 \u00e0 2014. Le mod\u00e8le retenu pour l\u2019analyse est celui de Haye (2000) o\u00f9 le Produit Int\u00e9rieur Brut repr\u00e9sente la variable expliqu\u00e9e qui permet d\u2019\u00e9valuer le niveau de croissance \u00e9conomique, tandis que le cr\u00e9dit bancaire et le taux de bancarisation sont les principales variables explicatives. Les r\u00e9sultats obtenus nous montrent que les variables retenues sont significatives et que le taux de bancarisation agit positivement sur la croissance \u00e9conomique. Aussi, Emara et El Said (2021)\u00a0montrent que le d\u00e9veloppement financier a un impact positif sur la croissance du PIB par habitant dans le Moyen-Orient, l\u2019Afrique du Nord et la r\u00e9gion MENA. Les donn\u00e9es couvrent la p\u00e9riode 1960-2015. L&rsquo;espace d&rsquo;\u00e9tude concerne quarante-quatre (44) pays \u00e9mergents du Moyen-Orient et de l\u2019Afrique du Nord. Sal\u00e9 et Chok (2022)\u00a0ont examin\u00e9 le r\u00f4le du march\u00e9 boursier et des institutions financi\u00e8res sur la croissance \u00e9conomique des dix (10) pays de la r\u00e9gion du MENA en utilisant un mod\u00e8le ARDL avec un estimateur PMG. Ces r\u00e9sultats d\u00e9montrent que les institutions financi\u00e8res influencent positivement la croissance \u00e9conomique de ces pays. Les r\u00e9sultats empiriques, bien que souvent convergents, r\u00e9v\u00e8lent des contradictions qui soulignent qu&rsquo;aucune th\u00e9orie unique ne parvient \u00e0 expliquer pleinement la complexit\u00e9 des faits observ\u00e9s. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces ambigu\u00eft\u00e9s. Parmi les critiques formul\u00e9es \u00e0 l&rsquo;encontre des recherches ant\u00e9rieures, l&rsquo;endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des indicateurs financiers est particuli\u00e8rement mise en avant.<\/p>\n<p>Cette section a permis de faire la revue empirique de la relation entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique dans les pays en d\u00e9veloppement. Cette revue a permis de montrer que le lien est ambigu et d\u00e9pend de plusieurs facteurs.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706289\"><\/a><b>Analyses empiriques<\/b><\/p>\n<p>Cette partie pr\u00e9sente le mod\u00e8le choisi, la m\u00e9thodologie utilis\u00e9e et enfin l\u2019analyse des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706290\"><\/a><b>Choix du mod\u00e8le<\/b><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Pour formuler les interactions entre le secteur financier et le secteur r\u00e9el, nous utilisons le mod\u00e8le de Pagano (1993). Le mod\u00e8le de Pagano (1993) explique les m\u00e9canismes par lesquels l&rsquo;approfondissement financier acc\u00e9l\u00e8re la croissance \u00e9conomique. Consid\u00e9rons le mod\u00e8le de croissance endog\u00e8ne d\u00e9velopp\u00e9 par Pagano (1993). Le mod\u00e8le \u00ab\u00a0AK\u00a0\u00bb o\u00f9 la production globale est une fonction lin\u00e9aire du capital\u00a0:<\/p>\n<p>(1)<\/p>\n<p>Supposons que la production est stationnaire et que l\u2019\u00e9conomie produit un bien unique qui peut \u00eatre investi ou consomm\u00e9. S\u2019il est investi, il se d\u00e9pr\u00e9cie au taux \u00a0par p\u00e9riode. L\u2019investissement brut est alors \u00e9gal\u00a0:<\/p>\n<p>(2)<\/p>\n<p>Dans une \u00e9conomie ferm\u00e9e sans gouvernement, l&rsquo;\u00e9quilibre du march\u00e9 des capitaux exige que l\u2019\u00e9pargne brute \u00a0soit \u00e9gale \u00e0 l&rsquo;investissement brut. Supposons qu&rsquo;une proportion de du flux d&rsquo;\u00e9pargne est \u00ab perdue \u00bb dans le processus d\u2019interm\u00e9diation financi\u00e8re.