Pénurie d’eau à Kaya : Des femmes manifestent leur ras-le-bol

Kaya, 17 avrils 2020 (AIB)-Munies de bidons vides et des balais, des femmes de Tampelga, quartier du secteur 4 de Kaya, ont exprimé vendredi au gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Séguéda, leur mécontentement, suite à la pénurie d’eau persistante.

«Depuis le mois de janvier 2020, nous n’avons été servies en eau potable qu’une seule fois par l’Office nationale de l’eau et de l’assainissement (ONEA) de Kaya», a regretté la représentante des femmes du quartier Tampelga, secteur 4, Rachelle Zoundi.

Pour exprimer leur cri de cœur, elles ont rencontré le gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Séguéda, le vendredi 17 avril 2020.

«Le gouverneur est notre dernier recours car, nous avons été à plusieurs reprises à l’ONEA. Mais, à chaque fois, c’est le même discours qu’ils nous tiennent», a-t-elle souligné.

A les écouter, la situation devient de plus en plus inquiétante avec la propagation de la pandémie à coronavirus.

«Dans ces conditions, il nous est difficile de respecter les mesures de protection contre le COVID-19 puis que nous sommes dans l’obligation de courir vers les points d’eau où les attroupements sont inévitables», a fait savoir Rachelle Zoundi, par ailleurs agent de santé.

Pour manifester leur ras-le-bol, ces femmes ont emporté avec elles des bidons vides et des balais. «Nos foyers sont menacés parce que nos chefs de famille n’accepteront pas rester des jours sans se laver ni boire encore moins manger», a lancé d’une d’entre elles.

Depuis le 3 avril dernier, le service de l’ONEA a mis en place un programme de distribution d’eau subdivisant la ville en quatre zones. Tampelga au secteur 4, fait partie de la zone 3, section CH.

Dans cette répartition, les ‘’mécontentes’’ se disent encore oublier.

«Jusqu’à présent, aucune goutte d’eau, alors que nos factures d’eau ne cessent d’augmenter», a confié la porte-parole. Avant de quitter les lieux, elles ont promis ne plus payer les factures sans être servies et même après mesure de la gratuité de l’eau pour les couches sociales qui va d’avril à juin.

Après avoir salué la démarche de ces femmes, le chef de centre de l’ONEA de Kaya, Ladj Ouattara a reconnu les faits sur le terrain.

«Il faut reconnaître que ce que les femmes disent est une réalité parce que nous avons un déficit d’eau d’environ 2, 5 millions de litres par jour», a-t-il justifié.

Selon lui, le manque d’eau dans certains quartiers est aussi dû aux zones de haute altitude difficile à atteindre et à la forte demande liée au nombre croissant des personnes déplacées internes (PDI).

C’est pourquoi, sa structure a pris des initiatives. «Nous avons entrepris un projet de renforcement chaud d’au moins 1,5 millions m3/jour. Ce projet est en cours de réalisation et sa période est de mars à fin mai 2020», a rassuré M. Ouattara.

Sur la question du coût élevé des factures, il a souligné que cela est dû à la mauvaise manipulation des robinets. En attendant, il a promis que le programme de distribution d’eau sera ajusté afin de servir toutes les zones de la ville de Kaya. A l’issue de la rencontre, le gouverneur Casimir Séguéda a invité le personnel de la nationale de l’eau de Kaya à prendre des dispositions ‘’idoines’’ pour une meilleure répartition de l’or bleu.

Agence d’information du Burkina

Emil Abdoul Razak SEGDA

 

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