Mouhoun/Culture et artisanat à Douroula : La forge, un héritage au service du développement local

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Mouhoun/Culture et artisanat à Douroula : La forge, un héritage au service du développement local

Douroula, 29 juil. 2026 (AIB)-A Douroula, dans la province du Mouhoun, la forge continue d’occuper une place de choix dans la vie socioéconomique des communautés. Héritier d’un savoir-faire ancestral, le forgeron Kassoum Go met en avant l’importance de cette activité dans le développement local, la production agricole, la cohésion sociale et le contexte sécuritaire actuel.

 

Issu de la famille Go, reconnue comme la première lignée de forgerons installée à Douroula, Kassoum Go est aujourd’hui l’une des principales références de la profession dans la commune.

 

Né à Douroula, il a été initié au métier par Modou Go, frère aîné de son père à Tchériba. Bien qu’il n’ait pas fréquenté l’école, il affirme avoir trouvé dans la forge une activité lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille grâce au savoir-faire légué par ses ancêtres.

 

Il a dit que les familles Go, Dao et Konaté constituent les principales lignées de forgerons établies dans la commune.

 

Pour Kassoum Go, les forgerons ont toujours occupé une place centrale dans l’organisation des sociétés africaines.

 

Il rappelle que depuis les royaumes anciens, chaque communauté s’appuyait sur ses artisans forgerons pour accompagner son développement.

 

« Un village ne peut véritablement prospérer sans forgeron à défaut d’en disposer, il existe toujours un forgeron dans une localité voisine », soutient-il.

 

L’artisan souligne que les outils fabriqués dans les ateliers de forge, notamment les dabas, haches, faucilles, charrues et autres équipements agricoles, accompagnent les producteurs depuis le défrichage des terres jusqu’aux récoltes.

 

Cette contribution participe, selon lui, à l’amélioration de la production agricole et au renforcement de la sécurité alimentaire.

 

Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, Kassoum Go indique, que des outils d’auto défenses ont été confectionnés afin de permettre aux forces engagées sur le théâtre des opérations de mieux sécuriser la localité.

 

Evoquant les techniques de fabrication, il explique que les artisans utilisent désormais du fer acheté sur le marché, contrairement aux anciennes générations qui extrayaient elles-mêmes le minerai à partir des roches, une méthode aujourd’hui abandonnée en raison de sa pénibilité et de sa lenteur.

 

La commune de Douroula abrite un haut fourneau d’extraction du fer inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui témoigne de l’ancienneté de la tradition métallurgique dans cette partie du Burkina Faso.

 

Face aux défis liés à la modernisation du secteur, le forgeron plaide pour un accompagnement accru des pouvoirs publics à travers la dotation en équipements modernes.

Une telle mesure, estime-t-il, permettrait d’améliorer la qualité des productions, d’accroître leur compétitivité sur des marchés plus vastes et de faciliter l’accès des artisans aux marchés publics.

 

Au-delà de sa dimension économique, Kassoum Go considère la forge comme un facteur de cohésion sociale fondé sur les valeurs de solidarité, d’entraide et de vivre-ensemble.

 

Il a enfin invité les Burkinabè, gouvernants comme gouvernés, à cultiver la paix, l’unité et la solidarité afin de contribuer au développement durable du Burkina Faso.

 

Agence d’information du Burkina

TFT/HB/OO

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