<\/p>\n<p>(3)<\/p>\n<p>Le taux de croissance de l\u2019ann\u00e9e \u00a0s\u2019\u00e9crit, en tenant compte de (1)<\/p>\n<p>= \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0(4)<\/p>\n<p>(5)<\/p>\n<p>(6)<\/p>\n<p>Ou \u00a0(propension moyenne \u00e0 l\u2019\u00e9pargner)<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quation \u00ab\u00a06\u00a0\u00bb indique les trois canaux par lesquels le syst\u00e8me financier peut affecter la croissance. D\u2019abord en augmentant la proportion de l\u2019\u00e9pargne \u00ab\u00a0<b>\u00a0\u00bb <\/b>nationale allou\u00e9e \u00e0 des investissements productifs. Aussi, une augmentation de la production marginale \u00ab\u00a0A<b>\u00a0\u00bb<\/b>, gr\u00e2ce \u00e0 la collecte d\u2019information et \u00e0 l\u2019incitation des investisseurs \u00e0 replacer leurs argents dans des projets plus risqu\u00e9s \u00e0 cause d\u2019un partage du risque plus significatif de la part des interm\u00e9diaires. Pour terminer, le secteur financier influence la croissance \u00e9conomique par l\u2019interm\u00e9diaire du taux d\u2019\u00e9pargne\u00a0\u00ab\u00bb de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>La sp\u00e9cification du mod\u00e8le th\u00e9orique permet une v\u00e9rification empirique de la relation entre la finance et la croissance. \u00c9tant une approximation lin\u00e9aire ou affine, le d\u00e9veloppement limit\u00e9 permet d\u2019int\u00e9grer des variables de contr\u00f4le dans les v\u00e9rifications empiriques. Cela permet de capter l\u2019effet \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb de la finance sur la croissance \u00e9conomique. Dans notre mod\u00e8le empirique, le taux de croissance \u00e9conomique est repr\u00e9sent\u00e9 par le taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate. L\u2019\u00e9pargne qui repr\u00e9sente l\u2019indicateur du secteur financier dans le mod\u00e8le th\u00e9orique est repr\u00e9sent\u00e9e par le niveau du d\u00e9veloppement financier (M2\/PIB ou Cr\u00e9dit priv\u00e9\/PIB). Pour prendre en compte le r\u00f4le des institutions, nous introduisons une variable, la qualit\u00e9 des institutions. L\u2019objectif en introduisant cette derni\u00e8re, est de d\u00e9terminer son effet sur le lien entre la finance et la croissance \u00e9conomique. L\u2019effet de seuil est appr\u00e9hend\u00e9 par la forme quadratique de la variable\u00a0\u00ab d\u00e9veloppement financier\u00a0\u00bb. Dans le but de capter l\u2019effet r\u00e9el, des variables de contr\u00f4le ont \u00e9t\u00e9 introduites\u00a0: le taux d\u2019inflation, l\u2019ouverture commerciale, le capital humain, les d\u00e9penses du gouvernement, les investissements directs \u00e9trangers et l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Notre mod\u00e8le s\u2019inspire des travaux de Jeanneney et Kpodar (2006) et de Keho (2010) que nous adaptons \u00e0 notre analyse.<\/p>\n<p>(7)<\/p>\n<p>O\u00f9 \u00a0est le taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate<\/p>\n<p>, le niveau de d\u00e9veloppement financier,<\/p>\n<p>, un vecteur de variables de contr\u00f4le, \u00e0 savoir : le capital humain, les d\u00e9penses du gouvernement.<\/p>\n<p>, l\u2019effet sp\u00e9cifique \u00e0 chaque pays inobserv\u00e9, \ud835\udf00\u00a0le terme d&rsquo;erreur, \ud835\udc56\u00a0la dimension individuelle du panel (le pays), \ud835\udc61\u00a0la dimension temporelle.<\/p>\n<p>, la qualit\u00e9 des institutions<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation des variables <\/b><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019abord des variables d\u2019int\u00e9r\u00eat et ensuite des variables de contr\u00f4le.<\/p>\n<p><b>2.2.1 Variables d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/b><\/p>\n<p>Il s\u2019agit du d\u00e9veloppement financier et du taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate.<\/p>\n<p><b>D\u00e9veloppement financier (df)<\/b><\/p>\n<p>La litt\u00e9rature distingue trois (3) indicateurs du d\u00e9veloppement financier \u00e0 savoir\u00a0: le rapport de la masse mon\u00e9taire sur le PIB (M3\/PIB), le rapport du cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9 sur le PIB (Cr\u00e9dit\/PIB) et enfin le taux de bancarisation. Le ratio \u00ab cr\u00e9dit\/PIB \u00bb traduit le degr\u00e9 d\u2019acc\u00e8s du secteur priv\u00e9 aux facilit\u00e9s de cr\u00e9dit du syst\u00e8me bancaire. Quant au taux de bancarisation, il saisit le niveau d\u2019acc\u00e8s aux services financiers en g\u00e9n\u00e9ral, et particuli\u00e8rement aux services de d\u00e9p\u00f4ts. Les ratios \u00ab M3\/PIB ou M2\/PIB \u00bb et \u00ab Cr\u00e9dit\/PIB \u00bb traduisent le degr\u00e9 de liquidit\u00e9 du syst\u00e8me financier, ils sont couramment utilis\u00e9s dans les \u00e9tudes appliqu\u00e9es pour capter l\u2019effet du d\u00e9veloppement financier (King et Levine, 1993 ; Kpodar, 2004\u00a0; Keho, 2010\u00a0; Kiendr\u00e9beogo, 2010). Dans le cadre de cet article, les ratios \u00ab\u00a0M2\/PIB\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0cr\u00e9dit\/PIB\u00a0\u00bb sont utilis\u00e9s pour les v\u00e9rifications empiriques.