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Burkina : L’université Thomas Sankara suspend l’hommage à un enseignant, après un post controversé sur l’homosexualité

Ouagadougou, 18 déc.2020(AIB)-L’université Thomas Sankara ne va plus rendre hommage au Pr Pierre Meyer, parce que l’enseignant en droit, a assuré avoir jeté «toutes ses décorations à la poubelle», pour protester contre une présumée décision homophobe de l’Etat burkinabè.

«Au regard de la gravité de l’acte posé, il est décidé de la suspension jusqu’à nouvelle ordre de la cérémonie initialement prévue (en juillet 2021, ndlr) pour lui (Pierre Meyer) rendre hommage», a écrit vendredi le président de l’Université Thomas Sankara (UTS) Pr Adjima Thiombiano, dans un communiqué.

En début décembre, dans la ferveur des cérémonies de décorations, l’enseignant  belgo-burkinabè a annoncé sur Facebook, avoir jeté «à la poubelle» il y a quelques années, «toutes» ses distinctions reçues au Burkina Faso.

Pr Meyer, ouvertement homosexuel, a affirmé avoir pris cette décision, parce qu’en décembre 2016, le Burkina Faso et 53 autres pays africains, se sont prononcés à l’ONU, contre la nomination d’un rapporteur spécial pour le droit des personnes gays, lesbiennes, transgenres, queers et intersexes (LGTBQI).

Malgré la suppression de son post et ses excuses, de très nombreux internautes n’ont pas décoléré ; certains réclamant la restitution des distinctions et d’autres, son expulsion.

«L’UTS est profondément indignée et choquée par cette attitude assez provocatrice, d’autant plus que les distinctions honorifiques octroyées au Pr Pierre Meyer, l’ont été en sa qualité d’enseignant-chercheur des universités du Burkina Faso», a indiqué Pr Adjima Thiombiano.

D’après M. Thiombiano, «ce mépris n’honore aucunement la communauté universitaire qui fait de l’esprit de tolérance et de discernement, une valeur cardinale».

Au Burkina Faso, la question de la sexualité dont l’homosexualité demeure toujours un tabou.

Face au vide juridique, le Parti pour la renaissance nationale (PAREN) a introduit en février 2015, au Parlement de la Transition (CNT), un projet de loi visant à criminaliser la zoophilie, la pédophilie et l’homosexualité. Le dossier n’a pas encore été examiné.

Agence d’information du Burkina

ATA/ak

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