Pour avoir «insulté la Nation burkinabè», un enseignant se voit privé temporairement de ses distinctions
Ouagadougou, 8 janv. 2021 (AIB) – La Grande Chancellerie des Ordres burkinabè a suspendu provisoirement, les distinctions accordées à Pierre Meyer, parce que selon elle, l’enseignant a insulté la Nation burkinabè, dans un post Facebook en faveur des droits des homosexuels.
«Au regard de la gravité des faits qualifiés d’attentatoires aux valeurs de notre pays et d’outrage aux symboles de l’Etat, que sont reprochés à Monsieur MEYER Pierre Léon Jean Ghislain, le conseil disciplinaire des Ordres Nationaux a proposé (…) la suspension à titre provisoire par arrêté, de Monsieur MEYER Pierre Léon Jean Ghislain, des Ordres Burkinabè», lit-on dans un compte rendu de la Grande Chancellerie des Ordres burkinabè, rendu public vendredi.
L’institution a également publié un décret, en date du 20 décembre 2020, confirmant la décision de son conseil de discipline.
Le 18 décembre 2020, l’université Thomas Sankara où Pierre Meyer enseigne le droit, avait suspendu jusqu’à nouvelle ordre, la cérémonie d’hommage qu’elle comptait organiser en juillet 2021 en son honneur.
En rappel, le 7 décembre 2020, dans la ferveur des cérémonies de décorations, l’enseignant belgo-burkinabè a annoncé sur Facebook, avoir jeté «à la poubelle» il y a quelques années, «toutes» ses distinctions reçues au Burkina Faso.
Pr Meyer, ouvertement homosexuel, a affirmé avoir pris cette décision, parce qu’en décembre 2016, le Burkina Faso et 53 autres pays africains, se sont prononcés à l’ONU, contre la nomination d’un rapporteur spécial pour le droit des personnes gays, lesbiennes, transgenres, queers et intersexes (LGTBQI).
Malgré la suppression de son post et ses excuses, de très nombreux internautes n’ont pas décoléré ; certains réclamant la restitution des distinctions et d’autres, son expulsion.
Au Burkina Faso, la question de la sexualité dont l’homosexualité demeure toujours un tabou.
Face au vide juridique, le Parti pour la renaissance nationale (PAREN) a introduit en février 2015, au Parlement de la Transition (CNT), un projet de loi visant à criminaliser la zoophilie, la pédophilie et l’homosexualité. Le dossier n’a pas encore été examiné.
Agence d’information du Burkina
ATA/ak

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