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Tabaski : Imam Tiendrébéogo pour un don  des animaux sacrifiés aux déplacées internes

Ouagadougou, 20 juil. 2021 (AIB)-L’Imam Ismaël Tiendrébéogo a déclaré mardi à Ouagadougou dans son sermon après la prière de l’Aïd-El-Kébir ou Tabaski, que la zakat, l’animal sacrifié ou tout acte de générosité devrait être destiné aux personnes déplacées internes du Burkina Faso, a constaté un journaliste de l’AIB sur place.

«Aujourd’hui c’est un jour de réjouissance, c’est un jour de partage et nous ne devons pas oublier les personnes déplacées internes qui ont abandonné derrière eux leurs histoires de famille, leurs richesses, leur sécurité et qui se sont déplacées », a déclaré Imam Ismaël Tiendrébéogo qui a dirigé la prière de Tabaski sur le terrain Dabo Boukari (Université de Ouagadougou) qui a servi de cadre.

Il a argumenté que « quand vous lisez le Coran dans la sourate 9, le verset 60, c’est à ces personnes déplacées internes que l’on doit destiner la zakat. On doit donc leur destiné ce que nous avons comme animal sacrifié, ce que nous avons comme acte de générosité parce qu’ils ont besoin de nous ».

Pour ce juriste diplômé en management international option affaire internationale, ces personnes déplacées sont des Burkinabè et « pour certains, nous ne les connaissons pas, mais rien ne dit que nous ne connaitrons pas d’autres situations pour lesquelles nous aurons besoin de la solidarité des autres ».

« Il faut donc tendre la main parce que nous sommes tous le mil d’un même panier et nous devons nous préoccuper les uns des autres quand nous appartenons à un même pays », a-t-il laissé entendre.

Toujours dans son sermon Ismaël Tiendrébéogo a profité demandé la redistribution équitable des richesses du Burkina Faso parce que pour lui « ce sont les villes et particulièrement la capitale qui prend le plus grand nombre de richesse généré par toute la population ».

« Il n’est pas normal que notre pays qui a plus de 80% d’agriculteurs s’échinent à cultiver et qu’on les oublie lors du partage des ressources. Ces paysans ne sont pas dans les grandes villes. Ils ne sont pas dans la capitale. Ils sont dans nos campagnes. Il est inadmissible qu’au Burkina Faso on ait encore des maternités délabrées, des centres médicaux qui manquent du minimum pour prendre en charge la santé des individus », s’est-il offusqué.

Imam Tiendrébéogo a également expliqué le sens de l’immolation du mouton le jour de la fête de Tabaski par le Prophète Ibrahim « pour rappeler la nécessité pour l’être humain d’être adorateur de Dieu, l’unique ».

L’auteur du sermon explique que « nous avons par ailleurs tiré des leçons de sa vie pour notre vie de maintenant. Pendant les épreuves, quelle doit être notre attitude. Nous avons appelé à ce qu’il y ait une meilleure politique sécuritaire au Burkina Faso. Nous avons remercié les VDP et les FDS pour l’effort qui est fait pour chacun d’entre nous parce que si chaque soir nous pouvons retrouver nos familles en paix, c’est parce que d’autres ont renoncé à cette chaleur de leur famille pour nous accorder cette sécurité ».

Il a imploré « Allah de bénir leurs efforts et de les protéger. Nous demandons aux acteurs politiques et aux acteurs de la société civile de penser Burkina Faso et d’exclure les intérêts partisans dans ce processus de réconciliation qui est indispensable pour chacun d’entre nous. Nous ne devons pas jouer avec l’avenir du Burkina Faso ».

Ismaël Tiendrébéogo a également évoqué la question du chômage et rappelé qu’il est plus qu’urgent de réajuster les programmes d’enseignement au besoin du marché.

La Tabaski est la plus importante des fêtes musulmanes qui a lieu tous les 10 du mois de « dhou al-hijja », le dernier mois du calendrier musulman, après la station sur le mont Arafat qui marque chaque année la fin du Hadj.
Agence d’information du Burkina (AIB)
as/ata

 

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