<\/p>\n<p><b>Le taux de croissance \u00e9conomique<\/b><\/p>\n<p>Le taux de croissance du PIB r\u00e9el par habitant est un indicateur qui permet de mesurer le niveau de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Le taux de croissance \u00e9conomique est donn\u00e9 par la formule suivante\u00a0:<\/p>\n<p><b>2.2.2. Variables de contr\u00f4le<\/b><\/p>\n<p>Les variables de contr\u00f4le introduites dans le mod\u00e8le sont\u00a0: le capital humain, le taux d\u2019inflation et les d\u00e9penses du gouvernement, la qualit\u00e9 des institutions et l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><b>La qualit\u00e9 des institutions (ins)<\/b><\/p>\n<p>Nous avons retenu trois indicateurs institutionnels\u00a0: la qualit\u00e9 de la bureaucratie, l\u2019ordre et la loi et enfin la corruption. Ils sont issus de la base de donn\u00e9es du Guide International du Risque Pays produite par \u00ab Political Risk Service Group \u00bb (PRS Group).<\/p>\n<p>Qualit\u00e9 de la bureaucratie (4 points) : mesure la capacit\u00e9 de l\u2019administration \u00e0 mener les affaires courantes sans changements d\u2019orientation majeurs ni interruption des services publics. Une note faible traduit une mauvaise qualit\u00e9 des institutions.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le de la corruption (6 points) : l\u2019indicateur de corruption mesure l\u2019ampleur de l\u2019exercice du pouvoir public pour l\u2019enrichissement priv\u00e9, ainsi que la mainmise des \u00e9lites et des int\u00e9r\u00eats sur l\u2019Etat. Une note faible indique une forte corruption de l\u2019administration publique qui se traduit par des pots-de-vin, la fraude, l\u2019\u00e9vasion fiscale, le laxisme, le favoritisme dans les contr\u00f4les et l\u2019octroi des licences.<\/p>\n<p>Loi et ordre (6 points) : mesure la force et l\u2019ind\u00e9pendance du syst\u00e8me judiciaire, le degr\u00e9 de respect des r\u00e8gles de lois et de l\u2019ordre par les citoyens, y compris la qualit\u00e9 des droits de propri\u00e9t\u00e9, la police et les tribunaux, ainsi que les risques de crime. Cet indicateur est obtenu par sommation de deux sous indicateurs\u00a0: la loi (3 points) \u00e9value la force et l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019appareil judiciaire et l\u2019ordre (3 points) \u00e9value le respect de la loi par la population.<\/p>\n<p><b>L\u2019ouverture commerciale (trade) <\/b><\/p>\n<p>Le taux d&rsquo;ouverture d&rsquo;une \u00e9conomie mesure la place que tient le reste du monde dans l&rsquo;\u00e9conomie du pays. L\u2019ouverture commerciale est mesur\u00e9e par la somme des exportations et des importations rapport\u00e9es au PIB.<\/p>\n<p><b>Le capital humain (ch)<\/b><\/p>\n<p>Le capital humain est mesur\u00e9 par la dur\u00e9e moyenne de scolarisation. Il permet de saisir l\u2019effet du niveau d\u2019\u00e9ducation sur la croissance.<\/p>\n<p><b>Les d\u00e9penses publiques (dp)<\/b><\/p>\n<p>Les d\u00e9penses publiques sont l\u2019ensemble des d\u00e9penses r\u00e9alis\u00e9es par les administrations publiques. Elles sont introduites dans le but de capter l\u2019effet des investissements publics sur la croissance.<\/p>\n<p><b>Le taux d\u2019inflation (i)<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;inflation est la perte du pouvoir d\u2019achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation g\u00e9n\u00e9rale et durable des prix[]. Il est introduit pour capter l\u2019impact de la stabilisation macro\u00e9conomique sur la croissance.<\/p>\n<p><b>L\u2019aide publique au d\u00e9veloppement (<\/b><b>aidepib)<\/b><\/p>\n<p>Elle est d\u00e9finie comme \u00e9tant une aide fournie par les \u00c9tats dans le but expr\u00e8s de promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie dans les pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Les variables explicatives du mod\u00e8le et leurs signes attendues sont r\u00e9sum\u00e9s dans le tableau 1.