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Burkina : « Je ne veux plus être habillé par un fil qui vient de l’extérieur », Président Traoré

Burkina : « Je ne veux plus être habillé par un fil qui vient de l’extérieur », Président Traoré

Ouagadougou, 3 avril 2026 (AIB)-Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a réaffirmé sa volonté de s’habiller uniquement avec la cotonnade nationale, appelant ainsi ses compatriotes à réduire les importations et à augmenter la transformation sur place des matières premières.

Dans un entretien accordé jeudi soir à des hommes de médias nationaux et internationaux, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a réaffirmé sa volonté de rompre avec le modèle d’exportation des matières premières brutes, en appelant à une transformation locale accrue des productions agricoles.

Prenant l’exemple du coton, le chef de l’État a plaidé pour une industrialisation complète de la filière, de la production à la transformation.

« Je ne veux plus être habillé par un fil qui vient de l’extérieur alors que nos paysans cultivent le coton », a-t-il déclaré, annonçant la mise en service attendue en 2026 d’une usine intégrée capable de transformer le coton jusqu’au produit fini. Une dynamique qui, selon lui, pourrait générer de nombreux emplois.

Au-delà du coton, Ibrahim Traoré a dénoncé des pratiques qu’il juge contre-productives pour l’économie nationale.

Il a notamment cité le cas du maïs, exporté à l’état brut puis réimporté sous forme de produits transformés comme le couscous, ou encore celui du soja, vendu sans transformation avant d’être racheté sous forme d’huile conditionnée à l’étranger.

Le Président du Faso a également mis en avant les efforts engagés pour inverser cette tendance, notamment à travers le développement de la culture du blé et la mise en place d’unités de transformation.

« Avant, tout était importé. Aujourd’hui, cette culture nous permet de conserver d’importantes ressources financières », a-t-il indiqué, précisant que des usines sont en cours de réalisation.

S’agissant du riz, il s’est félicité des progrès enregistrés, avec une production en hausse et l’émergence d’unités de transformation locales offrant des produits de qualité.

Dans la même dynamique de diversification, il a évoqué l’expérimentation de la culture de l’ananas, dont les résultats sont jugés prometteurs, avec une qualité qui rivalise déjà avec celle de certains pays côtiers.

À travers ces exemples, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de bâtir de véritables chaînes de valeur agricoles, capables de transformer sur place les productions nationales et de renforcer la souveraineté économique du pays.

Il a enfin appelé à un changement de comportement, invitant les Burkinabè à privilégier la consommation locale.

« Consommons ce que nous produisons. Nous sommes riches, nos paysans sont braves », a-t-il lancé, tout en réaffirmant son attachement aux habitudes alimentaires locales et à une production nationale capable de répondre aux besoins du pays.

Agence d’information du Burkina
NAK/yos/ata

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