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Afghanistan: Les Talibans maitres de Kaboul, le président Ashraf Ghani en fuite

Ouagadougou, 16 août 2021 (AIB)-Les Taliban se sont emparés de la capitale afghane dimanche tandis que le président Ashraf Ghani a fui le pays. Ce lundi, les pays occidentaux évacuent leurs ressortissants mais les chinois et russes restent sur place.

L’Afghanistan se trouvait ce lundi, aux mains des Taliban après l’effondrement des forces gouvernementales et la fuite à l’étranger du président Ashraf Ghani, qui a reconnu leur victoire au terme d’une guerre de près de 20 ans.

« Les talibans ont gagné », a reconnu dimanche soir le président, qui se trouverait désormais au Tadjikistan, tandis que les insurgés célébraient une victoire militaire aussi rapide que totale en investissant le palais présidentiel à Kaboul.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le mollah Abdul Ghani Baradar, co-fondateur des Taliban, a salué la victoire du mouvement islamiste.

« À présent, c’est le moment d’évaluer et de prouver, à présent nous devons montrer que nous pouvons servir notre nation et assurer la sécurité et le confort dans la vie », a-t-il dit

L’entrée redoutée des combattants a provoqué un vent de panique dans la capitale, où des milliers d’habitants s’efforçaient de fuir, s’agglutinant notamment à l’aéroport où des scènes de chaos ont été rapportées.

Le drapeau américain a été retiré tôt lundi de l’ambassade des États-Unis à Kaboul et « mis en sécurité avec le personnel de l’ambassade » regroupé à l’aéroport dans l’attente d’une évacuation, ont annoncé depuis Washington, le département d’État et le Pentagone.

« Nous pouvons confirmer que l’évacuation en toute sécurité de tout le personnel de l’ambassade est maintenant terminée », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du département d’État Ned Price. Le périmètre de l’aéroport est « sécurisé par l’armée américaine », a-t-il ajouté.

« Au cours des prochaines 48 heures, nous aurons étendu notre présence de sécurité à près de 6 000 militaires avec une mission centrée uniquement sur la facilitation de ces efforts et qui prendra en charge le contrôle aérien », précise-t-il.

« Demain (lundi) et au cours des prochains jours, nous allons transférer hors du pays des milliers de citoyens américains qui résidaient en Afghanistan, ainsi que des employés locaux de la mission américaine à Kaboul et leurs familles, ainsi que d’autres Afghans particulièrement vulnérables », selon le texte.

Selon la ministre française des Armées Florence Parly, la France effectue une première évacuation de ses ressortissants présents sur le sol afghan ce lundi.

Un premier appareil C130 mis à disposition de Paris par le Royaume-Uni, est arrivé ce lundi à Kaboul.

Le deuxième appareil est un A400M français, a quitté Orléans ce lundi, en direction d’Abou Dabi, aux Émirats arabes unis.

À l’aller, il transportait ce que l’armée appelle des « facilitateurs », en vue de l’évacuation des Français.

C’est-à-dire des logisticiens, des médecins, du personnel habitué à ce type d’opérations.

La Chine et la Russie n’ont pas signé la déclaration des 65 pays qui demandent ce lundi « à toutes les parties de faciliter le départ des ressortissants étrangers qui souhaitent quitter le pays ».

La Chine, qui partage 76 km de frontière avec l’Afghanistan, espère des « relations amicales » avec les talibans.

Pékin « respecte le droit du peuple afghan à décider de son propre destin et de son avenir », a affirmé devant la presse une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

« Les talibans ont indiqué à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine », a-t-elle relevé, avant de confirmer que l’ambassade pékinoise à Kaboul « continue de fonctionner normalement ».

L’ambassadeur de Russie à Kaboul va rencontrer les talibans demain mardi, a annoncé l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan, Zamir Kaboulov.

Il a précisé que Moscou allait décider de reconnaître ou non le nouveau pouvoir afghan en fonction de ses « agissements », rapporte l’AFP.

« L’ambassadeur russe (Dmitri Jirnov) est en contact avec les talibans, demain, il va rencontrer leur coordinateur pour la sécurité », a indiqué M. Kaboulov à la radio Echo de Moscou.

«La reconnaissance ou non va dépendre des agissements du nouveau régime», a-t-il ajouté.

Agence d’information du Burkina

Wis/Az

Source : RFI, AFP

Photo : France 24

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