<\/p>\n<p><b>1<\/b><b>: synth\u00e8ses des variables et signes attendus<\/b><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"605\"><b>Variable expliqu\u00e9e\u00a0: Taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate<\/b><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Variables explicatives<\/b><\/td>\n<td width=\"188\">Notations<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"182\">Signes attendus<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"605\"><b>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Variables d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/b><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Volume du cr\u00e9dit\/PIB<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">credpriv (%)<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Masse Mon\u00e9taire2\/PIB<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">M2\/PIB (%)<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"605\"><b>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Variables de contr\u00f4le<\/b><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Qualit\u00e9 institutionnelle<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">ins<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Taux d\u2019inflation<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">i<\/td>\n<td width=\"170\">+\/-<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>D\u00e9penses publiques <\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">dp<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Capital humain<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">ch<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>Ouverture commerciale<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">trade<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"237\"><b>A<\/b><b>ide publique au d\u00e9veloppement<\/b><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"200\">aidepib<\/td>\n<td width=\"170\">+<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"3\" width=\"436\"><i>Source\u00a0: construit par l\u2019auteur<\/i><\/td>\n<td width=\"170\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation des sources de donn\u00e9es<\/b><\/p>\n<p>L\u2019analyse utilise des donn\u00e9es de panel couvrant la p\u00e9riode de 1995 \u00e0 2020. Le choix de cette p\u00e9riode est li\u00e9 \u00e0 la disponibilit\u00e9 des donn\u00e9es sur les variables institutionnelles et du capital humain. L\u2019\u00e9chantillon contient six (06) pays membres de l\u2019UEMOA : Burkina Faso, C\u00f4te d\u2019Ivoire, Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal et Togo.<\/p>\n<p>Il est issu des trois (03) bases de donn\u00e9es qui sont : i) la base de donn\u00e9es de la Banque Mondiale (WDI), ii) la base de Pen World Table et iii) la base\u00a0de\u00a0International Country Risk Guide\u00a0(ICRG).<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentations et discussions des r\u00e9sultats<\/b><\/p>\n<p>Cette partie pr\u00e9sente les proc\u00e9dures d\u2019estimation, l\u2019interpr\u00e9tation et la discussion des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><b>Test de stationnarit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Les estimations sur les donn\u00e9es de panels sans la prise en compte du probl\u00e8me de stationnarit\u00e9 peuvent conduire \u00e0 des r\u00e9sultats biais\u00e9s. Les r\u00e9sultats du test de LLC consign\u00e9s dans le tableau suivant sont bas\u00e9s sur l\u2019hypoth\u00e8se nulle de la pr\u00e9sence de racine unitaire. Ces r\u00e9sultats sont confirm\u00e9s par le test de Maddala et Wu.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706333\"><\/a><b>Tableau 2<\/b><b>\u00a0: test de stationnarit\u00e9<\/b><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>Variables<\/b><\/td>\n<td width=\"116\"><b>Test LLC<\/b><\/td>\n<td width=\"89\"><b>D\u00e9cision<\/b><\/td>\n<td width=\"93\"><b>Variables<\/b><\/td>\n<td width=\"111\"><b>Test LLC<\/b><\/td>\n<td width=\"84\"><b>D\u00e9cision<\/b><\/td>\n<td width=\"36\"><b>\u00a0<\/b><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>g<\/b><\/td>\n<td width=\"116\">1,05592***<\/td>\n<td width=\"89\">I(0)<\/td>\n<td width=\"93\">trade<\/td>\n<td width=\"111\">-0,01137*<\/td>\n<td