Koosin : Les travaux champêtres collectifs, une valeur culturelle ancestrale en pays Bwa

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Koosin : Les travaux champêtres collectifs, une valeur culturelle ancestrale en pays Bwa

 

Bourasso, 3 sept. 2026 (AIB)-Le travail collectif constitue une valeur essentielle de la communauté Bwa, fondée sur la solidarité et l’entraide. Traditionnellement pratiquée par les jeunes filles et garçons, cette activité se perpétue encore dans certaines localités, notamment à Sikoro, où les jeunes d’une même génération se mobilisent pour apporter leur soutien aux familles pendant la saison des pluies. Ce constat a été fait ce jeudi 3 septembre 2026.

Durant la campagne agricole, les jeunes se regroupent au sein d’associations de même génération pour venir en aide aux producteurs qui en ont besoin.

Ils se déplacent ainsi dans différents champs pour effectuer des travaux agricoles. Ils peuvent également intervenir dans les champs de particuliers moyennant une rémunération.

Le groupe de Blandine Tiawara, composé d’une dizaine de jeunes filles scolarisées, participe à cette dynamique. Comme beaucoup d’autres jeunes, elles profitent des vacances scolaires pour travailler dans les champs et contribuer à soulager leurs parents avant la rentrée et pour elle, ces journées de travail revêtent une importance sociale.

« Cela nous permet de rester ensemble et de renforcer nos liens. Avec l’argent que nous gagnons, nous pouvons acheter des habits et d’autres articles pour les fêtes de fin d’année », explique Blandine Tiawara.

Au-delà du revenu qu’il procure, le travail collectif constitue également un cadre de retrouvailles et de partage. Le travail, les discussions, les chants et les moments de détente contribuent à renforcer la cohésion entre les membres des groupes.

Cette pratique permet aussi aux jeunes filles de se familiariser avec les activités agricoles, qui occupent une place importante dans la vie des ménages en pays Bwa.

« Cela nous permet d’aimer les activités agricoles et de nous intéresser davantage à l’agriculture avant notre mariage », souligne Marguerite Tiawara.

La transmission de ce savoir-faire agricole ancestral prend une importance particulière dans un contexte marqué par la raréfaction de la main-d’œuvre.

Avec la réinstallation progressive des populations dans certaines localités, de nombreux jeunes cherchent également à se procurer des revenus, tandis que les producteurs éprouvent des difficultés à trouver suffisamment de mains-d’œuvre pendant les périodes de pointe des travaux champêtres.

La mobilisation des jeunes à travers ces initiatives collectives constitue ainsi une réponse locale à cette difficulté. Les producteurs bénéficient d’une main-d’œuvre disponible et les jeunes, de leur côté, peuvent générer des revenus pendant les vacances scolaires.

Pour Wetian Coulibaly, paysan et bénéficiaire de cette main-d’œuvre, les scènes observées dans son champ lui rappellent une époque où la pratique était largement répandue parmi les jeunes d’un même village.

Avec nostalgie, il évoque les journées de travaux collectifs autrefois rythmées par les sons des tam-tams.

« C’est une valeur culturelle qu’il faut perpétuer, car le travail collectif est aussi un moment de retrouvailles, de partage et de renforcement des liens », soutient-il.

Des générations précédentes aux jeunes d’aujourd’hui, les travaux champêtres collectifs continuent ainsi de faire vivre une valeur culturelle ancestrale de la communauté Bwa.

Dans les champs, les jeunes ne cultivent pas seulement la terre, ils entretiennent également l’amitié, la solidarité et la cohésion au sein de leur génération.

Agence d’information du Burkina

KK/AC/HB/OO

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