{"id":1081,"date":"2019-02-26T10:50:25","date_gmt":"2019-02-26T09:50:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/2019\/02\/26\/assainissement-a-ouagadougou-quand-les-reines-de-la-proprete-sont-parfois-salies-par-leurs-partenaires\/"},"modified":"2019-02-26T10:50:25","modified_gmt":"2019-02-26T09:50:25","slug":"assainissement-a-ouagadougou-quand-les-reines-de-la-proprete-sont-parfois-salies-par-leurs-partenaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/2019\/02\/26\/assainissement-a-ouagadougou-quand-les-reines-de-la-proprete-sont-parfois-salies-par-leurs-partenaires\/","title":{"rendered":"Assainissement \u00e0 Ouagadougou\u00a0: Quand \u00a0\u2018\u2019les reines de la propret\u00e9\u2019\u2019 sont parfois salies par leurs partenaires"},"content":{"rendered":"<p><strong>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-Hygi\u00e8ne<\/strong><\/p>\n<p><strong>Assainissement \u00e0 Ouagadougou\u00a0: Quand \u00a0\u2018\u2019les reines de la propret\u00e9\u2019\u2019 sont parfois salies par leurs partenaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouagadougou, 25 f\u00e9v. 2019 (AIB)-En duo ou en association, des centaines de femmes enl\u00e8vent au quotidien, les ordures dans des m\u00e9nages de Ouagadougou. \u00a0Zoom sur les reines de la propret\u00e9 du quartier Marcoussis (Ouagadougou), qui se tuent au labeur, mais qui sont souvent pay\u00e9es en monnaie de singe.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe travail est certes difficile, certains nous insultent comme des enfants, d\u2019autres nous d\u00e9nigrent lorsque nous partons ramasser les ordures chez eux\u2026Mais c\u2019est un gagne-pain pour moi ainsi que toute ma famille\u00bb<em>, <\/em>relate Poko Sawadogo, un matin de janvier, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son baudet tirant une charrette, charg\u00e9e d\u2019ordures.<\/p>\n<p>\u00abMon mari ne travaille pas et je suis la seule \u00e0 subvenir aux besoins de toute la famille. Pour cette raison, plus les ann\u00e9es passent, plus je ressens la fatigue mais je continue de me battre pour le bien de ma famille\u00a0 et de la population<em>\u00bb<\/em>, \u00a0ajoute-t-elle<em>, <\/em>le visage r\u00e9sign\u00e9.<\/p>\n<p>La cinquantaine, Mme Sawadogo, travaille depuis trois ans pour le compte de l\u2019Association Kogl-Voisin, \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement des ordures au quartier Marcoussis dans l\u2019arrondissement num\u00e9ro 9, secteur 37 de Ouagadougou.<\/p>\n<p>Sa coll\u00e8gue Rosalie Zongo partage aussi \u00a0les m\u00eames difficult\u00e9s de ce m\u00e9tier d\u2019assainissement.<\/p>\n<p>\u00abDans le cadre de notre travail, nous rencontrons des familles qui, \u00e0 la limite, se foutent de nous. Figurez- vous que dans certaines familles, on nous fait attendre pour d\u2019abord balayer, ensuite r\u00e9unir les ordures avant de nous les remettre\u00bb, se plaint Rosalie Zongo.<\/p>\n<p>Toutefois, ces plaintes n\u2019entament en rien, la d\u00e9termination de ces deux dames et de leurs quatre autres coll\u00e8gues, tous membres de l\u2019Association Kogl-Voisin.<\/p>\n<p>Chaque jour, elles sillonnent le quartier Marcoussis avec leurs charrettes \u00e0 traction asine pour d\u00e9barrasser les m\u00e9nages de leurs ordures. Leur slogan, rendre l\u2019environnement propre pour le bien-\u00eatre de tous.