width=\"84\">I(1)<\/td>\n<td width=\"36\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>credpriv<\/b><\/td>\n<td width=\"116\">-0,14060***<\/td>\n<td width=\"89\">I(0)<\/td>\n<td width=\"93\">dp<\/td>\n<td width=\"111\">-0,01368*<\/td>\n<td width=\"84\">I(1)<\/td>\n<td width=\"36\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>i<\/b><\/td>\n<td width=\"116\">-1,02733***<\/td>\n<td width=\"89\">I(0)<\/td>\n<td width=\"93\">ch<\/td>\n<td width=\"111\">-0,00111*<\/td>\n<td width=\"84\">I(1)<\/td>\n<td width=\"36\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>ordrloi<\/b><\/td>\n<td width=\"116\">-0,07619***<\/td>\n<td width=\"89\">I(0)<\/td>\n<td width=\"93\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"111\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"84\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"36\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"92\"><b>aidepib<\/b><\/td>\n<td width=\"116\">-0,26554***<\/td>\n<td width=\"89\">I(0)<\/td>\n<td width=\"93\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"111\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"84\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"36\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"7\" width=\"617\"><b>Source\u00a0: construit par l\u2019auteur \u00e0 partir de Stata\/SE 11.0<\/b><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>***,* indiquent respectivement une stationnarit\u00e9 \u00e0 1% et 10%<\/p>\n<p>A travers le tableau 3 ci-dessus, il ressort que les variables (g, odreloi, i, credpriv, aidepib) sont stationnaires \u00e0 niveau. Par contre les variables (ch, dp, trade) sont stationnaires \u00e0 diff\u00e9rence premi\u00e8re. Ces derni\u00e8res sont int\u00e9gr\u00e9es d\u2019ordre 1. Les diff\u00e9rents tests sur donn\u00e9es de panels r\u00e9alis\u00e9s autorisent l\u2019estimation des donn\u00e9es par la m\u00e9thode des GMM. Toutefois, on cherche \u00e0 savoir sous quelles formes ces donn\u00e9es supportent une structure en panel. Plusieurs variantes de mod\u00e8le ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 cet\u00a0effet au test de structure de panel en suivant le test g\u00e9n\u00e9ral d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Dans un premier temps l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une structure parfaitement homog\u00e8ne (identit\u00e9 des coefficients et des constantes), puis l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des coefficients et enfin celle des constantes sont test\u00e9es. Les diff\u00e9rentes statistiques (F1, F2 et F3) associ\u00e9es aux trois tests suivent la loi de Fisher.<\/p>\n<p>Le premier test ne permet pas de rejeter au seuil de 5%, l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une structure parfaitement homog\u00e8ne avec une statistique F1=13,516622 avec une P-value = 6,381%. Le mod\u00e8le dynamique exige le test de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des coefficients pour tous les pays. Cette deuxi\u00e8me \u00e9tape ne permet pas de rejeter, au seuil de 5%, l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019\u00e9galit\u00e9 des coefficients pour tous les pays. Les estimations donnent en effet une statistique de Fisher F2= 8,034 et une P-value = 4,392%. Le test d\u2019endog\u00e9n\u00e9\u00eft\u00e9 d\u2019Hausman qui a une probabilit\u00e9 de 0,024 permet de rejeter l\u2019hypoth\u00e8se nulle (absence d\u2019endog\u00e9n\u00e9\u00eft\u00e9) au seuil de 10% du d\u00e9veloppement financier. Le m\u00eame test r\u00e9v\u00e8le que le taux de croissance \u00e9conomique n\u2019est pas endog\u00e8ne.<\/p>\n<p><b>Technique d\u2019estimation<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;application des m\u00e9thodes d&rsquo;estimation habituelles peut conduire \u00e0 des r\u00e9sultats biais\u00e9s et \u00e0 des interpr\u00e9tations erron\u00e9es. La m\u00e9thode des moments g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (GMM) d\u2019Arellano et Bond (1998), reconnue comme \u00e9tant adapt\u00e9e l\u2019estimation sur des \u00e9chantillons de taille limit\u00e9e, de mod\u00e8les comportant des variables endog\u00e8nes parmi les explicatives est utilis\u00e9e dans cette recherche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Interpr\u00e9tations des r\u00e9sultats<\/b><\/p>\n<p>Cette partie pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de l\u2019estimation \u00e9conom\u00e9trique et leurs interpr\u00e9tations.