France : la mobilisation contre la vie chère émaillée de violences à Paris, Lyon et Marseille
Ouagadougou, 17 oct. 2026 (AIB)-La journée nationale de mobilisation contre la vie chère, organisée samedi en France, a été marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans plusieurs grandes villes, notamment Paris, Lyon et Marseille.
À Paris, les deux cortèges des organisations étudiantes et syndicales, qui devaient s’élancer de la place de la République à 14 heures, n’ont pas pu partir en raison de troubles survenus avant le départ, rapporte TASS.
Des groupes de manifestants vêtus de noir, certains portant des gilets jaunes, ont lancé des pierres et des fumigènes sur les forces de l’ordre.
Celles-ci ont riposté par des grenades lacrymogènes et assourdissantes, puis ont fait usage d’un canon à eau après près de deux heures d’affrontements.
Dès le matin, le siège de la chaîne CNews, qui abrite également la rédaction d’Europe 1, avait été pris pour cible.
Une centaine de manifestants ont lancé des projectiles et brisé des vitres avant d’être rapidement dispersés.
Au moins 21 personnes ont été interpellées à la suite de cette action.
À Lyon, une antenne de l’office de tourisme située place Bellecour a été saccagée puis incendiée, et plusieurs commerces voisins ont subi des dégradations.
Plusieurs milliers de manifestants étaient réunis sur la place, alors que le rassemblement n’avait pas été autorisé par la préfecture.
Selon la préfecture du Rhône, des individus hostiles empêchaient les sapeurs-pompiers d’intervenir en sécurité.
Elle a précisé : « Les forces de l’ordre engagent des manœuvres pour disperser les groupes violents ».
Les secours n’ont pu accéder au sinistre que peu après 15 heures. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a condamné ces violences : « Nos bâtiments publics sont des biens communs ».
À Marseille, une dizaine de manifestants ont pénétré dans l’hôtel de ville après en avoir enfoncé la porte.
Ils ont tagué des murs et brisé le buste de Marianne placé à l’entrée, selon le quotidien La Provence cité par TASS. Sur la Canebière, des magasins ont été vandalisés et le poste de police municipale a été dégradé, selon l’entourage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
La mobilisation s’est étendue à de nombreuses autres villes. À Montpellier, la préfecture a évalué le cortège entre 12 000 et 17 000 personnes, dont des manifestants cagoulés munis de mortiers d’artifice.
À Rennes, 17 interpellations ont eu lieu après des blocages et des heurts aux entrées de la ville, tandis que 2 000 personnes défilaient à Saint-Nazaire.
Près de 4 000 personnes se sont rassemblées à Angoulême, et une portion de l’autoroute A10 a été envahie près de Tours.
À la mi-journée, les autorités recensaient 140 actions réunissant 32 800 personnes en province.
L’État tablait sur 150 000 manifestants hors de Paris et sur 20 000 à 40 000 dans la capitale, et une cellule de crise interministérielle a été ouverte dès le matin.
Né sur les réseaux sociaux pour dénoncer la hausse des prix des carburants, puis plus largement la vie chère, le mouvement s’est cristallisé avec les manifestations lycéennes.
Depuis le 17 septembre, de nombreux lycéens bloquent leurs établissements, et le 6 octobre, plus de 256 000 personnes avaient manifesté à travers le pays. La journée de samedi a réuni d’anciens gilets jaunes, des lycéens, des étudiants, des syndicats, des agriculteurs ainsi que des chauffeurs de taxi et de VTC.
Le député communiste Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle, a appelé à poursuivre la lutte : « si on ne se mobilise pas, le gouvernement ne bougera pas ».
Agence d’information du Burkina

