Prolifération d’aphrodisiaques «naturels» au Burkina : la jeunesse invitée à une grande prudence

Ouagadougou, 24 juillet 2020(AIB)-Le Laboratoire nationale de santé publique a décrié la publicité mensongère autour des produits aphrodisiaques dits «naturels», avant d’inviter les consommateurs, en particulier les jeunes, à une grande prudence.

Communiqué Intégral

«Il m’a été donné de constater que la consommation des produits stimulants pour booster l’effort physique et surtout pour améliorer l’activité sexuelle est de plus en plus courante au Burkina Faso. Ces produits dont les noms défraient la chronique sont prisés par une frange de la population et la jeunesse semble jouer la fidèle abonnée.

Le Laboratoire national de santé publique reçoit parfois des produits de même genre pour analyse, soit par réquisition d’une autorité, soit sur demande des fabricants desdits produits. Sans entrer dans les détails techniques des résultats, ces produits jugés « naturels », « à base de plantes » sont des mixtures assaisonnées parfois de Sildénafil, un médicament qui traite les troubles de l’érection.

Si la Sildenafil est un produit vendu en pharmacie, la contrefaçon de ce médicament pullule dans les rues et il est fort à parier que c’est la principale source d’approvisionnement avec des risques de surdosage. La conséquence immédiate d’un surdosage de Sildénafil est une amplification et une prolongation des effets secondaires indésirables : céphalées, sensations vertigineuses, troubles de la vision, douleurs digestives, accélération du rythme cardiaque, etc. Ce médicament est donc mélangé dans certains cas à des produits dits « naturels » sans respect de la dose ni des bonnes pratiques hygiéniques.

La plupart des producteurs de ces potions n’indiquent pas dans la composition de leur produit, l’association à la Sildénafil. Toute chose qui peut contribuer à affecter dangereusement la santé du consommateur. Cette pratique est illicite en ce sens qu’elle trompe le consommateur sur la composition exacte du produit. En introduisant des doses de Sildénafil dans leurs produits, ils font croire à leurs clients qu’ils sont uniquement faits à base d’extraits de plantes.

Le fait d’ajouter au produit une substance thérapeutique sans enregistrement préalable auprès des autorités sanitaires habilitées constitue une violation de l’arrêté numéro 2003-341/MS/SG/DGPML du 24 décembre 2003 portant conditions de délivrance des autorisations de mise sur le marché des médicaments et assimilés.

Au regard de l’ampleur que prend la prolifération de ces produits, j’appelle les producteurs à respecter les textes règlementaire en matière d’étiquetage.

Je les invite à faire preuve de responsabilité et de probité dans l’exercice de leur activité. J’invite les consommateurs à s’abstenir d’ingurgiter des produits parfois vendus ou achetés à la volée, dans les rues ou dans les gargotes, et dont l’origine et les vertus sont souvent douteuses et dangereuses pour la santé.

J’exprime la disponibilité du LNSP à recueillir pour exploitation toutes informations et autres informations relatives à ces pratiques frauduleuses et compromettantes pour la santé des Burkinabè. Pour toute fin utile, contactez le Laboratoire national de santé publique au (+226) 25 37 31 31 / (+ 226)25 37 32 32. Le LNSP envisage une étude nationale sur ces types de produits afin de fournir aux autorités compétentes des données fiables nécessaires à la prise de décision».

Pr Elie Kabré

Directeur général du Laboratoire national de santé publique

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