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Burkina : Oumarou Boua décroche le grade de docteur avec une thèse sur l’instabilité politique et les financements extérieurs en Afrique subsaharienne
Ouagadougou, 2 nov. 2026 (AIB)- Le conseiller en économie et développement, Oumarou Boua, a obtenu le grade de docteur de l’Université Thomas-Sankara, à l’issue de la soutenance publique de sa thèse consacrée aux relations entre l’instabilité politique et les financements extérieurs dans les pays d’Afrique subsaharienne. Ses travaux mettent notamment en évidence les effets de l’instabilité politique sur les investissements étrangers, les transferts de fonds des migrants et l’aide publique au développement.
Intitulée « Essais sur l’instabilité politique et les financements extérieurs dans les pays d’Afrique subsaharienne », la thèse analyse les interactions entre les crises politiques et la capacité des États à mobiliser des ressources extérieures pour financer leur développement.
Devant le jury, Oumarou Boua a justifié le choix de son sujet par deux constats majeurs : la récurrence de l’instabilité politique en Afrique subsaharienne et la faiblesse des ressources internes des pays de la région, qui les contraint à recourir régulièrement aux financements extérieurs.
« La souveraineté financière recherchée par les États ne se décrète pas, mais elle se construit », a-t-il soutenu, estimant nécessaire de distinguer les financements extérieurs susceptibles de fragiliser les économies de ceux pouvant contribuer à leur développement.
Pour conduire ses recherches, le nouveau docteur a articulé ses travaux autour de trois axes : l’influence de l’instabilité politique sur l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE), le rôle du développement financier dans la capacité des pays à mobiliser les transferts de fonds des migrants dans un contexte d’instabilité politique et les relations bidirectionnelles entre l’instabilité politique et l’aide publique au développement (APD).
Les résultats du premier essai révèlent que l’instabilité politique réduit significativement les flux entrants d’investissements directs étrangers, aussi bien à court qu’à long terme. Cet effet ne se limite pas aux pays directement touchés, mais s’étend également aux États voisins.
Selon le chercheur, cette situation s’explique notamment par les risques de contagion des crises politiques, qui incitent les investisseurs à adopter des mesures de précaution et à réduire leurs engagements dans les pays concernés.
Le deuxième axe de recherche fait ressortir un effet différencié de l’instabilité politique sur les transferts de fonds des migrants. Dans certains pays, son influence n’est pas statistiquement significative, tandis que dans d’autres, les transferts augmentent en période de crise, les migrants cherchant à soutenir leurs familles restées au pays.
L’étude montre que le développement financier renforce cette capacité de mobilisation des ressources, notamment en facilitant les opérations de transfert et en réduisant leurs coûts. Les pays disposant de systèmes financiers plus développés ont ainsi davantage de chances de bénéficier de cette augmentation des transferts en période d’instabilité.
S’agissant de l’aide publique au développement, les résultats indiquent que l’instabilité politique favorise une hausse des allocations des partenaires extérieurs. Toutefois, l’aide reçue peut également contribuer à accentuer les tensions politiques lorsqu’elle est mal gérée, notamment dans les contextes marqués par une faible qualité institutionnelle.
À cet égard, Oumarou Boua souligne que l’amélioration de la gouvernance, notamment à travers le contrôle de la corruption, l’efficacité de l’action gouvernementale et la démocratie, permet de réduire les effets négatifs d’une mauvaise gestion de l’aide.
Au terme de ses travaux, le chercheur a formulé trois principales recommandations : renforcer la coopération régionale pour consolider la stabilité politique, développer les systèmes financiers afin de mobiliser davantage les transferts des migrants et améliorer la gouvernance pour accroître l’efficacité de l’aide publique au développement et réduire progressivement la dépendance extérieure.
Directeur de thèse, le professeur titulaire en sciences économiques à l’Université Thomas-Sankara, Noël Thiombiano, a salué un travail de recherche portant sur une problématique d’actualité et présentant un intérêt pour les pays africains.
« La thèse n’est pas un aboutissement, c’est le point de départ d’une carrière », a-t-il conseillé au nouveau docteur, l’invitant à poursuivre ses efforts de recherche.
Pour sa part, le maître de conférences agrégé Salifou Draogo a jugé la production scientifique pertinente au regard des contraintes de financement auxquelles sont confrontés les États africains, notamment ceux du Sahel.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la stabilité politique, la gouvernance et le développement financier pour desserrer les contraintes de financement et améliorer les conditions de vie des populations.
La recherche, qui a mobilisé des données portant sur plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et différentes périodes allant de 1996 à 2023 selon les axes étudiés, ouvre également des perspectives pour de futures investigations à partir de données sectorielles et infranationales.
À l’issue de la délibération, Oumarou Boua a obtenu la mention très honorable.
La thèse a été réalisée sous la direction du professeur titulaire Noël Thiombiano, à l’École doctorale de l’Université Thomas-Sankara, dans le domaine des sciences économiques et de gestion, spécialité économie du développement.
Agence d’information du Burkina
GIP/yos

