Ioba/Oronkua : quatre personnes condamnées pour avoir accusé autrui de sorcellerie
Oronkua, 26 oct. 2026 (AIB)-Le Tribunal de grande instance (TGI) de Diébougou a tenu mardi 20 octobre 2026, dans la salle de réunion de la mairie d’Oronkua, dans la province du Ioba, une audience foraine destinée à rapprocher la justice des populations. L’audience a porté sur des faits d’accusation de pratiques de sorcellerie, de menaces de mort, de discrimination et d’incitation à la haine.
À l’ouverture des travaux, la substitute du Procureur du Faso près le TGI de Diébougou, Madeleine Thiombiano, représentant le ministère public, a exprimé au nom du Procureur du Faso sa reconnaissance à la délégation spéciale de la commune d’Oronkua et à son président, Victor Kiswendé Dondyré, pour les efforts consentis en vue de la tenue de cette audience. Elle a également salué la mobilisation des Forces de défense et de sécurité (FDS) et de l’ensemble des forces vives.
Selon elle, la justice doit aussi lutter contre les accusations de sorcellerie, les actes de discrimination et les discours de haine, qui menacent la cohésion sociale.
L’audience a notamment permis d’examiner une affaire impliquant quatre prévenus poursuivis pour accusation de pratiques de sorcellerie, discrimination, incitation à la haine et menaces de mort.
Au regard du concours d’infractions, le ministère public a requis l’application de l’article 111-8 du Code pénal.
En considération de l’infraction la plus sévèrement réprimée, à savoir l’accusation de pratiques de sorcellerie ayant entraîné une exclusion sociale, il a requis contre chacun des prévenus trois ans d’emprisonnement assortis du sursis et une amende d’un million de francs CFA, dont deux cent cinquante mille francs CFA ferme.
À l’issue des débats, les quatre prévenus ont été relaxés au bénéfice du doute pour les menaces de mort, mais reconnus coupables d’accusation de pratiques de sorcellerie, de discrimination et d’incitation à la haine. Le tribunal a suivi intégralement les réquisitions du ministère public.
Selon le TGI de Diébougou, la forte mobilisation des populations et le bon déroulement de l’audience confortent la juridiction dans l’idée que le message recherché a atteint sa cible.
Le juge qui présidait l’audience, Florent Sawadogo, a appelé les autorités administratives à la vigilance et les populations à la retenue. Il les a également exhortées au respect de la loi et des règles de conduite, présentées comme les gages d’un Burkina Faso fondé sur le civisme, la discipline et la rigueur.
À travers cette audience foraine, le TGI de Diébougou réaffirme sa volonté de lutter contre les accusations de sorcellerie, la discrimination, l’incitation à la haine et les menaces de mort, afin de préserver la dignité humaine, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Agence d’information du Burkina
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