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Burkina : La magistrature condamne des propos du ministre de la Communication

Ouagadougou, 2 avril 2020 (AIB)-La magistrature burkinabè a condamné mercredi, les propos du ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou, tendant selon elle, à justifier des présumées exactions subies par des contrevenants du couvre-feu, décrété dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus.

Dans un communiqué publié le 23 mars dernier, le Procureur du Faso, Harouna Yoda près le TGI de OUagadougou, a déclaré à l’attention des Forces de défense et de sécurité (FDS), que «le couvre-feu, (…) ne peut justifier la commission d’infraction quelle qu’elle soit».

Harouna Yoda s’exprimait suite aux allégations d’actes de torture et de pratiques assimilées véhiculées par les réseaux sociaux et qui auraient été commises par des FDS pendant les heures du couvre-feu, en vigueur depuis le 21 mars pour contrer la propagation du Covid19.

En réponse, le 24 mars dernier, le porte-parole du gouvernement Remis Fulgance Dandjinou s’est dit surpris que le Procureur s’émeuve pour des bavures des FDS mais n’interpelle pas, quand une vidéo montre une travailleuse en train de se faire agresser dans son bureau, (parce qu’elle n’a pas obéit au mot d’ordre de grève de son syndicat, ndlr).

Mercredi dans un communiqué, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dit avoir «suivi avec regret» ces propos et les «condamne» parce qu’ils ont été tenus, selon lui, «en méconnaissance de la séparation des pouvoirs et de la complémentarité qui devrait exister entre pouvoirs constitutionnels pour faire face à la crise sanitaire en cours».

Dans le communiqué signé de son président Jean Kondé, le CSM félicite et encourage le Procureur du Faso dont le communiqué estime-t-il, «est tout à fait conforme à ses attributions et à la déontologie du milieu judiciaire».

M. Kondé exhorte «les Forces de défense et de sécurité (…) et les invite cependant à rester dans la sérénité qui doit les caractériser et à garder constamment à l’esprit que leur professionnalisme les défendra toujours mieux et plus durablement que des déclarations circonstanciées, passionnées et intéressées d’incitations à la violence, d’où qu’elles viennent».

«L’histoire sait recenser et comptabiliser les actes de tout un chacun pour les mettre à son actif ou à son passif en temps opportun» conclu Jean Kondé dans son communiqué.

Agence d’Information du Burkina

wis/ata/ak

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