Burkina-Mouvements-Commerçants

Ouagadougou : des commerçants exigent la réouverture des marchés et yaar

Ouagadougou, 28 av. 2020, (AIB)-«Nous préférons mourir dehors que de mourir de faim dans nos maisons»… la colère est toujours vive au marché Naabi Yaar et dans d’autres marchés de la capitale, où des commerçants sont durement éprouvés par les fermetures à cause du Coronavirus… Constat.

Ce mardi aux environs de 10h 30 minutes, un groupe de jeunes qui viennent d’être dispersés par la police, sont revenus squatter les abords de la voie du marché Naabi Yaar, à une vingtaine de mètres de l’hôpital Saint Camille de Ouagadougou.

Les manifestants avaient barricadé l’artère avec des pneus et du bois pour empêcher la sécurité de les pourchasser.

Manque de chance pour eux, deux des leurs qui ont été appréhendés, se débattaient les menottes aux poignets, sous un soleil de plomb dans le véhicule de la police, a constaté un journaliste de l’AIB.

Selon Yacouba Belem, un vendeur de motos non loin du yaar, les commerçants ont barricadé hier et ce matin la voie pour empêcher les usagers de circuler et pour se faire entendre par les autorités.

Ils exigent du gouvernement la réouverture des marchés et yaar suite à leur fermeture au mois de mars dernier, à cause de la pandémie du Covid-19 au Burkina.

M. Belem a signalé que ses camarades n’ont plus rien à manger chez eux et c’est ce qui expliquerait leur sortie pour exprimer leur mécontentement aux gouvernants.

Pour la commerçante  Abiba Kanozoé née Compaoré, les femmes  souffrent «énormément» avec la fermeture des marchés et yaar.

D’après Mme Compaoré, le gouvernement avait promis de venir en aide aux commerçants avec des vivres et a signalé que jusqu’à ce jour, elle n’a rien reçu comme don.

« Nous préférons mourir dehors que de rester mourir de faim dans nos maisons», a-t-elle confie.

Au marché de Dassasgho, la même colère se lisait sur les visages. Les habitants de Saaba et de la périphérie Est de Ouagadougou, empruntant l’Echangeur de l’Est en direction de l’hopital Yalgado Ouédraogo, ont dû changer d’itinéraire à cause du blocus.

Par contre au yaar de Sambin barrage, jouxtant l’hôpital Schiphra, aucune manifestation n’a été enregistrée ce jour, selon les commerçants à notre passage sur les lieux ce mardi aux environs de 11h.

Même constat à Sankar Yaaré. Mais un beau monde se trouvait aux alentours du marché, attendant impatiemment le bilan de la rencontre avec le maire de la ville Armand Roland Pierre Beouindé sur une éventuelle réouverture des marchés et yaar.

Selon Aboubacar Sidi Compaoré, les jeunes sont déterminés à descendre dans la rue pour se faire entendre.

Pour Adama Nana, il faut cette détermination car beaucoup de commerçants risquent de bafouer leur dignité en cette période difficile de Covid’19.

« Nous n’arrivons plus à subvenir à nos besoins quotidiens et nous demandons aux autorités de rouvrir les marchés avec les toutes les mesures qui conviennent», a ajouté M. Nana.

Au 10 Yaar, en milieu de journée, le marché était quadrillé par la gendarmerie nationale tandis qu’une foule faisait de belles affaires à proximité.

Pour la commerçante Rasmata Soré, c’est le gouvernement qui décide de l’opportunité de réouverture du marché.

«C’est chaud chez nous actuellement mais laissons les autorités faire leur travail car elles veulent notre bien-être», a-t-elle conclu.

Agence d’Information du Burkina

no/ata

 

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here