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 Burkina : La crise de l’IUTS a cristallisé la fronde syndicale en 2020

Ouagadougou, 7 janv. 2021 (AIB) – La crise née de l’application de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des travailleurs du public, les affectations jugées arbitraires au niveau des médias publics et d’autres protestations sectorielles, ont marqué le front syndical en 2020.

 La fronde syndicale engagée en 2016 sous le premier mandat du président Roch Kaboré, s’est maintenue en 2020, même si la Covid-19 a eu raison de nombreux grèves et meetings.

C’est l’application à partir de février 2020 de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des travailleurs du public, qui a ouvert les revendications.

 Pour le gouvernement, il s’agit de rétablir une équité fiscale entre les travailleurs du publics et ceux du privé et du parapublic mais également de mobiliser davantage de ressources pour faire face au terrorisme et à l’afflux massif des déplacés.

De l’avis des syndicats, l’Etat peut renflouer ses caisses en mettant fin par exemple «aux fortes» exonérations accordées aux sociétés immobilières, en recouvrant les nombreuses chèques sans provision fournies à l’administration et en s’attaquant à la corruption et à la gabegie.

La mise en œuvre de la mesure en fin février 2020, a immédiatement entrainé une série d’activités de protestation des syndicats de façon sectorielle et en coalition.

La coalition a organisé une marche-meeting le 7 mars 2020 sur l’ensemble du territoire, suivie d’une grève générale allant du 16 au 20 mars 2020.

Les trois syndicats de magistrats ont suspendu toutes les audiences publiques à compter du 21 février 2020.

Après une période de pause due à la Covid-19, les syndicats ont repris leurs protestations par un meeting le 4 juillet et une grève générale les 8 et 9 juillet 2020 sur toute l’étendue du territoire national.

Face à l’ampleur des manifestations, le gouvernement a répliqué par la coupure et la suspension des salaires de plusieurs fonctionnaires grévistes et des affectations jugées arbitraires.

Les structures syndicales ont relevés qu’à la date du mardi 31 mars 2020, près de 675 travailleurs dont 90% d’enseignants ont vu leurs salaires coupés ou suspendu à la suite de la grève générale.

Les syndicats ont ensuite mobilisé une somme de 53 millions 369 mille 825 francs CFA dans le courant du mois d’avril au profit ‘’des victimes’’.

Outre ces protestations collectives pour s’opposer à l’application de l’IUTS aux primes et indemnités des travailleurs, des manifestations sectorielles ont été menées par certains syndicats.

Plusieurs centaines de journalistes des médias publics ont été affectés hors de leurs médias pour les uns et en provinces pour les autres, après les manifestations sur l’IUTS et pour la transformation des médias publics en sociétés d’Etat.

Ces journalistes ont été affectés dans un premier temps dans les directions régionales et centrales du département de la communication pour nécessité de service et ensuite certains d’entre eux réaffectés, dans des communes rurales.

En 2020, les agents du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) ont organisé 96 heures de grève du 24 au 28 février 2020 pour exiger entre autres, l’adoption d’un statut particulier du Fond spéciale routier du Burkina et la définition d’un plan de carrière.

Les ouvriers de la mairie de Ouagadougou ont également entamé depuis le 5 novembre, une grève illimitée pour exiger une protection sociale et un minimum de dignité.

L’on a aussi enregistré les grèves annulées suite à des compromis trouvés entre les syndicats et leurs ministères de tutelle. Ce fut le cas au Ministère de l’Economie et des Finances (CS-MEF), à la police nationale et dans le secteur des Transports.

Agence d’information du Burkina

WIS/ata/ak

Photo : L’Economiste du Faso

 

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