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Demande de remise en liberté rejetée pour Kabuga, le «financier» du génocide au Rwanda

Ouagadougou, 28 Mai 2020 (AIB)-La justice française a rejeté, mercredi, une demande de remise en liberté de Félicien Kabuga, soupçonné d’être le «financier» du génocide Rwandais de 1994.

Arrêté en France le 16 mai dernier, après 25 ans de cavale, les avocats de l’octogénaire, avaient invoqué son âge et son état de santé pour justifier leur demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence chez un membre de sa famille.

La justice française a préféré le garder en prison le temps d’examiner la question de sa remise à la justice internationale.

Félicien Kabuga est notamment accusé d’avoir financé les milices Interahamwe, responsables de nombreux massacres lors du génocide au Rwanda, qui a fait au moins 800 000 morts, Tutsis et Hutus modérés, entre avril et juillet 1994.

«Tout cela, ce sont des mensonges. Je n’ai pas tué des Tutsis alors que je travaillais avec eux», s’est défendu Félicien Kabuga, via un interprète.

«Je demande à être laissé en liberté car je suis très malade», a insisté l’homme de 84 ans selon la justice, 87 ans selon ses dires, avant que les magistrats se retirent pour délibérer.

Mais la cour a rejeté leurs arguments et suivi les réquisitions du parquet général qui craignait une nouvelle fuite et un «trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public» en cas de libération.

C’est la deuxième fois qu’il comparaissait en public depuis son arrestation à Asnières-sur-Seine, à l’ouest de Paris, où il vivait caché avec le soutien de sa famille sous le nom d’Antoine Tounga.

«Il est incapable d’effectuer seul aucun geste de la vie quotidienne», a plaidé son avocat Me Laurent Bayon devant son client, installé dans un fauteuil roulant à la barre du tribunal, en chaussons, jean et chemise violette.

«Je veux bien entendre que Félicien Kabuga soit prêt à se tenir à la disposition de la justice, mais compte tenu de son histoire, j’ai du mal à le croire », a affirmé de son côté l’avocate générale Clarisse Taron.

Selon elle, si l’accusé «n’est pas en état de partir en courant, il est en état de se faire procurer de faux papiers – on l’a vu – et de se faire exfiltrer, le soutien des siens étant sans limite».

En cas de libération, «le retentissement et l’incompréhension seraient tels que l’ordre public en serait affecté, que ce soit en France, aux Pays-Bas, en Tanzanie ou ailleurs», a-t-elle poursuivi.

Agence d’Information du Burkina

Wis/ata

Source : Ouest France

Photo : The World News

 

 

 

 

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