Burkina/Terrorisme : un ancien ministre déplore le manque de solidarité

Ouagadougou, 29 avril 2020 (AIB)-Les Burkinabè vivant dans les zones sécurisées se comportent comme si leurs concitoyens vivant dans les localités sous emprise terroriste, viennent d’un autre pays, a regretté mercredi, l’ancien ministre burkinabè de la Sécurité, le Colonel à la retraite Dr Emile Ouédraogo.

«On sent ce manque de solidarité pour lutter contre le terrorisme. Les gens sont au Sud là-bas, ils ne se sentent pas concernés par ce qui arrive aux gens au Nord. C’est comme si le Nord est un territoire dans un autre Etat», a dénoncé l’ancien ministre de la Sécurité Dr Emile Ouédraogo (2008-2011).

L’enseignant associé au Centre d’études stratégiques de l’Afrique à Washington, s’exprimait mercredi, lors d’une rencontre organisée par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) au tour du thème : ‘’Covid-19 et sécurité nationale’’.

«Tant que ça n’a pas atteint Saaba (périphérie Est de Ouagadougou), les gens vont continuer de boire leur bière tranquillement. Ils croient que la zone du Sahel, c’est un autre pays. D’ailleurs, il y en qui disent de leur laisser ça (le Sahel), pour qu’ils (les terroristes) ne viennent pas à Ouagadougou les déranger», s’est encore plaint le colonel à la retraite.

Le Burkina Faso essuie depuis avril 2015, des exactions terroristes qui ont causé plus de 2 000 morts, 800 mille déplacés, la fermeture de plus de 2 500 écoles et l’arrêt de l’activité économique dans plusieurs localités, a indiqué l’ancien député.

Selon M. Ouédraogo, le manque de solidarité se constate également au niveau de la CEDEAO. D’après lui, les textes de prévention et de gestion des conflits de l’institution, indiquent clairement que les autres Etats doivent venir en aide aux Etats attaqués.

D’après lui, les terroristes visent un accès à la mer et le Burkina Faso n’est qu’une étape, d’où l’intérêt des autres Etats à le soutenir.

Revenant sur le cas du Burkina Faso, il a exhorté les autorités de mener le combat à la fois contre le terrorisme et le Covid-19, car les groupes terroristes profitent de la pandémie pour reconquérir des territoires ou pour s’y installer durablement.

Emile Ouédraogo a assuré que le combat contre le Covid-19 est planétaire mais que la lutte contre le terrorisme, est surtout une affaire de souveraineté nationale qui n’intéresse pas forcément tout le monde.

Pour ce faire, il a préconisé une réforme de l’armée, car de son avis, les armées africaines sont actuellement structurées pour faire la guerre entre Etats et non pour affronter des groupes terroristes qui mènent une guerre asymétrique.

Agence d’information du Burkina

ata/ak

 

 

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