Burkina-Société-Cohésion-Analyse

« Les terroristes ont mis à nu des fractures du tissu de la nation burkinabè », selon Melegué Traoré

Ouagadougou, 13 août 2020 (AIB) – «Les terroristes ont eu la vertu, si ça en est une, de provoquer et de mettre à nu des fractures du tissu de la nation burkinabè», a indiqué le diplomate, politicien et consultant international, Mélégué Traoré, dans une déclaration parvenue jeudi à l’AIB.

«Les terroristes ont eu la vertu, si ça en est une, de provoquer et de mettre à nu des fractures du tissu de la nation burkinabè. Certaines ruptures de la paix, qui apparaissent actuellement, étaient jusqu’ici latentes», a indiqué Melegué Traoré dans sa déclaration dont copie est parvenue à l’AIB.

Selon lui, «on ne devrait pas minimiser la portée et les conséquences (de ces ruptures de la paix) qui seront durables dans beaucoup de cas, sur le double plan des communautés et des citoyens» car elles résultent «d’une stratégie déterminée (…) des terroristes (…) de provoquer l’antagonisme et la désunion au sein d’une communauté ou entre des communautés».

Pour Melegué Traoré, il y a aujourd’hui risque «qu’apparaisse et se développe une question peuhle qui n’existait pas jusqu’ici au Burkina Faso».

Fin décembre 2018 et début janvier 2019, suite à l’assassinat par des terroristes du chef de village de Yirgou et certains de ses proches, le groupe d’autodéfense Koglwéogo a lancé une réprésaille contre la communauté peuhle.

La lumière sur ce massacre dont le bilan est évalué à 49 morts, selon le gouvernement et à 210 morts, selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés, est toujours attendue.

Selon Mélégué Traoré, «Yirgou a été le révélateur de phénomènes qu’on ignorait ou qu’on feignait d’ignorer. Et on doit en faire une analyse intelligente, avisée et complète si on veut enrayer les prémices d’une spirale qui peut devenir dévastatrice (pour toutes les communautés)».

Ancien ministre de l’enseignement supérieur (1992 à 1997) et ancien président de l’Assemblée nationale (1997 à 2002), Mélégué Traoré analyse la question communautaire au Burkina Faso.

Selon lui, «la responsabilité première sur la question communautaire est celle du président du Faso, (de l’ensemble des institutions) et des intellectuels».

Cela commence, a-t-il indiqué «par l’élaboration par le gouvernement, d’une vision cohérente et déterminée quant à la question de l’unité nationale» qui sera consignée dans «un document de référence» qui sera porté à la connaissance des populations dans tous les confins du pays par l’ensemble des autorités locales.

Cela est d’autant important «car la cohésion nationale est l’affaire de tous les segments de la société, et de l’ensemble des citoyens», a-t-il indiqué.

Pour M. Traoré, «la communauté nationale s’édifie grâce à cette dynamique inclusive et globalisante, en ce qu’elle est le dépassement des communautés singulières».

Melegué Traoré a salué «le dialogue politique ouvert entre l’opposition et la majorité» qui selon lui, est un pas mais «ne suffit pas» en ce sens qu’il «se déroule loin des populations ou même des élites, et se limite au jeu politicien dans lequel les partis détiennent les premiers rôles».

Diplomate de carrière, Melegué Traoré est actuellement le président du Centre parlementaire panafricain (CPPA) et patron du cabinet Africa consult.

Agence d’information du Burkina

WIS/ak

Photo : Les Editions le Pays

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here