EUROPE-INDUSTRIE-EMPLOIS-CONCURRENCE-CHINE
La concurrence chinoise pourrait entraîner la perte de 300 000 emplois industriels en Europe d’ici fin 2026
Ouagadougou, 8 sept. 2026 (AIB)- Jusqu’à 300 000 emplois pourraient disparaître dans l’industrie européenne d’ici fin 2026, sous l’effet de la concurrence croissante des fabricants chinois, dans un contexte où les industriels européens sont déjà confrontés à des prix élevés de l’énergie et aux coûts liés aux émissions de CO2, selon des estimations de l’association Eurometal citées le 6 septembre 2026 par le quotidien britannique The Guardian.
L’association européenne du secteur métallurgique s’inquiète notamment de la place croissante occupée par les fabricants chinois de composants dans les chaînes de production. Son président, Alexander Julius, estime que les entreprises chinoises ne cherchent plus seulement à fournir des matières premières, mais souhaitent également renforcer leur présence dans la fabrication de produits finis.
Selon lui, cette évolution leur permettrait de prendre une place plus importante dans les principales chaînes d’approvisionnement et, à terme, dans l’ensemble de la création de valeur.
Pour attirer l’attention des responsables européens sur les difficultés rencontrées par le secteur, Eurometal prévoit une manifestation devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Les participants doivent notamment porter dix cercueils symboliques faisant référence à la compétitivité de l’Union européenne et aux usines européennes.
La situation des industriels européens ne s’explique toutefois pas uniquement par la concurrence chinoise. Les entreprises doivent également faire face à des prix élevés de l’énergie ainsi qu’aux coûts liés aux émissions de dioxyde de carbone, qui pèsent sur leur compétitivité.
La Commission européenne estime que, sous l’effet combiné de la concurrence mondiale et de la crise énergétique, les pertes d’emplois dans la région pourraient dépasser un million, soit un bilan nettement plus lourd que les estimations d’Eurometal.
À l’automne 2025, Bloomberg rapportait que Bruxelles étudiait la possibilité de demander aux entreprises chinoises de transférer certaines technologies en échange d’un accès au marché européen. En mars, l’Union européenne a présenté le projet « Made in Europe », prévu dans l’Industrial Accelerator Act.
Ce texte doit introduire des exigences concernant la part de composants européens utilisée par les entreprises souhaitant bénéficier de financements publics, notamment dans l’automobile, la métallurgie et les technologies vertes.
Le ministère chinois du Commerce a estimé que cette initiative constituait une forme de discrimination institutionnelle. Pékin a également averti qu’il pourrait adopter des mesures en réponse si les intérêts des entreprises chinoises étaient affectés.
Ces annonces illustrent les difficultés de l’Europe à préserver sa base industrielle face à une concurrence mondiale accrue, alors que les mesures envisagées par Bruxelles suscitent déjà des critiques et pourraient compliquer davantage ses relations commerciales avec la Chine.
Agence d’information du Burkina
Sources : RT
Photo d’illustration générée par l’IA

