AES-CEDEAO : les ministres des Affaires étrangères de l’AES harmonisent leur approche avant le dialogue à Dakar

AES-CEDEAO : les ministres des Affaires étrangères de l’AES harmonisent leur approche avant le dialogue à Dakar

Ouagadougou, 16 oct. 2026 (AIB)- Les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont réunis les 14 et 15 octobre 2026 à Ouagadougou pour finaliser les instruments de travail et harmoniser l’approche confédérale de l’Alliance des États du Sahel (AES), en prélude au dialogue avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, cette rencontre préparatoire vise à définir un cadre de discussion entre les deux organisations, dans le souci de préserver les intérêts des populations de l’espace ouest-africain.

Il a expliqué que les experts des trois pays ont travaillé pendant deux jours afin de proposer un ordre du jour et des instruments devant orienter les échanges avec la CEDEAO.

« Nos experts ont travaillé deux jours durant pour nous proposer un ordre du jour et des instruments qui vont nous orienter durant ce dialogue. Il nous revient donc de les affiner », a-t-il indiqué.

Pour le chef de la diplomatie burkinabè, cette démarche marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux organisations régionales, désormais considérées comme des entités distinctes au sein de l’espace ouest-africain.

Il a précisé que le processus engagé ne traduit pas une volonté de retour de l’AES au sein de la CEDEAO, contrairement à certaines informations relayées dans la presse.

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a, pour sa part, souligné que la diplomatie constitue l’un des piliers de la Confédération et doit permettre aux trois pays de porter une position commune dans les discussions.

Il a indiqué que les échanges avec la CEDEAO se déroulent dans un esprit d’ouverture, de responsabilité et de construction, tout en tenant compte des liens géographiques, historiques et humains entre les peuples de la région.

« Ces discussions avec la CEDEAO doivent, plus que jamais, s’inscrire dans le cadre d’une discussion d’entité à entité, entre l’AES et la CEDEAO », a-t-il affirmé.

M. Diop a expliqué que les négociations doivent aboutir à un cadre juridique permettant d’organiser les relations entre les deux organisations, dans le respect des choix des dirigeants et des populations des pays membres de l’AES.

Il a ajouté que les trois États entendent défendre leur choix confédéral tout en recherchant un arrangement qui prenne en compte les réalités géographiques et les intérêts des populations de la région.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, a également présenté la réunion de Ouagadougou comme une étape importante du processus de négociation avec la CEDEAO.

Il a réaffirmé l’attachement du Burkina Faso, du Mali et du Niger à leur Confédération et au projet porté par leurs chefs d’État.

« Nous partons à Dakar sereins, convaincus que la Confédération n’est contre personne. Elle n’est bâtie contre personne. La Confédération a été bâtie pour défendre les intérêts de nos populations, pas plus », a-t-il déclaré.

Pour le chef de la diplomatie nigérienne, la démarche de l’AES répond à la volonté des trois pays de suivre une voie commune pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés.

La réunion de Ouagadougou constitue ainsi une étape préparatoire aux discussions prévues à Dakar, où les représentants des deux organisations devront poursuivre les échanges en vue de formaliser leurs relations.

L’objectif affiché par les ministres de l’AES est de parvenir à un cadre de coopération entre les deux entités, tout en préservant les orientations politiques et les intérêts des populations des trois États membres.

Agence d’information du Burkina
DNK/yos

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