BURKINA/RÉSILIENCE CLIMATIQUE : Des ambassadeurs sollicités pour promouvoir le biodigesteur comme levier du développement rural
Ouagadougou, 16 oct. 2026 (AIB)-L’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB.AOC) a organisé, vendredi à Ouagadougou, une rencontre de haut niveau avec des ambassadeurs accrédités au Burkina Faso. Elle vise à obtenir leur implication dans la promotion du biodigesteur dans les pays membres de l’Alliance et à encourager son intégration dans les politiques de coopération énergétique, agricole et climatique, pour un développement durable du monde rural.
L’objectif est de mieux faire connaître cette technologie auprès des représentants diplomatiques, afin qu’ils contribuent à sa vulgarisation dans leurs pays respectifs et à travers les partenariats qu’ils accompagnent.
La ministre déléguée chargée de la Coopération régionale, Stella Eldine Kabré/Kaboré, a salué une initiative qui s’inscrit, selon elle, dans la dynamique de coopération sous-régionale, régionale et africaine, fondée sur la solidarité, le partage d’expériences et la recherche de solutions communes.
Elle a indiqué que le biodigesteur est un outil de reconstruction et de développement local, notamment dans les zones touchées par l’insécurité, et a souligné la nécessité d’en accélérer le passage à l’échelle.
« Il faut vraiment travailler à vulgariser cette technologie qui a beaucoup d’avantages, tant sur le plan climatique que sur le plan énergétique », a-t-elle déclaré, appelant les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à accompagner cette dynamique.
Le biodigesteur permet de produire du biogaz à partir de matières organiques. Ce combustible peut servir à la cuisson et, selon les installations, à la production d’électricité. Son utilisation contribue aussi à réduire la pression sur les ressources forestières liée à la collecte du bois de chauffe et à l’usage du charbon. Le dispositif produit en outre des fertilisants organiques qui améliorent la fertilité des sols et soutiennent les activités agricoles.
Pour la ministre déléguée, cette technologie peut alléger la charge des femmes et des jeunes filles qui parcourent de longues distances pour collecter du bois de chauffe. Elle a également évoqué l’enjeu sanitaire que représente, pour les ménages, la réduction de l’exposition à la fumée issue de la combustion du bois.
Elle a précisé que le Burkina Faso, qui compte un parc d’environ 17 000 biodigesteurs, subventionne leur installation.
Le président du conseil d’administration de l’AB.AOC, Malik Gaye, a rappelé que l’Alliance regroupe huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre autour de la promotion de cette technologie, notamment en faveur des populations rurales. Son siège exécutif est installé au Burkina Faso, un choix qu’il a justifié par l’expérience du pays dans le développement des biodigesteurs.
M. Gaye a également présenté les efforts de coopération engagés pour renforcer la filière. Il a notamment cité le programme ABC, mené avec l’appui des Pays-Bas au bénéfice du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Bénin, ainsi que des actions de formation associant des acteurs publics et privés de plusieurs pays.
Selon lui, la rencontre avec les ambassadeurs doit permettre de renforcer les échanges d’expériences et de faciliter la mobilisation de nouveaux partenariats. Une déclaration commune et une feuille de route sont envisagées pour préciser les engagements des diplomates en faveur de la promotion du biodigesteur.
Agence d’information du Burkina
YOS/ata

