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 Burundi : Polémique sur les circonstances du décès du président Pierre Nkurunziza

 Ouagadougou, 10 Juin 2020 (AIB)-Le président du Burundi Pierre Nkurunziza est décédé mardi d’un arrêt cardiaque, selon un communiqué officiel mais de la maladie à coronavirus (Covid-19) selon des membres de la société civile.

C’est par un communiqué que le gouvernement du Burundi a annoncé mardi, le «décès inopiné» lundi, du Président Pierre Nkurunziza survenu à l’hôpital du Cinquantenaire de Karuzi (centre-est), «suite à un arrêt cardiaque» sans plus de précision.

Cependant cette version peine à convaincre, d’abord parce que des médecins ont évoqué la Covid-19 dès le lendemain de son hospitalisation.

Ensuite, l’un des rares respirateurs de Bujumbura a été acheminé par hélicoptère lundi à l’hôpital de Karusi, mais c’était trop tard.

Quelques jours avant, c’est l’épouse du regretté président qui avait été évacuée vers le Kenya pour une suspicion du coronavirus.

Elle était «en voie de guérison et est revenue précipitamment au Burundi dès hier», selon une source administrative.

Le président du Forum pour la conscience et le développement (Focode) Pacifique Nininahazwe doute de la version officielle sur les circonstances de la mort du chef de l’État et appelle à la fin du «déni» sur la pandémie de Covid-19.

Il est l’un des nombreux leaders de la société civile à avoir été contraint à l’exil pour s’être opposé en 2015 au troisième mandat de Pierre Nkurunziza.

Adressant ses pensées aux proches de Pierre Nkurunziza, Pacifique Nininahazwe estime qu’«on ne devrait pas souhaiter la mort, même à son pire ennemi».

Cependant, il dresse un bilan très critique des quinze années de pouvoir du défunt président.

Il regrette que Pierre Nkurunziza n’ait pas vécu assez longtemps pour être entendu par la justice dans le cadre des enquêtes menées actuellement par la Cour pénale internationale (CPI).

De son côté, Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales n’écarte pas aussi la thèse du décès par l’épidémie de la Covid-19.

«Au mois de mai, les autorités avaient expulsé l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui s’occupait de la Covid-19 au Burundi. Donc, il y avait une volonté délibérée de masquer cette épidémie», a-t-il déclaré.

Pacifique Nininahazwe a invité les autorités burundaises à «ouvrir une enquête pour statuer sur les causes réelles du décès du président».

Pierre Nkurunziza devait remettre le 20 août prochain, le pouvoir à son successeur, le général Évariste Ndayishimiye, élu le 24 mai dernier.

Suite à son décès, l’article 121 de la Constitution prévoit que le président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda, assure l’intérim jusqu’à l’investiture.

En janvier dernier, le parlement burundais avait voté une série d’avantages pour les anciens présidents de la république, avantages dont devrait jouir Pierre Nkurunziza à partir du 20 août prochain.

Il s’agit d’un bonus de 1 milliard de francs burundais (500 000 euros), la construction d’une villa de haut standing, un service de sécurité, un parc de 6 véhicules, une pension mensuelle égale aux émoluments d’un vice-président, sans oublier une immunité de chef d’État en exercice.

Le désormais ex président burundais était simple professeur d’éducation physique, quand il a pris la tête du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) en 2001 en pleine crise.

Il était considéré comme le plus petit dénominateur commun entre des généraux beaucoup plus puissants que lui et qui forment une junte, aujourd’hui encore.

Élu président de la République en 2005, Pierre Nkurunziza va peu à peu s’imposer.

Il disait avoir été choisi par Dieu pour gouverner le Burundi et entraînera tous les responsables des institutions et parties dans d’interminables grand-messes religieuses, appelées «croisades».

Agence d’Information du Burkina

wis/ata

Source : RFI

Photo : RFI

 

 

 

 

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