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SIAO 2026 : Les ustensiles traditionnels résistent à la modernité et séduisent toujours les jeunes
Ouagadougou, 4 nov. 2026 (AIB)- Face à la multiplication des mixeurs et autres équipements modernes dans les ménages, les mortiers, les marmites en terre cuite et les calebasses continuent de séduire les consommateurs, notamment les jeunes. Au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), des artisans réinventent ces ustensiles pour les adapter aux nouvelles habitudes, tout en préservant leur valeur culturelle.
Dans les allées du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), marmites en terre cuite, plats, mortiers en bois et calebasses transformées en gobelets ou objets décoratifs témoignent de la vitalité du savoir-faire traditionnel.
Venue de Tchériba, dans la région de Bankui, Mariétou Koumaré expose des objets façonnés à la main. Elle constate un regain d’intérêt des jeunes femmes pour la poterie, favorisé notamment par les réseaux sociaux.
« Il y a quelques années, les jeunes dames ne s’intéressaient pas beaucoup à ces ustensiles. Maintenant, avec la modernité et les réseaux sociaux, les gens s’y intéressent », observe-t-elle.
Selon l’exposante, les publications sur TikTok et Facebook attirent de nouveaux clients curieux de découvrir les particularités des marmites en terre cuite.
Cette évolution encourage également les potiers à diversifier leurs créations avec des assiettes, des plats et des pots d’encens.
Mariétou Koumaré souligne que la cuisson dans ces récipients présente des particularités.
« Même quand on descend la nourriture du feu, elle continue toujours de cuire. Ce n’est pas pareil avec les autres marmites », explique-t-elle.
Du côté des mortiers en bois, le pilage traditionnel conserve également ses adeptes malgré la popularité des mixeurs. Pour une exposante spécialisée dans leur fabrication, les deux méthodes ne donnent pas le même résultat.
« Quand tu fais une expérience entre un mixeur et un mortier, il y a une très grande différence. Ça ne donne pas la même épaisseur, le même rendu », affirme-t-elle. Elle précise que le choix du bois est important, certains types ayant tendance à se fendre, contrairement au bois rouge qu’elle privilégie.
La calebasse connaît elle aussi une nouvelle valorisation. La responsable de l’entreprise Kali Calebasse, Kadizeta Ouédraogo, venue de la région du Yaadga, participe pour la quatrième fois au SIAO.
Elle expose des calebasses transformées en gobelets pour les boissons, mais aussi en sacs et objets décoratifs, ainsi que des ustensiles en bois.
Au-delà de leur utilité, ces objets conservent une dimension culturelle. La calebasse représente notamment un symbole de paix et de réconciliation dans certaines traditions.
« Présentement, les jeunes sont en train de s’intéresser. Même dans les familles, on s’intéresse maintenant à la calebasse parce qu’elle est décorative et utilisable », souligne-t-elle.
L’artisane contribue également à la transmission de ce savoir-faire en initiant des jeunes filles à la transformation et à la décoration des calebasses, afin de leur permettre d’acquérir des compétences et de développer des activités génératrices de revenus.
A travers ces initiatives, les artisans montrent que modernisation des cuisines et préservation des traditions peuvent cohabiter. Entre innovation, transmission des savoir-faire et nouveaux usages, les ustensiles traditionnels continuent de s’adapter aux réalités des ménages.
La 18e édition du SIAO se tient du 30 octobre au 8 novembre 2026 sous le thème : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ».
Agence d’information du Burkina
APA/HB/yos

