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SIAO 2026 :des artisans africains font rayonner leurs savoir-faire et plaident pour une meilleure valorisation des créations artisanales locales
Ouagadougou, 2 nov. 2026 (AIB)-Quatre acteurs du secteur de l’artisanat, venus de différents horizons, exposent leur savoir-faire à la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). A travers leurs parcours, ils témoignent de la richesse de l’artisanat africain, de son potentiel économique et des défis liés à sa valorisation.
Originaire du Congo-Brazzaville, Malgloire N’dassa est un sculpteur dont le talent s’est construit au contact de son père, lui-même artisan.
Initié dès son enfance aux techniques de sculpture, il a progressivement transformé cet héritage familial en une véritable passion et en une activité professionnelle.
Pour sa première participation au SIAO, l’artiste arrive avec un parcours déjà marqué par trois distinctions internationales.
Il a notamment remporté un premier prix en Côte d’Ivoire en 2023, une deuxième distinction au Salon international de l’artisanat du Cameroun en 2024 et un autre premier prix en 2026 dans la zone CEMAC.
Travaillant essentiellement le bois, il réalise des sculptures réalistes et contemporaines représentant notamment des lions, des rhinocéros et des éléphants.
Au-delà de l’exposition de ses œuvres, il recherche des partenariats commerciaux durables et déplore les difficultés rencontrées par les artisans dans le transport de leurs créations aux frontières.
L’exposante Burkinabè, Binta Savadogo, responsable de l’entreprise Faso Ri-Songo, originaire de la région de Yaadga, fait de la transformation agroalimentaire son domaine de prédilection.
Forte de plusieurs années d’expérience dans l’accompagnement des organisations féminines, elle s’est progressivement lancée dans l’entrepreneuriat après avoir sensibilisé des femmes aux techniques de conservation des fruits et légumes.
Son entreprise expose 28 produits différents, allant des farines infantiles aux céréales transformées, en passant par les jus en granulés, les biscuits et les produits dérivés de plantes locales.
Pour cette édition, elle présente notamment le « Biyir-Bassi », un couscous préparé à partir de trois céréales. Lauréate d’un prix à Kaya en 2022, elle considère le SIAO comme une vitrine indispensable pour les artisans.
La Nigérienne Mariama Idrissa, quant à elle, conjugue couture, vannerie, maroquinerie, tissage et transformation agroalimentaire.
Pour sa première participation au SIAO, elle entend faire découvrir la diversité de ses créations et nouer des relations commerciales.
Déjà récompensée au Togo en 2025 par un premier prix à Miato pour l’innovation d’un panier décoré de cauris, elle regrette les difficultés d’écoulement des produits artisanaux dans son pays.
Le directeur national de l’artisanat du Mali, Daha Niassé, porte un regard institutionnel sur cette rencontre continentale.
Il salue l’engagement des autorités burkinabè en faveur du secteur et apprécie particulièrement la mobilisation autour du salon.
La délégation malienne présente notamment des articles de maroquinerie, de bijouterie, de l’artisanat touareg et des instruments de musique traditionnels.
Pour M. Niassé, l’artisanat constitue un levier de souveraineté économique au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Il estime que les pays doivent davantage consommer leurs propres productions afin de renforcer leur indépendance.
A travers ces quatre parcours, le SIAO apparaît ainsi comme un espace de promotion des talents, de rencontres professionnelles et de construction de partenariats au service du développement de l’artisanat africain.
Agence d’information Burkina
NO/yos

