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« Ducreux a versé des larmes quand j’ai payé les primes des coureurs » (Jean-Pierre Palm)

Ouagadougou, 3 mai 2021 (AIB) – L’ancien ministre des sports et des loisirs Jean-Pierre Palm très touché par la disparition de Francis Ducreux, lui a rendu un vibrant hommage avec une anecdote des plus touchantes.

Jean-Pierre Palm dit avoir eu de très bonnes relations avec Francis. « On s’entendait bien. J’ai eu la chance de le connaitre avant d’être ministre des sports. Quand je suis arrivé, mon premier geste a été de payer toutes les primes des coureurs. Ce jour-là il a versé des larmes », a témoigné le ministre Palm, poursuivant que Francis lui a dit que « c’est la première fois que des cyclistes touchaient 2 millions de F CFA. Ceux qui n’ont pas pu terminer la course avaient 500.000 F CFA. Il m’a confié que j’étais en train de redorer le blason du cyclisme burkinabè ».

Jean Pierre Palm ajoute qu’il ne se mêlait pas trop du Tour du Faso « parce que le budget était là. Je leur disais de tout faire pour respecter les normes. Après il fallait toujours faire le point parce que j’y tenais. Je leur disais ceci en rigolant : « je suis issu d’une famille pauvre. Ce que tu ne peux pas payer, il ne faut pas le bouffer » ».

L’ancien ministre des sports reconnait avoir beaucoup côtoyé Ducreux jusqu’à sa disparition. « Ducreux était d’abord un ami et on se fréquentait. Avant d’aller en France il m’a appelé pour me dire qu’il allait pour ses soins. Je n’ai pas su qu’il était revenu, il ne m’a pas appelé. J’ai appris son décès sur les réseaux sociaux. Je perds un ami très sincère. Le Burkina Faso perd également quelqu’un qui a apporté beaucoup pour la renommée de notre pays d’abord et ensuite du cyclisme burkinabè ».

Jean-Pierre Palm explique que « du premier Tour du Burkina en 1987 jusqu’à maintenant, c’est lui qui assurait presque tout. Il ne rechignait pas à la tâche. Il allait voir les sponsors, il prenait une brique déposée par ci, déplaçait une roue de vélo par là. Je me rappelle l’anecdote d’un ami commun qui disait qu’il faut être courageux comme Ducreux pour tenir le coup. Parce qu’il l’a vu à ses débuts, il se faisait « chier » dessus par tout le monde. Mais il acceptait tout jusqu’à ce que le Tour du Faso soit ce qu’il est aujourd’hui ».

L’anecdote la plus récente que le ministre Palm a voulu partager « c’est lors d’une mission à Paris. Dans un hôtel, des gens sont venus nous saluer et nous ont demandé : « vous venez d’où » ? Nous avons répondu : « du Burkina Faso ». Ils ont dit « ah le Tour du Faso ». Ce qui veut dire que le Tour du Faso est une référence ayant permis de reconnaitre le Burkina ».

« La disparition de Ducreux est une très grosse perte pour le Burkina Faso ».

Visiblement très déçu de la disparition de Ducreux, Jean-Pierre Palm a reconnu que « c’est une grosse perte pour le Burkina Faso. On ne peut pas dire que Ducreux est irremplaçable mais ce sera très difficile. Parce qu’il se donnait entièrement, totalement… ».

L’ancien ministre des sports se demande comment et qui trouver pour remplacer Ducreux. « Je ne sais pas qui acceptera faire toutes les courses que Ducreux faisait. Il courrait derrière les  sponsors, tout le monde le connaissait et c’était beaucoup plus facile. Un nouveau aura des difficultés à se faire accepter dans le milieu des sponsors. Or l’on sait que le cyclisme ne vit que par le sponsoring ».

L’amour de Ducreux pour le Burkina était sans limite. Quand le partenaire français ASO (Amaury sport organisation) qui soutenait le Tour du Faso voulait quitter, ils ne se sont pas clairement exprimés mais Ducreux qui soupçonnait « m’a dit de faire attention parce que ASO veut nous lâcher. Je lui ai dit que pourtant ASO vient de nous confirmer de son soutien. Il m’a dit qu’ils sont en train de nous flatter et qu’ils vont partir. Ducreux a toujours soutenu à fonds le Burkina », a témoigné le ministre Palm.

L’ancien patron du département des sports a tenu à lui rendre hommage en ses termes : « paix à son âme. Que là où il est, il continue toujours à regarder vers le Burkina. Il laisse un vide très énorme. Mais comme on le dit toujours, nul n’est irremplaçable sur terre. J’espère que les personnes qu’il a formées au Burkina pourrons relever le défis et rendre un hommage à sa mémoire ».
Agence d’information du Burkina (AIB)
as/

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