Burkina/Soutenance: Gérard Yves Sanou décroche son Doctorat en chimie avec des charbons actifs issus de Typha australis pour éliminer les antibiotiques des eaux usées

BURKINA-UJKZ-SOUTENANCE-THÈSE-CHIMIE-GERARD-YVES-SANOU

Burkina/Soutenance: Gérard Yves Sanou décroche son Doctorat en chimie avec des charbons actifs issus de Typha australis pour éliminer les antibiotiques des eaux usées

Ouagadougou, 10 oct. 2026 (AIB)- Gérard Yves Sanou a obtenu, le jeudi 8 octobre 2026, à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), son Doctorat en Chimie, spécialité Génie des procédés- Eau et Environnement, avec la mention « Très honorable », en détectant cinq antibiotiques (l’amoxicilline, la ceftriaxone sodium, la ciprofloxacine, l’érythromycine et la gentamicine) dans les eaux usées de la ville de Ouagadougou et en démontrant l’efficacité du charbon actif préparé à partir du Typha Australis (plante envahissante) pour les éliminer.

Sa thèse s’intitule « Caractérisation et élimination des résidus pharmaceutiques dans les eaux usées de la ville de Ouagadougou par adsorption sur charbons actifs ».

Selon Gérard Yves Sanou, les antibiotiques figurent parmi les médicaments les plus consommés, mais une fois rejetés dans l’eau, ils deviennent un danger pour l’environnement et aussi pour les êtres vivants.

Le chercheur a relevé deux risques majeurs lorsque ces résidus se retrouvent dans l’environnement. Le premier est la toxicité pour les organismes aquatiques et pour les humains, exposés par l’eau qu’ils consomment. Le second est la possibilité d’apparition de résistance chez des bactéries pathogènes.

Face à ce problème, Gérard Yves Sanou s’est fixé un double objectif, identifier ces résidus présents dans les eaux usées de la capitale burkinabè, puis mettre en place un procédé pour les éliminer.

Il a d’abord cherché à savoir ce que contenaient ces eaux. Pour cela, il a déterminé les quantités d’antibiotiques par la méthode de fluorescence. Il a utilisé des réactions chimiques de condensation et de complexation pour rendre chaque molécule fluorescente, avec des réactifs adaptés à chacune.

L’impétrant a indiqué que cette méthode de fluorescence s’est montrée sensible. Dans les eaux usées du réseau d’égouts et de la station d’épuration (STEP) de la ville, il a relevé des concentrations moyennes de 14,3 mg/L pour l’amoxicilline, 14,5 mg/L pour la ceftriaxone sodium, 0,9 mg/L pour la ciprofloxacine, 51,4 mg/L pour l’érythromycine et 1,2 mg/L pour la gentamicine.

Il s’est ensuite tourné vers la solution. À partir de la plante aquatique Typha Australis, il a préparé quatre charbons qui ont été activés avec de l’acide phosphorique, baptisés TA-450, TA-500, TA-550 et TA-600.

Il a déterminé leurs indices d’iode et de bleu de méthylène, ainsi que le pHpzc du TA-600, qui est de 6,3. La spectroscopie infrarouge a révélé plusieurs groupes fonctionnels à leur surface.

Il restait à vérifier si ces charbons actifs adsorbaient bien les antibiotiques. Gérard Yves Sanou a testé la capacité de ces charbons à fixer les cinq antibiotiques en mode compétitive et non compétitive.

Ces essais lui ont permis d’étudier la vitesse et les mécanismes d’adsorption, à l’aide de plusieurs modèles, à savoir le pseudo premier-ordre, le pseudo second-ordre et la diffusion intramoléculaire pour les cinétiques, puis ceux de Langmuir, de Freundlich et de Temkin pour les isothermes.

Au final, le TA-600 ressort comme le charbon le plus performant. Pour l’impétrant, le modèle du pseudo second-ordre et celui de Langmuir décrivent le mieux l’adsorption des antibiotiques en mode compétitive et non compétitive. Il a retenu la chimisorption comme mécanisme principal.

Ces résultats dressent un état des lieux de la présence d’antibiotiques dans les eaux usées de Ouagadougou et ouvrent une piste de dépollution fondée sur une plante aquatique envahissante, le Typha Australis.

L’utilisation de cette biomasse pour la dépollution des eaux usées représente une double opportunité, selon M. Sanou. D’une part, cette valorisation permet de limiter sa prolifération dans les écosystèmes aquatiques, contribuant ainsi au rétablissement de l’équilibre écologique et à la préservation de la biodiversité.

D’autre part, elle offre une solution durable et économiquement avantageuse pour l’élimination des polluants émergents.

Une partie de ces travaux, consacrée à l’élimination de la ceftriaxone sodium, a fait l’objet d’un article scientifique publié en 2026 dans la revue internationale Water Environment Research.

Le jury de cette soutenance était composé du Pr Samuel Paré (Président), du Dr Inoussa Zongo (Rapporteur), du Pr Ibrahim Tchakala (Rapporteur), du Dr Yacouba Sanou (Examinateur), ainsi que du Pr Abdoulaye Djandé (Co-directeur de thèse) et du Pr Arsène H. Yonli (Directeur de thèse).

À l’issue de la délibération, les membres du jury ont salué la qualité des résultats présentés. Ils ont aussi jugé satisfaisantes les réponses aux questions posées, avant de déclarer la thèse recevable en décernant à Gérard Yves Sanou le grade de Docteur de l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.

Le nouveau Docteur a indiqué envisager plusieurs prolongements à ses travaux. Il prévoit d’analyser la surface spécifique et la porosité du TA-600 par adsorption d’azote (N₂).

Il compte aussi étudier la capacité de ce charbon à éliminer la demande chimique en oxygène (DCO), la demande biochimique en oxygène (DBO₅), l’azote et le potassium, puis à retirer les métaux lourds présents dans les eaux usées du réseau. M. Sanou souhaite enfin tester le TA-600 sur les nano et microplastiques ainsi que sur les perturbateurs endocriniens.

Agence d’information du Burkina
BAK/no

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires