Burkina/Diplomatie: quatre ans de rupture et de construction de la Confédération de l’AES

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Burkina/Diplomatie: quatre ans de rupture et de construction de la Confédération de l’AES

Ouagadougou, 28 sept. 2026 (AIB)- Quatre ans après l’arrivée du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, le 30 septembre 2022, la diplomatie burkinabè s’est recentrée sur la souveraineté nationale, marquée par des ruptures avec certains partenaires occidentaux, la sortie de la CEDEAO, la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), puis la transformation de cette alliance en Confédération, avec la mise en place progressive d’institutions et d’instruments communs.

Le recentrage diplomatique engagé depuis septembre 2022 s’est d’abord traduit par une révision des relations avec certains partenaires occidentaux. Le Burkina Faso a demandé, dès 2023, le départ des forces spéciales françaises présentes sur son territoire et a dénoncé plusieurs accords de coopération avec Paris.

Cette évolution s’est poursuivie avec le rappel de l’ambassadeur du Burkina Faso en France, la suspension de certains médias français et la fin de plusieurs programmes de coopération. Le 26 juin 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la France, dénonçant l’activisme des autorités françaises contre les intérêts du Burkina Faso.

Le Burkina Faso a également repris ses relations diplomatiques avec la Corée du Nord en mars 2023. La coopération avec la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Égypte et la Chine s’est, elle, renforcée au cours de 2026.

Dans ses relations avec les organisations internationales, le pays a adopté une position similaire lorsqu’il a déclaré persona non grata, le 18 août 2025, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations unies au Burkina Faso, Carol Flore-Smereczniak. Elle était accusée d’avoir coprésidé un rapport infondé sur les enfants et les conflits armés au Burkina Faso. Son prédécesseure, Barbara Manzi, avait subi la même mesure le 23 décembre 2022.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger poursuivent leur rupture avec certaines organisations internationales. Après avoir annoncé leur retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) le 18 mars 2025, les trois pays ont annoncé, le 22 septembre 2025, leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Cette sortie de la CPI deviendra effective le 18 juin 2027 pour le Niger, et le 24 juin 2027 pour le Burkina Faso et le Mali.

Sur le plan sous-régional, cette volonté de réorientation a conduit le Burkina Faso à approfondir son rapprochement avec le Mali et le Niger. Les trois pays ont signé, le 16 septembre 2023, la Charte du Liptako-Gourma, instituant l’Alliance des États du Sahel (AES), avec pour objectif de renforcer leur coopération en matière de défense et de sécurité.

La création de l’AES intervient dans un contexte de tensions entre les trois États et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé leur retrait de l’organisation régionale le 28 janvier 2024. Leur départ est devenu effectif le 29 janvier 2025, après l’expiration du délai prévu par les textes communautaires.

La rupture avec la CEDEAO a ouvert une nouvelle étape dans la construction d’un espace sahélien autonome. Le 6 juillet 2024, lors du premier sommet des chefs d’État de l’AES à Niamey, les dirigeants burkinabè, malien et nigérien ont décidé de transformer leur alliance en Confédération des États du Sahel.

Cette transformation a engagé la mise en place progressive d’institutions et d’instruments communs. Le passeport biométrique de l’AES a été adopté le 29 janvier 2025, tandis que la carte d’identité biométrique confédérale a été lancée le 1er décembre de la même année.

Dans le domaine de la défense, les trois États ont engagé la constitution d’une Force unifiée de l’AES, destinée à coordonner leurs capacités militaires et à renforcer la sécurisation de leur espace commun. L’état-major opérationnel de cette force est installé à Niamey.

La construction confédérale s’est poursuivie dans le domaine financier avec la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES (BCID-AES), dotée d’un capital de 500 milliards de FCFA. Cette institution est destinée au financement des projets structurants dans les trois pays, en particulier dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et l’industrie.

L’intégration s’est étendue au domaine institutionnel avec l’installation, le 24 août 2026 à Niamey, du Parlement confédéral composé de 45 députés issus à parts égales du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Sur le plan symbolique, le drapeau de la Confédération a été lancé le 22 février 2025 à Bamako. L’hymne officiel, « Sahel Benkan » (« l’Entente du Sahel » en bamanankan), adopté en mai 2025, a été exécuté simultanément à Ouagadougou, Bamako et Niamey le 9 juin 2026. La devise commune est : « Un Espace, Un Peuple, Un Destin ».

Les trois pays ont engagé d’autres initiatives communes dans les domaines de la communication, de la culture et des sports. La radio « Daandè Liptako », créée le 26 novembre 2025 à Ouagadougou, diffuse ses programmes vers les trois États, tandis que la télévision « Tafouk TV » a lancé sa grille de programmes le 16 septembre 2026 à Bamako. Une agence de presse confédérale est en projet.

Dans le domaine sportif, les premiers Jeux de l’AES se sont tenus à Bamako en juin 2025. Le Burkina Faso a accueilli la deuxième édition du 1er au 10 septembre 2026, réunissant des jeunes sportifs des trois pays.

La Confédération porte plusieurs projets destinés à approfondir l’intégration, dont la création d’une monnaie commune, d’une compagnie aérienne et d’un chemin de fer confédéraux.

En quatre ans de pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré, la diplomatie burkinabè est ainsi passée d’une révision de ses partenariats traditionnels à la construction, avec le Mali et le Niger, d’un cadre régional propre à travers l’AES, devenue une Confédération dotée progressivement d’instruments communs dans les domaines sécuritaire, institutionnel, financier, culturel et sportif.

Agence d’Information du Burkina
BAK/ata

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