Burkina : «Il n’y a pas d’industrialisation sans le froid», selon l’expert Madi Sakandé
Ouagadougou, 15 oct. 2026 (AIB)-L’expert en froid et climatisation Madi Sakandé a affirmé que, sans la maîtrise de la chaîne du froid, il ne saurait y avoir ni industrialisation ni développement dans un pays où l’agriculture et l’élevage occupent près de 80 % de la population. Il s’exprimait récemment lors d’une formation sur la gestion et la réduction de la consommation d’énergie des appareils de froid, organisée au profit du personnel de l’Agence d’information du Burkina (AIB).
Pour l’expert en froid Madi Sakandé, le Burkina Faso doit acquérir une maîtrise complète de la chaîne du froid et de la climatisation afin, par exemple, de conserver ses productions agro-sylvo-pastorales sur plusieurs années et de mieux faire face aux périodes difficiles. C’est, selon lui, un préalable à tout projet d’industrialisation à grande échelle.
Poursuivant ses sessions de partage de connaissances et d’expérience, le formateur a expliqué qu’une consommation d’énergie maîtrisée commence dès l’achat. Il a invité les participants à ne pas s’arrêter au prix d’un appareil, mais à considérer sa consommation énergétique sur toute sa durée de vie.
Défenseur de l’efficacité énergétique, il milite par ailleurs pour l’interdiction des climatiseurs dépourvus de la technologie Inverter, qu’il juge responsables de l’aggravation du déficit énergétique en Afrique.
Il a également passé en revue les mauvaises pratiques à bannir pour une consommation responsable. « Ne pas mettre le climatiseur en deçà de 24 degrés », a-t-il recommandé.
Selon le camarade Sakandé, le froid n’est pas un luxe pour l’être humain, mais une nécessité. Il plaide pour des équipements adaptés au climat local et recommande de consulter un spécialiste avant toute installation de climatiseur.
Il préconise en outre d’associer l’Ordre des architectes, afin que le froid soit pris en compte dès la conception des bâtiments.
Le formateur s’est appesanti sur le cas des marchés et yaars, où, selon lui, les règles élémentaires d’hygiène ne sont pas respectées.
« Il n’y a aucune chambre froide dans nos yaars. Il en faudrait au minimum quatre : une pour les fruits, une pour les légumes, une pour la viande et une pour le poisson. C’est une question de santé publique », a-t-il déclaré.
Il s’est surtout indigné de voir des bouchers transporter des carcasses à l’air libre, sur plusieurs kilomètres et dans la poussière.
Madi Sakandé préside l’Union des associations africaines des acteurs de la réfrigération et de la climatisation (U-3ARC). Il totalise vingt-cinq ans d’expérience dans le secteur, acquise notamment en Italie, où il a fondé l’entreprise New Cold System.
Formateur et certificateur pour l’institut italien Centro Studi Galileo, il a ouvert en 2026 à Ouagadougou, en partenariat avec cet institut, un centre de formation aux métiers du froid de standard européen.
L’expert multiplie depuis lors les sessions de formation dans le pays. À travers sa structure New Cold Akademy, il a notamment offert en août 2026 une formation de deux mois en froid et climatisation à vingt Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Cette formation est habituellement payante, à 75 000 FCFA. Il a aussi annoncé que dix places gratuites seraient réservées aux VDP à chaque nouvelle session.
Agence d’information du Burkina
WS/ata

