31.1 C
Ouagadougou
mercredi, 4 mars 2026
spot_img

Sanguié : une exciseuse condamnée à Pouni lors d’une audience foraine

BURKINA-SANGUIE-POUNI-ZAWARA-AUDIENCE-FORAINE-CONDAMNATION-EXCISEUSE

Sanguié : une exciseuse condamnée à Pouni lors d’une audience foraine

Pouni, 04 mars 2026 (AIB) – Le Tribunal de grande instance de Koudougou a tenu mardi, une audience foraine dans la salle de conférence de la mairie de Pouni, jugeant et condamnant une exciseuse, constaté l’AIB. Plusieurs autres dossiers ont été examinés.

Présidée par le président du Tribunal de grande instance de Koudougou, Taophig El Mannane Sawadogo, l’audience a notamment porté sur l’excision de quatre fillettes âgées de moins d’un an.

L’accusée, dame Yaro, âgée d’une soixantaine d’années, a comparu pour avoir, le 11 janvier 2026 à Benega, procédé à l’excision des nourrissons au moyen d’une lame, en contrepartie de 500 francs CFA par fillette. Ces faits constituent une atteinte à l’intégrité de l’organe génital féminin et sont punis par l’article 513-16 du code pénal.

Après délibération, le Tribunal a déclaré les prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés.

Toutefois, eu égard à l’objectif pédagogique de la présente audience foraine, visant à sensibiliser le public et à permettre aux prévenus eux-mêmes de devenir des relais de sensibilisation au sein de leur entourage, la juridiction a opté pour une peine modérée.

Ainsi, dame Yaro a été condamnée à une peine de 12 mois d’emprisonnement dont 3 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA dont 50 000 francs CFA ferme.

Les accompagnants des fillettes auprès de l’exciseuse, M. Konfé et M. Kirakoya ainsi que Mme Aminata, ont également été déclarés coupables et condamnés aux mêmes peines. Les mères des enfants ont bénéficié d’une certaine clémence, le tribunal tenant compte de la nécessité pour les fillettes de recevoir des soins appropriés. Les pères, absents au moment des faits, ont reçu des avertissements.

Selon le substitut du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Koudougou, Hamidou Kaboré, le déplacement à Pouni visait à allier répression et sensibilisation.

« L’essentiel, au-delà de tout, c’est le message », a-t-il affirmé, soulignant que les mutilations génitales féminines demeurent interdites et sévèrement réprimées par la loi. Il a rappelé que le respect du code pénal s’impose à tous et que le parquet sévira chaque fois que des manquements seront constatés.

La présidente de la délégation spéciale de la commune de Zawara, Inès Diane Francine Malka, a salué la tenue de cette audience qu’elle qualifie d’« aubaine » pour la population.

Selon elle, l’initiative a permis aux habitants de mieux comprendre le fonctionnement de la justice et de renforcer la sensibilisation contre une pratique qui, bien qu’interdite depuis plusieurs années, continuait de se dérouler clandestinement dans certaines localités. Elle s’est également réjouie de la forte mobilisation des populations, estimant que les participants relayeront l’information auprès de ceux qui n’ont pas pu se déplacer.

Le directeur régional de la famille et de la solidarité de la région de Nando, Roland Kielem, a exprimé sa satisfaction face au déploiement de la justice dans cette zone.

Pour lui, la tenue du procès sur place et le prononcé des sanctions réaffirment clairement que « la loi n’a pas changé » et que les mutilations génitales féminines restent interdites au Burkina Faso.
Il a estimé que cette démarche, combinant sanction et sensibilisation, contribuera à dissuader les auteurs potentiels et à protéger davantage les filles.

L’organisation de cette audience foraine a bénéficié de l’implication des autorités judiciaires, des services de l’action sociale et de l’appui financier du partenaire Children Believe.

À travers cette initiative, la justice burkinabè réaffirme sa détermination à lutter contre les violences basées sur le genre et à protéger les droits des enfants, en rappelant que les mutilations génitales féminines constituent une infraction pénale sévèrement sanctionnée.

Parmi les dossiers figurait un se rapportant à un phénomène malheureusement persistant, ancré dans certaines pratiques coutumières et portant gravement atteinte à l’intégrité physique et morale de la femme : les mutilations génitales féminines (MGF), en l’occurrence des faits d’excision commis dans le village de Benega, commune de Zawara.

Agence d’information du Burkina
FGB/AS/ATA

ARTICLES RECENTS

Articles Similaires