Ouagadougou/Retraite : Des militaires se préparent aux métiers de la terre et de l’élevage

Ouagadougou/Retraite : Des militaires se préparent aux métiers de la terre et de l’élevage

Ouagadougou, 03 nov. 2026 (AIB)-Après plusieurs années au service des armes, des militaires et des agents des eaux et forêts s’apprêtent à découvrir un autre terrain, celui de la terre et de l’élevage. Au nombre de quatre-vingt-treize, ils ont entamé ce mardi 3 novembre 2026 une formation de trois semaines, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, dans le cadre de leur préparation à la retraite.

À trois mois de la fin de sa carrière, le lieutenant Sompayiti Moctar Kaboré fait partie des militaires en formation pour leur reconversion. Pour lui, c’est l’occasion de préparer sereinement le retour à la vie civile et de continuer à subvenir aux besoins de sa famille. Il espère mener à bien sa nouvelle activité et apporter sa contribution à la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.

Cette 18ᵉ session réunit quatre-vingt-trois militaires et dix agents des eaux et forêts, porteurs de projets, répartis en deux groupes : soixante-quatorze à Ouagadougou et dix-neuf à Bobo-Dioulasso.

Pour le formateur Ibrahim Sory, directeur général du cabinet CID Ingénierie, l’agriculture ne se résume pas à mettre des graines en terre, pas plus que l’élevage ne consiste simplement à entretenir des animaux. « Ce sont des activités qui exigent des compétences, une bonne planification et une gestion rigoureuse », a-t-il expliqué.

Les enseignements porteront notamment sur les techniques de production agricole adaptées aux conditions agroécologiques du Burkina, la préparation et la fertilisation des sols, l’utilisation raisonnée des engrais, la conservation des eaux, les fondamentaux de l’élevage, l’alimentation animale, l’hygiène, la prévention des maladies et la gestion économique.

Le parrain de la session, le colonel-major Alassane Guiré, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a réaffirmé la disponibilité de ce département à soutenir le programme, qui ambitionne de former au moins mille personnes en cinq ans. Il a offert à ses filleuls douze tonnes d’intrants agricoles et divers matériels techniques.

Pour le secrétaire général du ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, l’intendant colonel-major Yamba Léonard Ouoba, ces futurs retraités pourront contribuer à créer des emplois et servir de modèles de réussite à la jeunesse.

La politique de reconversion des personnels militaires a été adoptée en mai 2008. Le partenariat avec le ministère en charge de l’Agriculture a été acté le 6 août 2024 par la signature d’une convention-cadre.

Cette collaboration a permis de former et d’installer cent pisciculteurs : soixante et un à Nanoro, vingt-huit à Samandéni et onze à Bagré.

Chacun a reçu deux cages, vingt mille alevins et une dotation en aliments piscicoles destinée à couvrir un cycle de production. À ce jour, quinze cages ont fait l’objet de récoltes, avec des résultats encourageants.

Un projet de rénovation de l’ex-Régiment de production des Forces armées (RPFA) est en cours. La mise à disposition de six tracteurs, à raison de deux par région militaire, ainsi que des formations spécialisées figurent parmi les accompagnements envisagés.

Depuis la mise en œuvre du programme de reconversion en 2013, neuf cent soixante-quatorze militaires ont été placés en entreprise et mille cinq cent vingt-neuf ont été formés en agriculture, en élevage, en élaboration de plans d’affaires et en gestion d’entreprise.

Deux cent trente-six militaires ont bénéficié de financements d’un montant total de 586 191 000 F CFA.

Entre 2025 et 2026, le dispositif a permis de mettre à la disposition des promoteurs agricoles militaires cent cinquante-trois tonnes d’engrais et d’urée subventionnés, et de financer le labour de cent quatre-vingt-deux hectares.

Agence d’information du Burkina
ZS/ata

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