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706335\"><\/a><b>Tableau 3<\/b><b>\u00a0: r\u00e9sultats de l\u2019estimation<\/b><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"632\">&nbsp;<\/p>\n<p><b>Variable d\u00e9pendante\u00a0: taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate (g)<\/b><\/td>\n<td width=\"3\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"632\"><b>M\u00e9thodes des Moments G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s<\/b><\/td>\n<td width=\"3\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">2,247**<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(2,56)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Taux de croissance retard\u00e9<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">-0,187<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(1,47)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Aide publique au d\u00e9veloppement<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">0,197***<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(0,26)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">D\u00e9penses publiques<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">0,165***<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(2,87)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Ordre et loi<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">-0,430<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(0,37)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Capital humain<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">-5,554**<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(2,19)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9* Cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">-0,058***<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(2,59)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">Constante<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">-26,753***<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">(2,87)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\"><i>R<\/i>2<\/p>\n<p><i>Prob&gt;chi2<\/i><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">0,56333<\/p>\n<p>0,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"352\"><i>N<\/i><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"283\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0144<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Source\u00a0:<\/b>\u00a0construit par l\u2019auteur \u00e0 partir de Stata\/SE 11.0<\/p>\n<p>** <i>p<\/i>&lt;0,05; *** <i>p<\/i>&lt;0,01 indiquent respectivement la significativit\u00e9 \u00e0 5% et 1%<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A travers le tableau des r\u00e9sultats cinq (05) des variables sont significatives et statistiquement diff\u00e9rentes de z\u00e9ro. Il s\u2019agit du d\u00e9veloppement financier (cr\u00e9dit accord\u00e9 au secteur priv\u00e9 sur le PIB)\u00a0; sa forme quadratique (credpriv2), le capital humain (ch), les d\u00e9penses publiques en pourcentage du PIB (dp) et l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement en pourcentage du PIB (aidepib). La probabilit\u00e9 Hansen est de p = 0,2451, ne permet pas de rejeter l\u2019hypoth\u00e8se de la validit\u00e9 des instruments utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019analyse permet de trouver un seuil de\u00a0:<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p>Le coefficient du d\u00e9veloppement financier est positif (2,247). Cela signifie qu\u2019une augmentation de 1% du cr\u00e9dit accord\u00e9 au secteur priv\u00e9 entraine une augmentation de 2,247% de taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate. Le coefficient de la forme quadratique du cr\u00e9dit accord\u00e9 au secteur priv\u00e9 est n\u00e9gatif (-0,058). Cela se traduit par le fait qu\u2019une augmentation de 1% du cr\u00e9dit accord\u00e9 au secteur priv\u00e9 au-del\u00e0 du seuil (38,78%) se manifeste par une baisse de la croissance \u00e9conomique de 0,058 %.