Burkina : l’ALP interdit la privatisation des entreprises stratégiques de l’État

Burkina : l’ALP interdit la privatisation des entreprises stratégiques de l’État

Ouagadougou, 19 oct. 2026 (AIB)- L’Assemblée législative du Peuple (ALP) a adopté lundi une loi interdisant la privatisation totale ou partielle des entreprises de l’État considérées comme stratégiques, notamment en raison de leur importance pour la souveraineté nationale, la sûreté de l’État et les équilibres sociaux et économiques du pays.

La loi interdisant la privatisation totale ou partielle des entreprises stratégiques de l’État a été adopté par 70 députés, avec une voix d’abstention.

Selon le ministre chargé de l’Industrie, Serge Poda, plusieurs critères permettent de déterminer le caractère stratégique d’une entreprise, d’une entité ou d’un secteur. Outre les enjeux de souveraineté nationale et de sûreté de l’État face aux menaces intérieures et extérieures, l’importance de leur impact sur les équilibres sociaux et économiques du pays est également prise en compte.

Il a ajouté que le texte renforce également l’encadrement des décisions des entités économiques, commerciales et industrielles publiques ou à participation publique majoritaire reconnues comme stratégiques. Certaines opérations seront désormais soumises à l’autorisation préalable du Conseil des ministres.

La nouvelle loi prévoit aussi la possibilité de réserver aux nationaux l’exercice de certaines activités économiques stratégiques, dont la liste sera définie par voie réglementaire. Une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités publiques ou à participation publique majoritaire à caractère stratégique figure également parmi les innovations.

Pour le ministre en charge de l’Industrie, cette loi constitue un instrument juridique destiné à renforcer la création et la protection des outils stratégiques de production, de transformation et de développement économique, dans une dynamique de souveraineté nationale.

« À travers cette loi, l’État a désormais toutes les prérogatives pour encadrer, contrôler et suivre les entités publiques à caractère stratégique. Il a également la possibilité de prendre des parts ou de renforcer ses participations dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans notre pays », a expliqué Serge Poda.

Ce nouveau dispositif vient actualiser une loi adoptée en 1993, qui définissait et recensait les entreprises économiques et commerciales stratégiques afin de les protéger de la vague de privatisations qu’avait connue le Burkina Faso au cours des années 1990.

Les insuffisances de l’ancien texte, conjuguées à l’évolution du contexte économique et politique et aux nouvelles orientations du pays en matière de souveraineté économique et industrielle, rendaient nécessaire sa relecture et l’adoption d’une nouvelle loi, a indiqué le camarade Poda,

Agence d’information du Burkina
YOS/ata

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