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Liberté de la presse 2020 : Le Burkina Faso recule de deux places

 Ouagadougou, 21 avril 2020 (AIB)-Le Burkina Faso se hisse à la 38e place mondiale et à la 5è place africaine dans le rapport 2020 du classement de la liberté de la presse, soit un recul de deux places par rapport à l’édition 2019.

En 2020, la Norvège maintient pour la quatrième année consécutive sa place de premier mondial tandis que la Namibie (23è) est première en Afrique.

Sur le bas du tableau se trouve la Corée du Nord (180è, -1) au plan mondial et en Afrique, on a l’Érythrée (178e), avec 11 professionnels des médias incarcérés dont on est sans nouvelle depuis de longues années.

En 2020, 21 pays africains sur 48 apparaissent encore en rouge ou noir sur la carte du Classement mondial parmi lesquels le Burundi (160e,-1), où quatre journalistes ont été condamnés à une peine de prison pour le simple fait d’avoir voulu couvrir un sujet que les autorités souhaitaient passer sous silence.

Ces derniers années, des pays comme l’Angola (106e, + 3), l’Éthiopie (99e, + 11), la Gambie (87e + 5), la République démocratique du Congo (150e, + 4), le Soudan (159e, + 16) et le Zimbabwe (126e + 1) ont desserré un peu l’étau sur les journalistes suite à la chute de leurs dirigeants.

Cependant, certains pays comme la Tanzanie (124e, – 6) ou le Bénin (113e, – 17) ont adopté de nouvelles lois répressives pour restreindre abusivement la liberté d’information au nom de la lutte contre la désinformation ou la cybercriminalité.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF), initiateur de ce classement, 102 journalistes ont été tués ou assassinés sur le continent au cours des dix dernières années, dont la moitié en Somalie (163e, + 1).

En RDC, un journaliste a été tué dans l’est du pays l’année dernière, et plusieurs de ses confrères ont dû prendre la fuite par crainte de subir le même sort.

En Afrique de l’Ouest, et au Ghana (30e, -3) en particulier, l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Ahmed Hussein-Suale en janvier 2019 n’a pas permis d’identifier les coupables.

Au Nigeria (115e, +5), les responsables de la mort de deux journalistes, abattus à six mois d’intervalle en marge de manifestations, courent toujours.

En 2019, RSF a dénombré 171 arrestations arbitraires de journalistes en Afrique subsaharienne.

L’ex-directeur général de la radiotélévision publique du Cameroun (134e,-3) Amadou Vamoulké, est en détention provisoire depuis 2016.

Au Bénin, le journaliste d’investigation Ignace Sossou a été condamné, sur la base d’un code du numérique récemment adopté, à une peine de prison de 18 mois fermes pour «harcèlement au moyen de communications électroniques».

Au Tchad (123e, -1), les charges visant le directeur de publication Martin Inoua Doulguet ont été requalifiées en cyber-harcèlement alors qu’il était initialement poursuivi pour diffamation.

L’Afrique est le troisième continent le plus favorable à la liberté de la presse mais enregistre également des reculs importants, dus notamment à une recrudescence des détentions arbitraires de longue durée et des attaques en ligne.

Cependant, la zone de l’Afrique du Nord reste celle où il est le plus dangereux pour les journalistes d’exercer leur profession.

La récente incarcération du correspondant de RSF en Algérie (146e, – 5) a montré comment les autorités de certains pays profitaient de l’épidémie de coronavirus (COVID-19) pour régler leurs comptes avec le journalisme indépendant.

Selon le rapport, «les dix prochaines années seront sans doute “une décennie décisive” pour la liberté de la presse en raison de crises (géopolitique, technologique, démocratique, de confiance et économique) qui affectent l’avenir du journalisme».

A ces crises, s’est ajoutée depuis décembre 2019, une crise sanitaire due au COVID-19.

«L’épidémie de coronavirus fournit une illustration des facteurs négatifs pour le droit à l’information fiable et elle est même un facteur multiplicateur» a déclaré le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.

Christophe Deloire a dénoncé les gouvernements autoritaires qui profitent de cette crise sanitaire «pour imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal».

«Pour que cette décennie décisive ne soit pas une décennie funeste, les humains de bonne volonté, quels qu’ils soient, doivent se mobiliser pour que les journalistes puissent exercer cette fonction essentielle d’être les tiers de confiance des sociétés, ce qui suppose d’avoir les capacités pour le faire» a-t-il recommandé.

Publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de RSF, le Classement mondial de la liberté de la presse permet d’établir la situation relative de 180 pays et territoires en matière de liberté d’information.

Agence d’information du Burkina

wis/ata

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