Burkina/Colloque international: Dr Paul Oulon établit un rapprochement entre l’AES et l’idéal des États-Unis d’Afrique de Cheikh Anta Diop

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Burkina/Colloque international: Dr Paul Oulon établit un rapprochement entre l’AES et l’idéal des États-Unis d’Afrique de Cheikh Anta Diop

Ouagadougou, 14 oct. 2026(AIB)-L’enseignant à l’Université Kurukanfuga de Bamako, Dr Ambogou Paul Oula a présenté mercredi à Ouagadougou l’Alliance des États du Sahel (AES) comme une expérience régionale susceptible de contribuer à la réalisation de l’idéal des États-Unis d’Afrique défendu par l’intellectuel sénégalais Cheikh Anta Diop, lors d’un colloque international consacré à la souveraineté, à l’héritage culturel et à la vision de ce penseur panafricaniste.

Intervenant sur thème « L’AES : une incarnation contemporaine de la doctrine des États-Unis d’Afrique de Cheikh Anta Diop », Dr Ambogou Paul Oula a relevé des convergences entre la vision de Cheikh Anta Diop sur l’unité politique, économique et culturelle du continent africain et le projet de l’organisation sahélienne.

Selon lui, la souveraineté réelle de l’Afrique passe par une intégration plus poussée des États africains. Il a rappelé que la doctrine de Cheikh Anta Diop repose sur quatre piliers, notamment l’unité africaine, les fondements économiques et culturels, la solidarité entre les peuples et l’autonomie stratégique.

Le conférencier a souligné que l’AES, composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, place la souveraineté collective au cœur de son projet.

Cette orientation se traduit, selon lui, par la volonté de défendre les intérêts des populations sahéliennes, de renforcer la coopération sécuritaire et de développer des initiatives communes dans les domaines économique et culturel.

Sur le plan sécuritaire, Dr Oulon a établi un parallèle entre l’ambition de Cheikh Anta Diop de doter l’Afrique d’une capacité militaire autonome et la mise en place de la force unifiée de l’AES.

Il a cité la coordination diplomatique entre les trois pays comme un autre point de convergence. Sur la scène internationale, les États membres défendent des positions convergentes sur les questions liées à leur souveraineté, a-t-il souligné.

Sur le plan économique, le conférencier a rappelé que Cheikh Anta Diop préconisait une économie africaine endogène, fondée sur les ressources propres du continent et moins dépendante de l’extérieur. Il a rapproché cette vision des initiatives de l’AES visant à promouvoir un développement souverain, à travers la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).

Dr Oulon a aussi évoqué la déclaration de Niamey du 6 juillet 2024, qui traduit, selon son analyse, la volonté des dirigeants de l’AES de promouvoir une politique économique et sociale endogène fondée sur les ressources propres des États membres.

La valorisation des civilisations africaines constitue un autre axe de rapprochement entre les deux visions. Le conférencier a cité la création de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina) et les initiatives culturelles dans les trois pays membres pour illustrer cette orientation.

Pour Dr Oulon, la création d’une monnaie commune demeure une étape importante pour approfondir l’intégration et rapprocher davantage l’AES de l’idéal fédéral de Cheikh Anta Diop.

Il a toutefois estimé que la réalisation de cette ambition dépend notamment de la lutte contre l’insécurité, considérée comme l’une des principales motivations de la création de l’organisation. L’amélioration de la situation sécuritaire contribuerait, selon lui, à consolider la confédération et à renforcer sa crédibilité.

Le conférencier a également préconisé la mobilisation des universitaires, des chercheurs et des intellectuels, ainsi que le renforcement d’une identité commune entre les populations des trois pays.

Évoquant les réserves initialement exprimées par certains acteurs, notamment au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il a souligné que le maintien de la mobilité des personnes et des biens dans l’espace AES témoigne de la poursuite de la dynamique d’intégration.

Pour Dr Oulon, la consolidation des acquis sécuritaires, économiques et institutionnels pourrait faire de l’AES un laboratoire d’évolution vers une fédération, conformément à l’idéal panafricaniste de Cheikh Anta Diop.

Ce colloque international se tient du 14 au 15 octobre 2026 à Ouagadougou sous le thème : « Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop ».

Agence d’information du Burkina
BAK/ata

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