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Burkina : Thomas Sankara a été informé  de son assassinat (Témoin)

Ouagadougou, 22 nov.2021 (AIB)- Le témoin Victor Zongo dit  Naaba Sida et adjudant-chef major à la retraite, a déclaré lundi, devant le tribunal que le capitaine Thomas Sankara a été informé le matin, de son assassinat du 15 octobre  1987 par les renseignements de la sécurité.

Selon le témoin Victor Zongo dit  Naaba Sida (âgé de 66 ans) qui était à la barre ce lundi, le président Thomas Sankara a été informé dans la matinée des évènements par une note des renseignements de la sécurité.

L’adjudant-chef major à la retraite a expliqué que cette  note envoyée dans la matinée  sous pli fermé, au père de la révolution burkinabè par un agent des renseignements laissait en substance ceci : «Dénouement sanglant de la crise ce soir  à 15 h ».

A en croire, l’accusé Zongo qui a servi au service de renseignement de la gendarmerie nationale, ce document confidentiel qui était accompagné d’une cassette audio a été remis main à main au capitaine Thomas Sankara.

Pour le sexagénaire,  le président Sankara  s’est dit satisfait du travail de l’équipe chargée de collecter les renseignements tout en signalant que le coup d’Etat contre lui était « imparable ».

Il a fait savoir que les Français ont réinstallé  leur système d’écoute après les évènements, en lieu et place de celui des Russes.

« Les cassettes et tous les enregistrements du système de renseignements ont été détruits par les éléments du service pour que les nouvelles autorités ne se rendent pas compte du contenu des messages », a-t-il soutenu.

Le témoin Victor Zongo a précisé que cette destruction des éléments des renseignements se justifie du fait que le personnel travaillant dans ce service voulait protéger leur tête des nouveaux maitres nouveaux des lieux.

« On nous a fait déposer tous nos matériels pendant un bout de temps à la gendarmerie nationale », a-t-il ajouté.

Quant  à Boukary Doamba, un autre témoin et adjudant-chef major à la retraite, il  affirme avoir reconnu les voix de l’ex chef d’Etat, Blaise Compaoré et de l’accusé, Jean Pierre Palm, au niveau de la table d’écoute avant le 2 octobre 1987.

A entendre le chef de service de la table d’écoute au moment des faits,  le travail se faisait en collaboration  avec l’Office national des télécommunications (ONATEL).

Aux dires de M. Doamba, il a travaillé entre autres avec ses collègues Patrice Ouédraogo, Ablassé Soré dans ce même service d’écoute.

Poursuivant toujours ses explications, il dit être arrêté et détenu pendant un mois à la gendarmerie nationale après les évènements.

Les témoins Arsène  Bongnessan Yé et Patrice Ouédraogo  respectivement médecin militaire et  adjudant-chef de la gendarmerie à la retraite ont été aussi auditionnés sur l’affaire Thomas Sankara.

Selon l’avocat de la famille Sankara, Me Badolo Olivier, les persones citées par les témoins comme Jean Pierre Palm et autres  étaient dans le dispositif des renseignements.

«Nous sommes contents de ce qui se passe parce que des témoins quand même  corroborent beaucoup de faits qui se sont déroulés  avant  et le 15 octobre 1987 », a-t-il noté.

En  rappel, le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas et douze de ses compagnons ont été tués par un coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir.

Le président Compaoré a été chassé en 2014 par la rue après 27 ans de règne.

 

Agence d’information du Burkina

NO/ak

 

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