Période poussiéreuse : Les conseils de Dr Adama Ouédraogo parle pour prendre soin des installations photovoltaïques
Ouagadougou, 14 octobre 2026 (AIB)-Avec la fin progressive de la saison des pluies, les installations photovoltaïques (PV) au Burkina Faso doivent faire face à un risque croissant : l’accumulation de poussière sur les panneaux solaires. Ce phénomène, favorisé par l’assèchement des sols, les vents et les dépôts de sédiments laissés par les ruissellements dans les zones de stagnation d’eau, peut réduire sensiblement la production d’électricité solaire.
Les eaux de ruissellement transportent des particules fines qui se déposent dans les bas-fonds, les caniveaux, les abords des barrages et les dépressions du terrain. Après l’évaporation de l’eau, ces sédiments deviennent des sources potentielles de poussière, facilement remobilisée par le vent et le passage des véhicules. Cette transition entre hivernage et saison sèche constitue ainsi une période de vigilance pour les exploitants de centrales solaires, les entreprises, les ménages et les gestionnaires d’équipements publics.
Une étude scientifique menée au Burkina Faso par des chercheurs du Laboratoire d’énergies thermiques et renouvelables de l’Université Joseph KI-ZERBO, publiée en 2025 dans la revue Results in Optics, met en évidence les effets de la poussière sur les performances des modules photovoltaïques en climat soudano-sahélien.
Les analyses réalisées à Yagma, au nord de Ouagadougou, révèlent des particules de type limon argileux, dont la taille se situe entre 2 et 20 micromètres, ainsi qu’un taux moyen de dépôt mesuré de 39,683 grammes par mètre carré et par jour dans les conditions expérimentales étudiées.
La poussière forme un écran partiel qui limite le rayonnement solaire atteignant les cellules. Elle entraîne ainsi une baisse du courant électrique et de la puissance disponible. Dans l’expérience rapportée, la puissance maximale du module a diminué d’environ 4,1 % en six jours, malgré une augmentation de l’irradiance solaire. Ces résultats illustrent l’importance de l’encrassement, sans constituer une valeur applicable systématiquement à toutes les installations.
Face à ce risque, plusieurs précautions sont recommandées. Il convient d’inspecter régulièrement les panneaux, particulièrement après les premiers épisodes de poussière, et de surveiller l’évolution de la production électrique afin de repérer une baisse inhabituelle. Le nettoyage doit être adapté au niveau d’encrassement et aux conditions locales : un soufflage à air propre peut convenir aux dépôts secs et peu adhérents, tandis qu’un nettoyage à l’eau peut être nécessaire lorsque les particules sont collées. L’alternance de ces méthodes, lorsque les équipements et les consignes du fabricant le permettent, peut limiter la consommation d’eau et les coûts d’entretien.
Les opérations de nettoyage doivent être réalisées en respectant les prescriptions du fabricant, avec des outils non abrasifs et sans produits susceptibles d’endommager les surfaces. Il faut éviter de marcher sur les modules, de les nettoyer lorsqu’ils sont très chauds ou d’intervenir sur des parties électriques sans personnel qualifié. La pluie ne garantit pas toujours un nettoyage complet : les particules fines mélangées à l’humidité peuvent adhérer davantage au verre.
Au-delà du nettoyage, une maintenance préventive tenant compte des vents dominants, de la proximité des routes non revêtues et des zones de dépôt de sédiments permet d’anticiper les épisodes d’encrassement. L’enjeu est de préserver durablement le rendement des installations photovoltaïques tout en maîtrisant les dépenses d’entretien et l’utilisation de l’eau, une ressource particulièrement précieuse au Burkina Faso.
Référence scientifique mobilisée : Ouédraogo, A. et al. (2025), Analyses of the dust influence on individual efficiencies of the silicon PV module in Sudano-Sahelian conditions, Results in Optics, 21, 100906. DOI : 10.1016/j.rio.2025.100906.
Note éditoriale : le taux de dépôt et la baisse de puissance cités proviennent de mesures expérimentales spécifiques. Ils sont présentés comme des résultats scientifiques localisés, et non comme des valeurs générales pour l’ensemble du Burkina Faso.
#AIB