<\/p>\n<p>L\u2019aide publique rapport\u00e9e au PIB \u00e0 une influence positive sur la croissance \u00e9conomique des pays de l\u2019UEMOA de 0, 197. Ce r\u00e9sultat signifie qu\u2019une augmentation de 1% de l\u2019aide publique entraine une augmentation de 0,197 % du taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate. Pour des auteurs comme\u00a0Hansen et Tarp (2001)\u00a0; Lensik et White (2001), la relation entre l\u2019aide publique et la croissance \u00e9conomique est g\u00e9n\u00e9ralement positive. Les d\u00e9penses publiques ont un coefficient positif (0,165). Ce r\u00e9sultat montre qu\u2019une augmentation de 1% des d\u00e9penses publiques entraine une hausse de 0,165 % du taux de croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate\u00a0des pays de l\u2019UEMOA, ceteris paribus.<\/p>\n<p>La forme quadratique \u00ab\u00a0credpriv2\u00a0\u00bb qui traduit le carr\u00e9 du d\u00e9veloppement financier affecte n\u00e9gativement (-0,058) la croissance \u00e9conomique. Ce seuil met en exergue une relation non lin\u00e9aire (U renvers\u00e9) entre le d\u00e9veloppement financier (cr\u00e9dit au secteur priv\u00e9 rapport\u00e9 au PIB) et la croissance du PIB r\u00e9el par t\u00eate dans les pays de l\u2019UEMOA. Au sein des pays de l\u2019UEMOA, le seuil de rupture de l\u2019impact positif du d\u00e9veloppement financier sur la croissance \u00e9conomique est d\u2019environ . Au-del\u00e0 de ce seuil, l\u2019impact sur la croissance devient n\u00e9gatif. Il faut noter qu\u2019aucun pays de l\u2019UEMOA n\u2019a atteint ce seuil. Le maximum de l\u2019indicateur du d\u00e9veloppement financier (cr\u00e9dit accord\u00e9 au secteur priv\u00e9 sur le PIB) est de 36,15%. Ce maximum est d\u00e9tenu par la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Un \u00e9cart de 2,23% entre le seuil et le niveau maximum du d\u00e9veloppement financier enregistr\u00e9 dans l\u2019UEMOA est constat\u00e9.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de cette recherche vont dans le m\u00eame sens que Rousseau et Wachtel (2002) qui ont explor\u00e9 les effets non lin\u00e9aires du d\u00e9veloppement financier sur la croissance, apportant des preuves suppl\u00e9mentaires de l&rsquo;existence de l&rsquo;effet de seuil. Leur recherche sugg\u00e8re que les pays en d\u00e9veloppement doivent d&rsquo;abord \u00e9tablir des institutions financi\u00e8res solides avant de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une croissance \u00e9conomique significative. Ils ont constat\u00e9 que les pays qui n&rsquo;atteignent pas ce seuil peuvent rester pi\u00e9g\u00e9s dans une stagnation \u00e9conomique, incapables d&rsquo;exploiter les avantages d&rsquo;un secteur financier en croissance.\u00a0Aussi, Aghion et Howitt (2009) ont \u00e9largi la discussion sur l&rsquo;effet de seuil en int\u00e9grant des dimensions telles que l&rsquo;innovation et le capital humain dans leur analyse de la th\u00e9orie de la croissance. Ils ont argument\u00e9 que le d\u00e9veloppement financier facilite l&rsquo;innovation, mais seulement apr\u00e8s qu&rsquo;un certain seuil de d\u00e9veloppement financier ait \u00e9t\u00e9 atteint. Cela souligne l&rsquo;importance d&rsquo;une approche int\u00e9gr\u00e9e, o\u00f9 le d\u00e9veloppement financier, l&rsquo;innovation et le capital humain interagissent pour favoriser une croissance \u00e9conomique durable. Les r\u00e9sultats trouv\u00e9s dans cette recherche renforcent les analyses de Megnigang (2021) qui a examin\u00e9 la relation entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique dans les pays de l\u2019Afrique subsaharienne sur la p\u00e9riode de 2004 \u00e0 2015. Elle utilise une m\u00e9thodologie bas\u00e9e sur un mod\u00e8le non-lin\u00e9aire de croissance, estim\u00e9 par la m\u00e9thode des Moments G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s en syst\u00e8me (GMM). Les r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9tude indiquent une relation non-lin\u00e9aire en forme U invers\u00e9 entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance du PIB, sugg\u00e9rant qu&rsquo;un niveau trop \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9veloppement financier peut nuire \u00e0 la croissance \u00e9conomique. Les diff\u00e9rents articles