Riziculture : l’UJKZ et l’INERA développent huit nouvelles variétés de riz pour renforcer la souveraineté alimentaire
Ouagadougou, 17 octobre 2026 (AIB)-Huit nouvelles variétés de riz, présentant des rendements prometteurs et des cycles de maturation plus courts, ont été développées au Burkina Faso grâce aux travaux conjoints des équipes de recherches de l’Université Joseph KI-ZERBO (UJKZ) et de l’Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles (INERA), conduites par le Pr Imaël Henry Nestor BASSOLE. Cette avancée scientifique a bénéficié de l’appui technique et financier de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans le cadre de l’initiative Atoms4Food, notamment à travers le projet RAF 5092.
Cette innovation intervient dans un contexte où le renforcement de la production nationale de riz constitue un enjeu majeur de souveraineté alimentaire. Le 29 avril 2026, le gouvernement burkinabè a suspendu temporairement les importations de riz sur l’ensemble du territoire afin de favoriser l’écoulement de la production locale. Cette décision faisait suite à une hausse de près de 49 % de la production nationale en 2025, portée notamment par l’Offensive agropastorale, qui a accentué les difficultés de commercialisation rencontrées par certains producteurs et transformateurs.
Selon les données publiées par l’AIEA, les nouvelles variétés présentent des rendements annoncés de 9 à 11 tonnes à l’hectare et des cycles de maturation de 95 à 106 jours, contre 4 à 6 tonnes à l’hectare pour les variétés de référence déjà inscrites au catalogue national. Ces performances offrent des perspectives d’amélioration de la productivité rizicole, sous réserve de leur confirmation dans les différentes conditions de production.
La science nucléaire au service de l’amélioration variétale
Les travaux reposent sur la sélection par mutation induite, une technique qui utilise les rayonnements pour provoquer des variations génétiques, ensuite évaluées et sélectionnées par les chercheurs en fonction des caractères recherchés. Cette méthode ne rend pas le riz radioactif : elle permet d’élargir la diversité génétique disponible pour créer des variétés présentant des caractéristiques agronomiques et alimentaires intéressantes.
Au-delà des rendements, les chercheurs ont pris en compte les préférences des consommateurs. Les huit variétés présentent notamment des grains de grande taille, une teneur élevée en amidon résistant pour certaines, ainsi qu’un riz de type gluant. En juin 2025, huit des onze lignées mutantes avancées évaluées ont été inscrites au Catalogue national des espèces et variétés végétales du Burkina Faso.
De la recherche à la production
Grâce à l’appui de l’initiative Atoms4Food, les capacités scientifiques nationales ont été renforcées et des parcelles de démonstration ont été aménagées dans les plaines rizicoles de Bama et de Banzon. Dans cette dernière localité, une variété a atteint un rendement de 11,76 tonnes à l’hectare, selon les informations publiées par l’AIEA.
Le principal défi consiste désormais à développer la production de semences certifiées, à faciliter leur accès aux riziculteurs et à accompagner la diffusion des nouvelles variétés dans les zones de production. Leur adoption devra s’appuyer sur un encadrement technique adapté et une évaluation de leurs performances selon les conditions agroécologiques.
Cette réalisation illustre la contribution de la recherche burkinabè et de la coopération scientifique internationale à la transformation de l’agriculture. En associant expertise nationale et techniques nucléaires, l’UJKZ et l’INERA ouvrent de nouvelles perspectives pour accroître la production rizicole, améliorer les revenus des producteurs et réduire durablement la dépendance du Burkina Faso aux importations de riz.
Une contribution de Dr Adama OUEDRAOGO

