Burkina/CPI : le Président Traoré assume le retrait de l’AES et dénonce un instrument de domination

Burkina/CPI : le Président Traoré assume le retrait de l’AES et dénonce un instrument de domination

Ouagadougou, 27 sept. 2026 (AIB)-Le Président du Faso, Président en exercice de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Capitaine Ibrahim Traoré, a défendu la décision des pays de l’Union de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que l’histoire leur avait finalement donné raison, suite aux départs annoncés de plusieurs pays.

« Nous avons fait un constat, on l’a observé et voilà, on a décidé de quitter », a déclaré le chef de l’État burkinabè, en réponse à une question sur les critiques suscitées par la décision des trois pays de l’AES de quitter la CPI.

Selon le Capitaine Ibrahim Traoré, la CPI constitue « un organe de l’impérialisme » et son action traduit un traitement différencié entre dirigeants africains et occidentaux.

Il a notamment évoqué les guerres en Irak et en Libye, ainsi que la crise postélectorale ivoirienne, pour remettre en cause l’efficacité de la juridiction internationale.

Le Président du Faso a également cité le cas de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, transféré à la CPI en 2011 et acquitté par la juridiction en 2019, avant que son acquittement ne devienne définitif après l’abandon de l’appel du procureur en 2021.

« Dix ans après, on délibère que ce n’est pas lui qui a tué ces 3 000 personnes. (…) Qui sont les coupables ? Qui a tué ces gens ? », s’est-il interrogé.

Pour le Capitaine Traoré, le bilan de la CPI depuis sa création nourrit également le sentiment qu’elle serait principalement tournée vers l’Afrique.

« Depuis que ça existe, combien d’Africains ont été amenés à la CPI et combien de ces Occidentaux ont été jugés ? On ne reste pas dans un instrument de domination », a-t-il affirmé.

Les trois pays de l’AES, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont annoncé en janvier 2024 leur décision de se retirer de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils ont ensuite notifié leur décision de se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, en septembre 2025. Leur retrait de la juridiction internationale est devenu effectif en 2026, conformément aux dispositions du Statut de Rome.

Le Président Traoré a toutefois élargi sa critique à d’autres organisations internationales qu’il considère comme des « institutions de domination ».

« C’est vraiment tout ce qui est institution de domination ou autre. Aujourd’hui, on vous dit la vérité, si vous voulez qu’on quitte, c’est aussi simple que ça. On n’est pas attaché à quelqu’un », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’État, la contestation actuelle de la CPI dans certaines parties du monde pourrait conduire d’autres pays à remettre en cause la pertinence de cette institution.

Agence d’information du Burkina
YOS/ata

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires