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Gnagna : «Nous manquons d’eau et de nourriture», le calvaire des élèves déplacés de Manni

Bogandé, 16 avril 2021(AIB)-«Nous vivons très difficilement à Manni car nous manquons de beaucoup de choses : l’eau, la nourriture… ». Tout comme Igor Mano, les élèves ayant trouvé refuge à Manni (Est), espèrent le retour de la sécurité, pour pouvoir à nouveau étudier dans leurs villages d’origine avec de meilleures conditions.

Le Directeur provincial de l’Education préscolaire, primaire et non Formelle (DPEPPNF) de la Gnagna, Salam Ouédraogo, a rendu visite le mercredi 14 avril 2021 à la centaine d’élèves déplacés internes de la commune rurale de Manni.

L’objectif était de constater de visu, les réalités que vivent les élèves déplacés hors de leurs localités d’origine, et encourager les différents acteurs.

Ce sont les élèves déplacés des villages de Kulfo, Sambondi, Boukargou, Mossadeni, Amamoré, Yarga et  de Tomonga, répartis sur trois sites qui ont été visités.

Affectées par l’insécurité, certaines écoles ont été contraintes de se refermer. Cette situation a engendré d’énormes déperditions scolaires. Seule une poignée a pu rejoindre d’autres écoles.

Dans la province de la Gnagna, des milliers d’élèves sont dans l’incapacité de poursuivre leurs cursus scolaire. Pour palier un tant soit peu à cela et surtout donner la chance aux élèves des classes de CM2 pour passer l’examen du Certificat d’Etudes Primaires et du concours d’entrée en 6eme, des bâtiments ont été aménagés pour servir de classes à Manni au profit des élèves déplacés.

C’est l’une des solutions auxquelles sont parvenus les premiers acteurs de l’éducation avec l’appui des autorités locales et celui des bonnes volontés.

Par cette visite, Salam Ouédraogo dit traduire l’engagement des autorités à œuvrer à la résilience du système éducatif, encourager les acteurs et de s’imprégner des difficultés que vivent les élèves et les enseignants dans leur situation de déplacés internes.

Ce sont des écoliers qui sont amenés à vivre une vie de collégiens que Salam Ouédraogo, DPEPPNF de la Gnagna a pu rencontrer. Si certains ont pu se trouver des tuteurs, d’autres par contre vivent des conditions très difficiles auprès de leurs frères lycéens.

 » Nous vivons très difficilement à Manni, nous manquons beaucoup de choses, l’eau, la nourriture  » dixit Igor Mano de l’école de Kulfo avec un air désespéré.

Comme ce dernier, tous ont émis le souhait de pouvoir regagner leurs villages d’origines.

Entre autres difficultés, on retient le manque de cahiers, de lampes pour étudier la nuit, du savon pour l’hygiène corporel et vestimentaire, des nattes, des moustiquaires, de sceaux, de tables bancs et certains matériels didactiques.

A cela s’ajoutent le grand retard dans le démarrage de la cantine scolaire au profit des élèves et le manque criard d’eau à Manni qui ne laisse personne indifférente.

Le Directeur provincial a tenu à féliciter et encourager les différents acteurs pour leur ténacité et leur abnégation pour la continuité de l’éducation en dépit des difficultés. Promesse a été faite par le DPEPPNF de résoudre certains problèmes dans les brefs délais.

D’autres seront transmis à la hiérarchie et à certains partenaires pour leur traitement, a rassuré Salam Ouédraogo.

Agence d’information du Burkina

Oyé Ardjima Yempabou TINDANO (AIB-Gnagna)

 

 

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