Houet : un litige foncier autour d’un cimetière crée des tensions à Bobo-Dioulasso, le PDS privilégie le dialogue
Bobo-Dioulasso, 7 oct. 2026 (AIB)-Un différend foncier autour d’un cimetière a provoqué, le mardi 15 septembre 2026, des tensions dans le village-quartier Dogona, dans l’arrondissement 3 de Bobo-Dioulasso. Le litige qui oppose la famille Konaté aux autorités coutumières et aux habitants du village a été relancé par l’exécution d’une décision de justice ayant entraîné la démolition d’une partie de la clôture du cimetière.
Constat !
Dans la matinée du mardi 15 septembre 2026 dans le village-quartier Dogona, l’atmosphère était tendue, les habitants fortement mobilisés. Des groupes de jeunes mécontents étaient visibles dans plusieurs artères du village tandis que des femmes s’étaient regroupées aux abords du cimetière.
Cette grogne des populations trouve son origine dans l’exécution ce jour-là d’une décision de justice par un huissier, nous apprend le président de la délégation spéciale (PDS) de Bobo-Dioulasso, Laurent Kontogom. Selon l’autorité communale, les tensions ont entrainé un décès dans des circonstances qui restaient encore à élucider au moment de notre passage.
La décision de justice autorisait la destruction d’un cimetière qui, selon Alassane Konaté, est situé sur un terrain appartenant à sa famille depuis plusieurs générations.
Pour le chef du village de Dogona, Sa Majesté Fidèle Sanou, entouré de ses notables, le terrain concerné constitue un espace funéraire communautaire sur lequel ils continuent de faire des inhumations. « Aujourd’hui encore, des familles continuent de l’utiliser pour leurs défunts », a soutenu le notable Bakari Sanou.
S’exprimant au nom de la famille Konaté, Alassane Konaté a affirmé que sa famille a entrepris plusieurs démarches depuis des années auprès des autorités administratives et judiciaires afin de mettre fin aux inhumations sur le site. « Nous avons demandé l’arrêt des enterrements et saisi les autorités compétentes. Malgré cela, de nouvelles tombes ont continué à être réalisées », a-t-il déclaré.
Le notable Bakari Sanou a reconnu que le différend foncier remonte à plusieurs années et ne se limite pas à la question du cimetière. Il a expliqué que la clôture du site avait été réalisée à l’initiative des autorités coutumières et des habitants sous l’impulsion du chef de village afin de préserver l’espace destiné aux inhumations. Il a expliqué que la destruction de la clôture du cimetière a contribué à alimenter le mécontentement observé au sein d’une partie de la population.
Alassane Konaté, de son côté, brandit la loi dans la destruction du mur de clôture. Il a affirmé que sa famille agit dans le cadre d’une décision de justice obtenue à l’issue de la procédure engagée. « Nous avons ensuite sollicité un huissier pour l’exécution de cette décision et entrepris des démarches d’information à l’endroit des populations concernées », a-t-il ajouté.
Le notable Bakari Sanou a déclaré que plusieurs démarches avaient été entreprises auprès des autorités administratives avant que l’affaire ne soit portée devant les juridictions compétentes. Selon lui, les responsables coutumiers ont par la suite entrepris de nouvelles démarches auprès de la justice après avoir pris connaissance de la décision rendue dans le dossier. « Au Burkina Faso, nous recherchons tous la paix. Toute personne qui peut contribuer au retour du calme et de la cohésion sociale doit le faire », a-t-il déclaré.
Le PDS de Bobo-Dioulasso, Laurent Kontogom, a indiqué que « des démarches sont en cours avec les différentes parties afin de ramener le calme et de trouver une issue apaisée à cette situation ». Il a affirmé que les autorités communales privilégient le dialogue afin d’éviter toute escalade et de favoriser un règlement pacifique du différend.
Malgré des positions divergentes sur le statut du terrain et son usage, les différentes parties rencontrées par l’AIB ont exprimé leur volonté d’éviter toute confrontation. Les forces de sécurité demeurent mobilisées autour du site afin de prévenir tout incident et de maintenir l’ordre public.
Agence d’information du Burkina
AB/wis

