Burkina/RNA : le GAGF et Media’Vert plaident pour l’adoption d’un texte réglementaire
Ouagadougou, 8 oct. 2026 (AIB)-Le Groupe d’action sur la gouvernance forestière (GAGF) et l’association Media’Vert mènent un plaidoyer auprès des autorités burkinabè pour l’adoption d’un texte réglementaire encadrant la pratique de la régénération naturelle assistée (RNA), afin de contribuer à la restauration des terres et à l’amélioration de la productivité agricole.
« Nous sollicitons auprès des décideurs un arrêté qui permettra à tous les acteurs de travailler suivant les normes et les textes arrêtés par l’autorité », a expliqué le modérateur du GAGF, Sidnoman Issaka Kaboré, lors d’une rencontre le 8 octobre 2026 à Ouagadougou, consacrée au bilan des activités de plaidoyer menées depuis plusieurs mois.
Selon lui, l’adoption de ce texte devrait favoriser une meilleure collaboration entre agriculteurs, éleveurs et acteurs du secteur forestier, tout en renforçant la protection de l’environnement.
Le projet de plaidoyer, conduit par un groupement réunissant le GAGF et Media’Vert, vise l’adoption, en 2026 ou au début de 2027, d’un arrêté ou d’un décret sur la RNA au Burkina Faso.
Le texte devrait notamment définir la RNA en fonction des différents écosystèmes, préciser le régime applicable aux arbres issus de cette pratique, en matière de propriété comme de fiscalité, et fixer un protocole technique pour sa mise en œuvre.
Il devrait également impliquer les services techniques déconcentrés dans la vulgarisation et le suivi de ce protocole, et associer les collectivités territoriales à la prise en compte de la RNA dans leurs documents de planification.
Pour atteindre cet objectif, le groupement prévoit des rencontres avec les décideurs, des consultations des acteurs de terrain, l’élaboration et la maturation des messages de plaidoyer, ainsi que la préparation du projet de texte en concertation avec les services compétents du ministère en charge de l’Agriculture. Des actions de sensibilisation, des sorties de terrain auprès des producteurs et des activités médiatiques sont également envisagées.
Pour le modérateur du GAGF, cette démarche répond aux préoccupations exprimées à la base par les producteurs et les collectivités.
« C’est un travail qui va amener effectivement à faire en sorte que les gens travaillent ensemble, qu’il y ait beaucoup plus de productivité et beaucoup d’avantages au niveau du monde rural », a-t-il souligné.
Selon une étude du centre de recherche CIFOR-ICRAF citée par les promoteurs du plaidoyer, la RNA peut améliorer la fertilité des sols et les rendements agricoles. Dans le sud du Niger, sur cinq millions d’hectares, les rendements auraient ainsi augmenté de 15 à 30 % selon les espèces d’arbres, les localités et les cultures.
« Nous sommes dans la dynamique de l’Offensive agropastorale et halieutique », a relevé Sidnoman Issaka Kaboré, estimant que l’encadrement réglementaire de la RNA pourrait contribuer aux efforts de l’État en faveur d’une agriculture plus productive et d’une meilleure protection des terres.
Créé en 2008, le GAGF œuvre dans la gouvernance des ressources naturelles, notamment la gouvernance forestière, la biodiversité et la gestion des ressources agro-sylvo-pastorales. Media’Vert, association de journalistes et de communicateurs pour la protection de l’environnement, mène également des actions de plaidoyer en faveur de la préservation des ressources naturelles.
Agence d’information du Burkina
GP/ata

