Burkina : Une organisation appelle à l’annulation pure et simple de la dette africaine
Ouagadougou, le 6 avril 2026- (AIB)-La coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM)-Afrique a appelé à l’annulation totale et inconditionnelle de la dette illégitime en Afrique, le samedi 4 avril 2026 à Ouagadougou. Cet appel a été lancé à l’occasion de la clôture de son séminaire régional portant sur l’écoféminisme, l’endettement et l’extractivisme face à la crise climatique.
Durant trois jours, du 2 au 4 avril 2026, le séminaire régional portant sur l’écoféminisme, l’endettement et l’extractivisme face à la crise climatique a réuni des femmes expertes autour du thème « Renforcer les synergies écoféministes pour abolir la dette illégitime et construire un monde basé sur la justice sociale et le respect de la nature».
« Ce séminaire se veut un cadre d’analyse critique des impacts croisés de l’endettement structurel, de l’extractivisme et de la crise climatique sur les femmes africaines », a déclaré la représentante de la coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM)-Afrique au Burkina Faso, Rasmata Samandoulougou.
Pour elle, cette initiative vise également à renforcer les synergies écoféministes de réflexion et de partage d’expériences pour promouvoir un modèle de développement alternatif fondé sur la justice climatique, l’égalité de genre et le respect des droits humains fondamentaux.
Rasmata Samandoulougou a indiqué que « les femmes africaines sont particulièrement les premières victimes, les plus touchées par les conséquences de l’endettement de nos pays, de l’exploitation minière et du changement climatique ».
« La base de la famille repose sur la femme, elle en est la première responsable. Il est donc important de promouvoir ses droits pour arriver à la justice sociale, pour l’émancipation totale de nos États et la transformation structurelle des États », a-t-elle souligné.
Elle a par ailleurs dénoncé le phénomène des microcrédits qui contribuent à appauvrir les femmes avec leurs taux de remboursement exorbitants, ce qui ne leur permet pas de se défaire de la misère.
Au cours de ce séminaire, des recommandations ont été formulées par les participantes, parmi lesquelles on peut noter sur la dette en Afrique : « l’annulation totale et inconditionnelle des dettes illégitimes et la réalisation d’audits citoyens et transparents de la dette »
Pour la crise climatique, la mise en place de financements climatiques publics, suffisants, accessibles et non générateurs de dette».
Sur l’extractivisme « nous plaidons auprès du gouvernement burkinabè qui assure la Présidence de l’UEMOA de mettre à l’agenda des réunions du Conseil des Ministres la révision des critères de convergence pour la réduction du plafond du taux d’intérêt de 24 à 0 % », a ajouté la représentante.
« Nous espérons que les différentes recommandations qui se trouvent au niveau de notre déclaration ne passeront pas inaperçues et qu’elles seront prises en compte au niveau des décisions internes et internationales », a confié Rasmata Samandoulougou.
Pour sa part, la chargée de projet de la coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM-Afrique), Agnès Adélaïde Metougou a affirmé que « le séminaire a atteint ses objectifs avec la validation du plan stratégique quinquennal des femmes, dont la rédaction du document avait été amorcée au séminaire de Yaoundé ».
« Nous sommes arrivés à analyser, sur la base des réalités vécues par les femmes au niveau des communautés de chaque pays et élaborer des recommandations en vue de promouvoir leurs droits », a-t-elle confié.
Le séminaire a réuni des participantes venues de 14 pays dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie.
Le séminaire régional portant sur l’écoféminisme, l’endettement et l’extractivisme face à la crise climatique a été porté par le Mouvement africain pour le développement endogène et l’éducation (MADE), en collaboration avec la coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM)-Afrique.
Agence d’information du Burkina
FT/ata


