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dimanche, 5 avril 2026
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Burkina : Des ex-recrues de terroristes évoquent leur calvaire et expriment leurs regrets

Burkina : Des ex-recrues de terroristes évoquent leur calvaire et expriment leurs regrets

Ouagadougou, 4 avril 2026 (AIB)-Ils résidaient à l’étranger avant d’être piégés par des proches ou manipulés par des promesses de richesses et de « paradis », pour venir combattre au Burkina Faso. Délivrés par les forces combattantes, ces ex-assaillants exhortent les jeunes à ne pas se laisser entraîner dans l’enfer du terrorisme, peu importe les promesses alléchantes.

Le chef suprême des armées, le capitaine Ibrahim Traoré, a récemment levé le voile : l’armée burkinabè a repris le contrôle de ses frontières et les terroristes devront se rendre ou fuir, sous peine de servir de nourriture pour charognards.

Sur le terrain, cette pression militaire se traduit par des pertes importantes dans les rangs ennemis, mais aussi par des désertions croissantes, notamment parmi les jeunes recrues étrangères.
La saignée est encore plus marquée parmi ces jeunes qui s’étaient laissé embrigader par des réseaux de recruteurs extérieurs pour venir combattre au Burkina Faso.

Bourahima, 26 ans, est l’un d’eux. Après six ans passés à l’étranger, loin de son village natal situé dans la zone d’Ougarou, l’ancien berger est convaincu par son oncle maternel de rentrer voir les siens, désormais déplacés à Bougoumtanga.

« Dès mon arrivée, j’ai vite compris que j’avais été tout simplement piégé. En effet, quand je suis arrivé, j’ai été interné dans une base et soumis à la lecture coranique, puis au maniement de la kalachnikov », se remémore le jeune homme.

Mais Bourahima n’est pas au bout de ses surprises. Il découvre que son oncle officiait lui-même comme maître coranique et instructeur au maniement des armes.

D’ailleurs, en plus de lui, son oncle avait réussi à convaincre trois autres membres de sa famille, à savoir deux frères et un beau-frère.

À ses côtés, des dizaines d’autres jeunes ont été entraînés dans ce camp par des promesses fallacieuses.

Le choc est si immense qu’il envisage déjà de fuir. Avec un de ses compagnons d’infortune, Bourahima réussit à prendre la poudre d’escampette.

Mais, grâce à la vigilance et au professionnalisme des forces combattantes, ils sont capturés et conduits en lieu sûr.

Les cas de Bourahima et de ses compagnons ne sont pas isolés.

Hamadou, 19 ans, et cinq de ses compagnons ont également pu fuir l’enfer d’une autre base terroriste après y avoir séjourné une quinzaine de jours.

Tout commence en décembre 2025, dans un pays étranger, lorsque Hamadou et son ami Boukary sont approchés à la sortie d’une mosquée par un certain Moussa.

Ce dernier les invite à rejoindre un camp terroriste au Burkina Faso, assurant qu’ils y pratiqueraient la « vraie » religion et gagneraient beaucoup d’argent, bien plus que leurs maigres revenus de bergers.

Face à leur hésitation, Moussa affirme avoir déjà conduit des dizaines d’autres combattants au Burkina Faso, qui s’en sortiraient très bien.

Pire encore, il leur fait croire que s’ils acceptent de s’y rendre, ils iront au paradis en cas de mort, tandis que le refus les conduirait en enfer.

Après quelques jours de réflexion, les deux jeunes embarquent pour le Burkina Faso à bord d’un mini-car communément appelé « Dina ». Depuis la gare, ils sont conduits, le 1er janvier 2026, vers une base terroriste à l’aide de motos.

Mais très vite, les deux aventuriers comprennent que la vie meilleure promise est une illusion et que l’enfer est bien réel.

En plus d’être soumis à des corvées et à la lecture du Coran, ils côtoient la mort au quotidien.

« J’ai compris que les terroristes ne faisaient que tuer des gens et piller des biens. Sur la base, on vous fait courir à chaque bruit d’avion pour aller se cacher. J’ai aussi constaté que lorsqu’ils partaient en mission, ils revenaient avec de nombreux morts et blessés dans leurs rangs », explique Hamadou.

Après seize longs jours, Hamadou et cinq de ses compagnons profitent du chaos provoqué par un mouvement aérien pour s’enfuir et tenter de rejoindre la frontière.

Mais ils sont interceptés par les forces combattantes.

Revenus de l’enfer du terrorisme, les deux rescapés appellent à la responsabilité des parents et à la prudence des jeunes.

Déçu par le comportement de son oncle, Bourahima appelle « vivement à la responsabilité de tous ces parents qui poussent leurs enfants dans le terrorisme ».

Hamadou lance le même appel pressant aux jeunes :

« Je voudrais appeler les jeunes des différents pays à faire attention à tous ceux qui leur proposent de les emmener à l’étranger pour telle ou telle raison. Le terrorisme n’est rien d’autre que cet enfer où vous ne souhaitez pas aller après votre mort ».

À travers ces témoignages, se dessine une réalité brutale : derrière les discours idéologiques et les promesses, se cache un système de manipulation où les recrues deviennent les premières victimes.
Mais fort heureusement, les Forces de défense et de sécurité et les Volontaires pour la défense de la patrie maintiennent la puissance de feu et veillent au grin pour déjouer les stratégies de l’ennemi.

Agence d’information du Burkina

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