<\/p>\n<p>Pour le pr\u00e9sident de l\u2019Association Koglo-Voisin, Rapha\u00ebl Maxime Ky, l\u2019id\u00e9e du ramassage d\u2019ordures est partie du constat que les m\u00e9nages d\u00e9versaient leurs ordures dans les espaces verts et dans les parcelles non encore viabilis\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abLes sachets plastiques pullulaient de partout et c\u2019\u00e9tait trop vilain \u00e0 voir. \u00a0Pour ce faire, nous avons cr\u00e9\u00e9 un service de nettoyage et notre objectif est de travailler \u00e0 r\u00e9duire au maximum la proportion des d\u00e9chets plastiques\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir ce pari,\u00a0 l\u2019Association Koglo-voisin a recrut\u00e9\u00a0 six femmes \u00a0pour assurer le travail. Ces femmes dont l\u2019\u00e2ge varie entre 30 et 55 ans, consid\u00e9r\u00e9es comme les \u00abreines de la propri\u00e9t\u00e9\u00bb, sont constitu\u00e9es en \u00e9quipe de deux et interviennent dans pr\u00e8s de 400 m\u00e9nages dans le quartier.<\/p>\n<p>En contrepartie, chaque m\u00e9nage est assujetti \u00e0 payer la somme de 500 FCFA par mois pour le travail.<\/p>\n<p>\u00abPour rationner le travail, nous avons form\u00e9 une \u00e9quipe de deux personnes et chaque \u00e9quipe intervient dans un certain nombre de m\u00e9nages. La premi\u00e8re \u00e9quipe s\u2019occupe de 188 m\u00e9nages, la deuxi\u00e8me de 80 et la troisi\u00e8me de 140\u00bb,\u00a0 indique Rapha\u00ebl Maxime Ky.<\/p>\n<p>Selon M. Ky, le salaire est ainsi fonction du nombre de m\u00e9nages o\u00f9 chaque \u00e9quipe intervient. C\u2019est ce qui explique que les salaires vont de 7500 \u00e0 16500\u00a0 FCFA par mois. Montants que les femmes trouvent unanimement d\u00e9risoires, au regard de l\u2019\u00e9normit\u00e9 du travail qu\u2019elles abattent sur le terrain.<\/p>\n<p>Pour le secr\u00e9taire charg\u00e9 des questions \u00e9conomiques et socio-culturelles de \u00a0l\u2019Association, Issaka Derra, la demande d\u2019augmentation de salaire, formul\u00e9e \u00e0 maintes reprises par les dames, est justifi\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00abCes plaintes sont justifi\u00e9es au regard des efforts que le travail demande et des risques que les femmes prennent pour assurer le travail. Nous estimons que le traitement devrait \u00eatre mieux et nous en avons conscience\u00bb, \u00a0reconnait Issaka Derra.<\/p>\n<ol>\n<li>Derra soutient que seuls les 2\/3 des 400 m\u00e9nages, s\u2019acquittent r\u00e9guli\u00e8rement de leur frais, soient 140\u00a0000 FCFA, affect\u00e9 prioritairement aux salaires et au fourrage des \u00e2nes.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Mais, il a rassur\u00e9 que l\u2019association ambitionne de couvrir dans un bref d\u00e9lai pr\u00e8s de 600 m\u00e9nages\u00a0; ce qui permettra selon lui, de mieux prendre en charge les employ\u00e9es.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s qu\u2019elle a soulev\u00e9es, Poko Sawadogo se r\u00e9jouie de pouvoir contribuer au bien-\u00eatre de la population.<\/p>\n<p>Elle\u00a0 confie que son salaire de 16500F sert \u00e0 payer la scolarit\u00e9 de ses enfants et des vivres pour la famille.<\/p>\n<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Entre incivisme\u00a0et manque de d\u00e9charge<\/strong><\/p>\n<p>Rosalie Zongo indique joindre difficilement les deux bouts avec sa \u00abseule source de revenu\u00bb de 7500FCFA par mois.<\/p>\n<p>\u00abApr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de mon mari, il y a de cela cinq ans, seul ce travail me permet de nourrir une famille de 12 personnes\u00bb, explique encore \u00a0Rosalie Zongo, veuve, issue d\u2019une famille polygame.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Zalissa Bonkoungou, elle relate leurs difficult\u00e9s pendant les recouvrements.<\/p>\n<p>\u00abA la fin du mois, c\u2019est la bagarre car certaines familles ne veulent \u00a0pas payer. On a\u00a0 \u00e0 faire souvent \u00e0 des clientes qui s\u2019enferment pendant des heures juste pour ne pas payer les 500FCFA\u00bb.<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 des familles qui refusent de payer, figurent d\u2019autres qui refusent m\u00eame d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019id\u00e9e, pr\u00e9f\u00e9rant d\u00e9verser leurs ordures dans la nature plut\u00f4t que de payer 500FCFA par mois.