contribuent \u00e0 la compr\u00e9hension des dynamiques complexes entre le d\u00e9veloppement financier et la croissance \u00e9conomique, en mettant en lumi\u00e8re les d\u00e9fis sp\u00e9cifiques auxquels sont confront\u00e9s les pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Aux regards de ces r\u00e9sultats, les pays de l\u2019UEMOA devraient augmenter le cr\u00e9dit bancaire jusqu&rsquo;\u00e0 un seuil de 38,78%. Les r\u00e9sultats montrent qu\u2019il existe un seuil \u00e0 partir duquel plus de finance n&rsquo;est certainement pas toujours meilleure car un secteur financier non encadr\u00e9 peut cr\u00e9er une instabilit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706294\"><\/a><b>Conclusion <\/b><\/p>\n<p>La pr\u00e9sente \u00e9tude avait pour objectif de montrer que la finance favorise la croissance \u00e9conomique surtout dans les pays de l\u2019UEMOA. Aussi, nous avons montr\u00e9 que son impact positif dispara\u00eet \u00e0 partir d\u2019un seuil de d\u00e9veloppement financier estim\u00e9 \u00e0 38,78% pour les pays de l\u2019UEMOA.\u00a0En utilisant un GMM, les r\u00e9sultats obtenus aux termes des diverses estimations confirment l\u2019importance du r\u00f4le que peut jouer l\u2019approfondissement des syst\u00e8mes financiers au sein des \u00e9conomies en d\u00e9veloppement comme l\u2019UEMOA.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats obtenus permettent d\u2019identifier un certain nombre d\u2019implications de politiques \u00e9conomiques. En rappelle aucun pays de l\u2019\u00e9chantillon mis \u00e0 part la C\u00f4te d\u2019Ivoire n\u2019a atteint le seuil, les mesures visant \u00e0 accroitre l\u2019offre de cr\u00e9dit ou \u00e0 simuler la demande de cr\u00e9dit doivent \u00eatre mis en place par les pays Pour b\u00e9n\u00e9ficier pleinement du d\u00e9veloppement financier, il faut mettre en place les fonds de garantie interbancaire pour relever le seuil du cr\u00e9dit bancaire. Ensuite, pour que le d\u00e9veloppement financier puisse \u00eatre favorable et stimuler la croissance \u00e9conomique, les gouvernants doivent travailler avec les structures bancaires pour faciliter l\u2019ouverture des lignes de cr\u00e9dits pour faciliter l\u2019acc\u00e8s aux services financiers. Comme l\u2019impact du d\u00e9veloppement financier est n\u00e9gatif sur la croissance \u00e9conomique, les d\u00e9cideurs doivent tenir compte des risques d\u2019instabilit\u00e9 financi\u00e8re dans la conduite des politiques macro\u00e9conomiques. L\u2019instabilit\u00e9 financi\u00e8re est mesur\u00e9e par rapport au cycle de l\u2019indicateur du d\u00e9veloppement financier. En cons\u00e9quence, toute politique visant \u00e0 promouvoir le d\u00e9veloppement du secteur financier doit \u00eatre accompagn\u00e9e de mesures destin\u00e9es \u00e0 stabiliser l\u2019environnement macro\u00e9conomique. Il faut alors multiplier les surveillances microprudentielle et macroprudentielle.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude, a cependant connu beaucoup de difficult\u00e9s, notamment sur la disponibilit\u00e9 des donn\u00e9es sur le d\u00e9veloppement financier. Dans les \u00e9tudes \u00e0 venir, la construction d\u2019un indice regroupant toutes les donn\u00e9es possibles sera n\u00e9cessaire. Cela permettrait d\u2019approfondir les m\u00e9canismes \u00e0 travers lesquels l\u2019approfondissement financier influence la croissance \u00e9conomique. Il convient, par ailleurs, d\u2019aller au-del\u00e0 de la question des m\u00e9canismes de seuil, afin d\u2019explorer les conditions d\u2019optimalit\u00e9 du d\u00e9veloppement des syst\u00e8mes financiers de l\u2019Union \u00c9conomique et Mon\u00e9taire Ouest Africaine. Aussi, il conviendra d\u2019analyser l\u2019effet conjoint du d\u00e9veloppement financier et de l\u2019inclusion financi\u00e8re sur la croissance \u00e9conomique des pays de l\u2019UEMOA.<\/p>\n<p><a name=\"_Toc500706295\"><\/a><b>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/b><\/p>\n<p>Allegret, J.-P., &amp; Azzabi, S. (2012). <i>D\u00e9veloppement financier, croissance de long terme et effets de seuil.<\/i>\u00a0Panoeconomicus, pp. 553-581.<\/p>\n<p>Arelano, M., &amp; Bond, S. 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