Les bulldozer à l'œuvre sur le chantier du barrage.

Ganzourgou : Après plusieurs médiations, le chantier du barrage de Dawaka-Weotenga démarre enfin (Papier général)

Zorgho, 14 août 2020 (AIB)-Le chantier de construction du barrage de Dawaka-Wéotenga qui devait démarrer en fin 2018, a enfin débuté, grâce notamment à l’action de son Excellence le Baloum Naaba et du médiateur Pascal Ouédraogo, lesquels sont parvenus à aplanir les nombreuses divergences.

 Dans le cadre du Projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC), la construction de plusieurs barrages et de périmètres irrigués était prévue dans la région. Parmi les quatre barrages prévus dans le Ganzourgou, le plus important est celui de Dawaka-Weotenga avec une superficie du plan d’eau d’environ 200 hectares et une capacité de stockage de 3.600.000 m3.

Le conseil des ministres en sa séance du 10 octobre 2018, attribuait les marchés de construction de tous les barrages de la région à des entreprises. C’est ainsi que ceux de Dawaka-Wéotenga et de Pougma ont été attribués au groupement d’entreprises ECR-BTP-Ingénierie/ TSR-GTI pour un délai d’exécution de 14 mois.

Si les autres chantiers ont démarré à bonne date, celui de Dawaka-Wéotenga a accusé un grand retard du fait de l’opposition d’une partie de la population du village de Dawaka à la réalisation du barrage. Les autorités administratives (gouverneur, haut-commissaire, préfet), politiques (maire, députés, président du conseil régional…), coutumières se sont investies pour la résolution du problème mais les difficultés persistaient.

L’intervention du médiateur

Mr Pascal OUEDRAOGO invite la population à toujours chercher les informations justes.

Un fils de la province en la personne de Pascal Ouédraogo, consultant de son état et par ailleurs coordonnateur national de l’Association burkinabè pour la paix et le développement, s’est alors intéressé au dossier.

Il est intervenu en tant que médiateur car connaissant bien la localité pour y avoir séjourné de 1996 à 1999 et parce qu’il a des compétences dans la résolution des conflits communautaires.

«Quand j’ai vu qu’il y avait des difficultés pour la réalisation du barrage, je me suis lancé dans la médiation avec l’accord de la mairie, du ministère en charge de l’Eau, de l’unité de coordination du projet, de la présidence du Faso et de l’Association pour le Développement de la Province du Ganzourgou (APDG) » a-t-il expliqué.

A l’en croire, plusieurs raisons étaient avancées par les opposants à la réalisation du barrage. Il y avait d’abord le problème du nom du barrage, car au départ, le barrage s’appelait « Barrage de Wéotenga » alors qu’il doit être implanté à Dawaka.

Ils ont ensuite rejeté le choix du site arguant que le barrage, réalisé sur ce site, engloutirait leur village. Ils ont également dit que la digue naturelle qui a été retenue abrite un lieu sacré et que si cette digue est maintenue, ils auront du mal à réaliser leurs sacrifices.

Toujours selon le médiateur, les opposants ont aussi posé un problème de route d’accès au village et un problème de tombes qui se retrouveraient dans le lit d’implantation du barrage et dont la destruction risquait d’effacer une partie de leur histoire.

Les envoyés du Baloum naaba ont visité le chantier.

Le médiateur a alors travaillé d’arrache-pied avec toutes les parties prenantes pour aplanir toutes ces difficultés. Ainsi, le nom du barrage a été modifié en conseil des ministres et est devenu « barrage de Dawaka-Wéotenga ».

Ils se sont assuré que dans le cadre du projet, le dédommagement des personnes impactées (concessions, champs, vergers), le projet de route, la restitution des infrastructures sociales et communautaires sont pris en compte.

Selon le médiateur, une contre-expertise a même été faite à l’initiative des contestataires et a conclu que le site choisi est le meilleur pour la réalisation d’un tel barrage.

Toutes ces démarches mêlées aux discussions dans le village ont convaincu une bonne partie des leaders communautaires de l’importance du barrage pour le village et partant, pour la province.

Selon M. Ouédraogo, les discussions ont permis de comprendre à un certain moment que l’opposition à la réalisation du barrage était surtout liée à un problème de terre et de coutumes.

C’est alors qu’en tant que médiateur, il s’est tourné vers le Baloum Naaba de Ouagadougou qui selon lui, est le chef de la province du Ganzourgou désigné par le Mogho Naaba.

Une délégation comportant des représentants de la communauté de Dawaka s’est alors rendue chez le Baloum Naaba en mai dernier et celui-ci, au regard de l’importance de l’ouvrage pour la population, a donné son accord pour sa réalisation.

Par la suite, selon M. Ouédraogo, la communauté de Dawaka a envoyé une seconde délégation chez le Baloum Naaba pour lui présenter leurs excuses pour certains propos tenus lors des tractations et donner leur quitus pour le démarrage des travaux.

Elle en a fait de même chez le président du Faso Roch Kaboré et chez le président de l’association pour le développement du Ganzourgou Joseph Martin Kaboré. C’est alors que l’entreprise chargé de la construction de l’ouvrage a pu démarrer les travaux en juin dernier.

Le Baloum Naaba sensibilise

Le Baloum Naaba a apprécié le dernier acte de la démarche de la population de Dawaka. Il a alors envoyé une forte délégation le dimanche 2 août 2020 à Dawaka pour sensibiliser davantage la population. Ce fut, à en croire le médiateur, en présence du chef de Wéotenga et des représentants des chefs de Méguet et de Zam.

D’après lui, la délégation a indiqué que le Baloum Naaba dit comprendre les inquiétudes des populations, mais il les rassure du bien-fondé du projet.

Après avoir pris bonne note des préoccupations des populations, la délégation a promis au retour de discuter avec les autorités compétentes pour faire en sorte que la population de Dawaka soit satisfaite une fois l’ouvrage livré.

L’envoyé du Baloum naaba s’adressant à la population.

La délégation s’est par la suite rendue sur le site pour constater l’avancée des travaux. Malgré les pluies, elle a pu voir les engins à l’œuvre.

Au jour du 8 août où nous avons visité nous même le chantier, la partie inférieure de la digue longue de près de 900 m est presque terminée.

Selon le chef de chantier, Brahima Traoré, une bonne partie de la tranchée de la digue a été réalisée sur une profondeur de 5 m et refermée conformément au cahier de charges.

Le contrôleur géotechnique du chantier, Jules Pakaye Jules quant à lui, garanti de la qualité des matériaux utilisés et promet un ouvrage aux normes.

Selon le chef de chantier, il reste la partie supérieure de la digue et l’aménagement du lit du barrage. Mais compte tenu des pluies, le chantier va observer une pause et reprendre vers fin septembre pour la finalisation.

M Traoré chef de chantier du barrage indique que les travaux se déroulent normalement.

Le médiateur a salué le Baloum Naaba et sa délégation pour le rôle qu’ils ont joué dans la résolution de cette crise. Il a aussi salué toutes les autorités régionales, provinciales et communales pour leur investissement, sans oublier Joseph Martin Kaboré, président de l’APDG dont le soutien de tout genre a permis l’avancée du dossier.

Il appelle la communauté à toujours prendre les bonnes informations et elles se rendront compte que cet ouvrage va changer positivement leur vie.

Agence d’information du Burkina

Moïse SAMANDOULGOU

 

 

 

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