Manifestation à Kaya

«Les FDS et VDP ont trouvé un avocat à leur cause : peuple», les manifestants

A l’image des manifestants des autres villes du Burkina Faso, ceux de la cité des cuirs et peaux ont battu le pavé pour interpeller le gouvernement sur la situation sécuritaire et le retour des personnes déplacées internes, le samedi 3 juillet 2021.

Malgré des intimidations des élus locaux (maire et député) de la province du Sanmatenga en vers les Personnes déplacées internes (PDI) de couper leurs provisions en vivres si toute fois elles participent  à la marche et des tentatives de corrompre des leaders des Organisations de la société civile (OSC), les populations de Kaya se sont mobilisées massivement pour exprimer leur ras-le-bol, le samedi 3 juillet 2021, pour fustiger la gestion de crise sécuritaire au Burkina Faso, en générale et dans la région du Centre-Nord, en particulier.

Un fait majeur est que les leaders provincial et communal et le Secrétaire général des OSC de Kaya, par ailleurs président de l’Appel de Kaya dit Katalan, qui avaient mobilisé les populations le samedi 25 juin dernier, étaient absents à ce 2e appel à manifestation. Nos tentatives de le joindre au téléphone(Katalan), sont restées vaines. Balais, spatules à to et à sauce, sifflets, fanfares, branches de Nimier, djembés et brassards rouges en mains, les manifestants, composés, entre autres, des membres de l’Association des jeunes démocrates pour la paix (AJDP),  des PDI et des femmes des Forces de défense et de sécurité (FDS), du rond-point de la femme, ont rallié le gouvernorat du Centre-Nord, en passant par le rond-point Naaba Oubri et la devanture de la gendarmerie nationale.

Parmi les marcheurs, figurent les candidats «malheureux» aux élections présidentielle et législative de 2020 du Mouvement AGIR ENSEMBLE, Kadré Désiré Ouédraogo (KDO) et Adama Ouédraogo (Sanmatenga). «Je suis venu à la marche pour apporter ma solidarité à toute les populations du Centre-Nord, en particulier et celles du Burkina, en générale pour dire nos douleurs et compassions à toutes les nombreuses victimes des attaques terroristes. Et, nous disons qu’il est temps que les Burkinabè se lèvent, après 5 ans de souffrance, afin de mettre fin à cette situation », a justifié KDO. Pour lui, le pays des hommes intègres doit être une contrée de paix et de sécurité et non un pays de déplacés internes, de misère, de corruption et de mauvaise gouvernance. C’est pourquoi, il a exhorté au gouvernement d’agir et vite pour sortir le Burkina Faso de cette situation. A entendre KDO, la solution à cette crise réside dans une gouvernance vertueuse et une unité nationale.

Plusieurs messages portent sur les 7 banderoles utilisées par les mécontents. On peut lire entre autres : «Hontes aux déserteurs, Solhan hier ! Demain à qui le tour», «Des officiers aux combats pas dans les salons. On a faim et on nous tue», «Le commandement en 1re ligne. Sanctions contre les sangsues» «Paix à nos martyrs et rompt rétablissement aux blessés» et «Tous ensemble pour un Burkina débout. Soutien et respect aux FDS et VDP !». La banderole des femmes des FDS est plus frappant : «Nous les femmes des FDS, nous avons marre de voir nos maris s’en aller sans espoir de revenir. Nous les femmes des FDS, nous avons le ras-le-bol de ces cercueils que vous nous ramenez à longueur de journée».

«Aujourd’hui, les FDS et VDP ont trouvé un avocat à leurs revendications pour de meilleures conditions d’engagements sur le théâtre des combats. Cet avocat, c’est le peuple burkinabè tout entier. Aujourd’hui, les cris et les pleures des veuves et orphelins du Burkina Faso vont résonner jusqu’aux portes de Kosyam»,  a déclaré le porte-parole des manifestants Zakaria Sana, alias Santé, devant les autorités locales.

Parmi les 9 revendications de l’Opposition politique lues par le porte-parole, figurent, notamment la dotation en urgente des FDS en matériels adéquats, la réponse rapide aux appels à l’aide des VDP et aux populations en cas d’urgence, la mise en place d’un fonds spécial pour une aide d’urgence aux PDI et l’opérationnalisation effective des mesures d’accompagnement en faveur des veuves et orphelins des FDS tombés au front.

A son tour, la représentante des femmes des FDS, Habiba Bambara/Thiombiano, avant de remette leur doléance aux autorités locales, a déclaré qu’elles sont fatiguées d’accompagner désespérément les cercueils de leurs maris à leurs dernières demeures. «Comment expliquez que des FDS qui ont reçu une formation sont tuées par des individus qui n’ont reçu aucune formation ? Que voulez-vous faire de vos armements lourds qui doivent être employé en temps de guerre ?», s’est-elle interrogée. De ce fait, elle a souhaité que le gouvernement prenne des mesures idoines pour remédier cette crise qui gangrène la vie des populations et particulièrement celle des FDS.

Après avoir reçu leur pétition, le haut-commissaire de la province du Sanmatenga, Auguste Kindo, a remercié les manifestants pour cette deuxième marche-meeting pacifique. Il a promis transmettre leurs deux messages (OSC et femmes FDS) à qui de droit. «Nous vous demandons de regagner vos domiciles en paix», a exhorté M. Kindo.

ARES/ata

Agence d’information du Burkina

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