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Elections législatives : Le Mali a voté malgré les risques sanitaires et sécuritaires

Ouagadougou, 30 mars 2020 (AIB)-Les Maliens ont participé timidement dimanche aux élections législatives, dans un contexte de progression de la maladie à coronavirus et de disparition du leader de l’opposition Soumaïla Cissé.

Deux fois reportées (2018 et 2019), les élections législatives maliennes, se sont déroulées dimanche en pleine épidémie de la maladie à coronavirus (COVID-19) dont le pays enregistre 18 cas déclarés, ainsi qu’un mort.

A Bacodjicoroni, dans la capitale Bamako, «un seul masque et une seule paire de gants ont été distribués par bureau de vote» a noté un coordinateur de centre.

Il a affirmé qu’il n’y avait quasiment que les assesseurs présents. La plupart avec leur matériel de protection personnel.

Selon un chauffeur de taxi qui a fait le choix de rester chez lui, «on ne peut pas blaguer avec ça. Le Mali n’a rien prévu».

«Ils devraient donner à chaque votant, un stylo pour que tu puisses signer. Or, il y a de l’encre dans les boîtes. Quarante, cinquante personnes y mettent leur doigt. On peut attraper quelque chose» a-t-il déploré.

Le Mali est passée de deux cas positifs au coronavirus à 18 cas positifs en l’espace de quelques jours.

Pour le chauffeur de taxi, cela justifie son refus d’aller voter. «Demain, après la fermeture des bureaux, qui sait combien de cas, l’on aura? Franchement, cela me met en colère», s’est-il s’inquiété.

A Bacodjicoroni, des stations de lavage ont été installées à l’entrée des bureaux de vote.

Certains électeurs s’y arrêtent, mais d’autres passent devant sans se laver les mains de même que le respect des mesures de distanciation dans les bureaux de vote, n’était pas effectif selon le constat du correspondant de RFI.

Selon le ministère de l’Administration du territoire, il y a une semaine, seulement un quart des électeurs avaient récupéré leur carte de vote, un chiffre inférieur au taux de retrait national, qui est de 60 %.

A l’intérieur du pays, au centre (Ségou et Mopti), ou dans le nord (Douentza, Tombouctou et Gao), les électeurs ne se bousculaient pas également devant les bureaux de votes, plus pour raison sécuritaire que sanitaire.

A Niafounké, dans la région de Tombouctou, le vote s’est déroulé sans le chef de l’opposition malienne (Soumaïla Cissé) enlevé, mercredi dernier. Son parti avait appelé à voter.

Il est vraisemblablement aux mains de terroristes se revendiquant d’Amadou Koufa, chef de l’une des branches de la principale alliance terroriste du Sahel, affiliée à Al-Qaïda, selon un élu et une source sécuritaire.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a promis de «ne ménager aucun effort pour obtenir sa libération».

A Tombouctou, les centres de vote étaient sécurisés par l’armée malienne, mais un président de bureau a été «enlevé par des hommes armés», selon une source proche du gouvernorat.

A Mopti, au cœur du centre du Mali particulièrement meurtri ces dernières années, il n’y a «pas vraiment eu d’affluence», a dit le président d’un bureau.

Le ministre de l’Administration du territoire, Boubacar Alpha Bah, organisateur du scrutin, qui a accompli son devoir civique au quartier Mali, à Bamako, a invité les maliens à sortir pour aller voter.

Le mandat de l’assemblée nationale issue des élections de 2013, qui avaient octroyé une majorité substantielle au président Keïta, est officiellement achevé depuis 2018.

Agence d’information du Burkina

 wis/ata

Source : AFP et RFI

NB: photo d’archive et d’illustration: Jeune Afrique.

 

 

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