Burkina/Putsch : Bassolé refuse de répondre aux questions sur ses supposés échanges téléphoniques avec Soro

Ouagadougou, 7 Janvier 2019 (AIB)-Le général Djibrill Bassolé a refusé de répondre lundi aux questions du parquet militaire sur les supposés échanges téléphoniques (notamment avec le président du Parlement ivoirien Guillaume Soro), au moment du putsch de septembre 2015,  arguant qu’ils ont été manipulés.

«Je ne veux pas m’exprimer sur les enregistrements sauvages que je sais falsifiés. Vous en ferez l’usage dont vous voulez», a déclaré lundi le général de gendarmerie Djibrill Bassolé au parquet militaire.

A la reprise ce lundi matin, du procès du putsch de septembre 2015 après la suspension pour les fêtes de fin d’année, le ministère public a décidé d’interroger l’accusé sur les conversations téléphoniques que celui-ci a eu avec certaines personnalités pendant le putsch dont le président de l’Assemblée nationale ivoirienne Soro Guillaume.

Pour le général Djibrill Bassolé, les éléments sonores qui sont dans le dossier de l’instruction ont été manipulés car, selon lui, “sur internet, tout est possible. Toutes les manipulations sont possibles”.

Le parquet militaire a rappelé que la défense de l’accusé avait introduit une requête auprès de la chambre de contrôle de l’instruction pour demander le retrait des écoutes téléphoniques du dossier de l’instruction.

Mais la chambre a rejeté la requête  et les écoutes ont été maintenues dans le dossier. Aussi, il n’appartient plus à l’accusé aujourd’hui de demander que ces écoutes téléphoniques ne soient pas exploitées selon le parquet militaire.

En outre, le parquet militaire s’est mis à lire pendant un long moment des passages des éléments sonores entre l’accusé et certaines personnalités dont le président  Guillaume Soro.

De cette lecture, on retient notamment que le général Bassolé aurait dit à Soro Guillaume qu’ils étaient en train de se préparer pour empêcher le déroulement des élections de 2015.

Et le président Soro Guillaume aurait répondu au général Djibrill Bassolé que pour la réussite de leur déstabilisation, il était nécessaire qu’ils éliminent deux personnalités burkinabè notamment Salif Diallo comme eux l’avaient fait en Côte d’Ivoire par l’assassinat de Désiré Tagro et du sergent-chef Ibrahim Coulibaly (IB).

«Avez-vous été en intelligence avec Soro Guillaume pour déstabiliser la Transition (nov. 2014-déc.2015) ?» a ensuite demandé le parquet militaire à l’accusé.

«Ce sur quoi, vous fondez votre accusation, ce sont ces écoutes dont vous êtes incapables de dire l’origine. Je conteste la fiabilité de ces éléments. Ne me demandez donc pas des commentaires sur des choses fausses», a répondu l’accusé.

Allant dans le sens de son client, Me Dieudonné Boukoungou, note que le parquet militaire dans sa lecture des écoutes téléphoniques attribuées à son client,  ne donne aucune date ni aucune heure par rapport à leur déroulement.

«Comment ce parquet-là peut accepter de recevoir des écoutes dont on ne sait pas d’où elles viennent et qui sont des copies sans date, sans heure ? », s’est-il interrogé.

Pour Me Guy Hervé Kam, avocat des parties civiles, la régularité des écoutes téléphoniques que conteste l’accusé a déjà été tranchée et de son avis, les écoutes téléphoniques attribuées au général Bassolé, sont correctes.

Il déplore que l’accusé qui avait reconnu un certain nombre d’écoutes devant le Tribunal militaire le 21 décembre dernier, refuse aujourd’hui de parler du fond desdites écoutes.

«Certainement que la suspension a été mis à profit pour faire savoir au général Bassolé qu’il était allé trop loin dans ses affirmations et aujourd’hui, on tente un rétropédalage qui est malheureux dans la mesure où ce qui a été dit le 21 décembre est déjà consigné» a affirmé Me Guy Hervé Kam.

Agence d’information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

 

 

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