Burkina : Un colloque international pour repenser l’analyse du discours à partir de théories africaines

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Burkina : Un colloque international pour repenser l’analyse du discours à partir de théories africaines

 

Ouagadougou, 24 sept. 2026 (AIB)-L’Observatoire de production et d’analyse du discours (OPAD) a procédé, ce jeudi, au lancement de son 2ᵉ Colloque international, sous le thème « Repenser l’analyse du discours à partir des théories et épistémologies africaines : enjeux endogènes, postcoloniaux et scientifiques ». La cérémonie d’ouverture de cette rencontre de trois jours a réuni des personnalités publiques et plusieurs acteurs du monde de la recherche.

Le président du comité scientifique du séminaire, le Pr Sidiki Traoré, a planté le décor à travers une déclaration selon laquelle les connaissances produites sur le continent africain ont été, pendant longtemps, influencées par les visions occidentales. « Il en ressort une image marginale, parcellaire, voire biaisée de l’Afrique, qui développe encore chez nombre de ses ressortissants toutes sortes de complexes négatifs, favorisant leur domination par d’autres peuples », a-t-il déploré.

Initié par l’Observatoire de production et d’analyse du discours (OPAD), ce congrès international vise à questionner la problématique des théories importées d’ailleurs. « Nos sociétés sont malades parce que nous avons des discours qui, parfois, ne sont pas bien formulés », a expliqué le président du Comité d’organisation, Dr Boukary Nébié.

Les communications des 24 et 25 septembre permettront de montrer qu’en Afrique, il existe des chercheurs qui ont mis sur pied des concepts appropriés aux corpus analysés.

La conférence inaugurale a été animée par un professeur titulaire de l’université Félix Houphouët-Boigny, le Pr Djédjé Hilaire Bohui. Elle a porté sur le thème « Pour une approche endogène d’analyse du discours en contexte africain : pourquoi et pour quoi ? »

Selon l’expert, une approche développée ailleurs ne peut avoir la même capacité d’expressivité et de rendement dans un autre contexte ou face à un peuple qui a ses propres réalités culturelles.

Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Alain Ouédraogo, a salué la tenue de la session. Il a fait une mention spéciale aux participants, composés de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, de doctorants et d’étudiants originaires du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, de la Guinée-Conakry, de la République démocratique du Congo, du Gabon et du Cameroun.

« C’est la preuve que nos systèmes de représentation, nos langues et nos traditions constituent des sources valides de connaissances scientifiques à étudier et à diffuser dans le reste du monde », a déclaré le conseiller technique, estimant que cette démarche rejoint les préoccupations actuelles au niveau de l’espace Sahel, à savoir la valorisation des savoirs endogènes et le renforcement de la légitimité scientifique du continent.

Le séminaire, organisé avec la collaboration de LAPIDA, LABOLAC et R2AD, prévoit, pour son troisième et dernier jour, une visite au Mémorial Thomas-Sankara et au Musée national du Burkina.

Agence d’information du Burkina

ZS/ata

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