<\/p>\n<p>\u00abCe sont des familles ais\u00e9es qui s\u2019adonnent \u00e0 de tels comportements et nous estimons que c\u2019est simplement de la mauvaise foi\u00bb, pr\u00e9cise Maxime Rapha\u00ebl Ky.<\/p>\n<p>Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation, Mr Ky dit avoir entrepris la sensibilisation \u00e0 travers le porte \u00e0 porte. Mais \u00abapr\u00e8s sensibilisation, certains acceptent le principe d\u2019adh\u00e9sion et lorsque vient le moment de payer, ils refusent cat\u00e9goriquement\u00bb, d\u00e9plore-t-il<em>.<\/em><\/p>\n<p>Si l\u2019Association Kogl-voisin est en train de r\u00e9ussir le pari de faire de Marcoussis un quartier insalubre, l\u2019autre difficult\u00e9 r\u00e9side dans le manque de d\u00e9charges.<\/p>\n<p>Son pr\u00e9sident Rapha\u00ebl Maxime Ky indique que le terrain mis \u00e0 leur disposition depuis deux ans par la mairie, n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9.<\/p>\n<p>En attendant, les femmes d\u00e9versent les ordures dans les grands trous de granites, autrefois utilis\u00e9s par Feu l\u2019entrepreneur El Hadj Oumarou Kanozo\u00e9,\u00a0 et situ\u00e9s entre la r\u00e9serve de Yagma et de Marcoussis.<\/p>\n<p>Le maire de l\u2019arrondissement N\u00b09, Albert Bamogo a assur\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s la r\u00e9ception technique, l\u2019association aura acc\u00e8s \u00e0 son site courant 2019.<\/p>\n<p>Pour mettre fin aux d\u00e9versements d\u2019ordures dans les espaces verts, M. Bamogo, annonce une police de l\u2019hygi\u00e8ne qui est encore en gestation.<\/p>\n<p><em>\u00ab<\/em>Nous avons la volont\u00e9, mais malheureusement nous manquons de ressources\u00bb<em>,<\/em> dit-il.<\/p>\n<p>Albert Bamogo promet \u00e9galement que la mairie mettra \u00abponctuellement\u00bb \u00e0 la disposition de l\u2019association, du mat\u00e9riel et des tricycles, pour r\u00e9pondre \u00e0 ses difficult\u00e9s d\u2019embourbement de charrettes sur certaines art\u00e8res.<\/p>\n<p>\u00abOn a des tricycles. Quand ils ont des activit\u00e9s ponctuelles, ils peuvent venir faire la demande du mat\u00e9riels (tricycles, p\u00e8le r\u00e2teau) qu\u2019on pourra mettre \u00e0 leur disposition. Mais pas de fa\u00e7on d\u00e9finitive car la mairie g\u00e8re plus de 400 associations qui \u0153uvrent \u00e9galement sur l\u2019hygi\u00e8ne\u00bb, d\u00e9clare M. Bamogo.<\/p>\n<p><strong>Agence d\u2019information du Burkina<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rabiatou SIMPORE<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"mailto:rabysimpore@yahoo.fr\">rabysimpore@yahoo.fr<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Burkina-Soci\u00e9t\u00e9-Hygi\u00e8ne Assainissement \u00e0 Ouagadougou\u00a0: Quand \u00a0\u2018\u2019les reines de la propret\u00e9\u2019\u2019 sont parfois salies par leurs partenaires Ouagadougou, 25 f\u00e9v. 2019 (AIB)-En duo ou en association, des centaines de femmes enl\u00e8vent au quotidien, les ordures dans des m\u00e9nages de Ouagadougou. \u00a0Zoom sur les reines de la propret\u00e9 du quartier Marcoussis (Ouagadougou), qui se tuent au labeur, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":1082,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[126,127,17],"tags":[],"class_list":["post-1081","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-depeches","category-la-une-aib","category-medias"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.aib.media\/evenements\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/02\/DSC00165.jpg?fit=515%2C386&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pavruF-hr","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1082"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aib.media\/evenements\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}